Genèse 2 versets 10 à 12
Le jardin d’Eden – Partie I
Le chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et notamment les premiers versets qui relatent le 7e jour de la Création, ainsi que le séjour de l’homme au jardin d’Eden et la formation de sa compagne. Ce chapitre 2 du Livre de la Genèse relate l’état originel du monde avant la chute de l’homme et de la femme.
Les versets 10 à 14 décrivent un jardin d’Eden irrigué par un fleuve unique qui se partage en quatre bras, chacun étant alors nommé. Ces fleuves délimitent géographiquement le jardin d’Eden, mais pas seulement. Dans cette étude, qui concerne les versets 10 à 12, nous verrons la fonction spirituelle du fleuve unique, ainsi que la signification et la fonction du premier bras du fleuve unique appelé Pischon.
Rappelons que le but de ces études est de donner le sens le plus proche possible du texte du Livre de la Genèse, donc de la Parole de Dieu. Dans ces études, nous nous attarderons essentiellement sur les mots hébreux dont le sens n’a pas été correctement restitué ou parfois même inversé par les traductions françaises qui sont à notre disposition, afin de pouvoir donner le sens véritable du texte, sans le prisme d’une doctrine ou d’une idéologie religieuse.
Il est fortement recommandé de lire ou d’écouter les études précédentes, car de nombreuses notions déjà expliquées vont être reprises dans cette étude.
Rappelons que Dieu s’adresse à tous, par des termes simples, et que chacun peut comprendre ce que Dieu dit. Rappelons aussi que pour comprendre où l’on va, il faut connaître d’où l’on vient.
Commençons notre étude par lire les versets 10 à 14, c’est à dire les versets qui concernent la localisation du jardin d’Eden, avant de nous pencher, sur les versets 10 à 12.
¹⁰Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
¹¹Le nom du premier est Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.¹²L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.
¹³Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Cusch.
¹⁴Le nom du troisième est Hiddékel ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
Genèse 2:10-14, Traduction Louis Segond
En première lecture, on comprend qu’il y avait un fleuve qui sortait d’Eden, et non du jardin d’Eden, et que ce fleuve arrosait le jardin. Lors de nos études précédentes, nous avions fait la distinction entre l’Eden et le jardin. L’Eden est un lieu de contemplation, et l’on a compris qu’il s’agit de la création de Dieu, c’est-à-dire de la Terre, et de tout ce que Dieu a formé sur la Terre. Et cette Terre, à l’origine, était un lieu de délices et de plaisir. Donc, sur la Terre, Dieu a délimité un jardin, un lieu protégé, où Il a placé l’être humain.
On se souvient qu’au milieu de ce jardin se trouve l’arbre de vies, avec vies au pluriel, pour la vie du corps et la vie de l’esprit. Cet arbre, en vérité, est Jésus-Christ qui est au milieu du jardin, autour du jardin, qui enserre le jardin, qui est partout dans le jardin et qui procure la vie du corps et la vie de l’esprit.
Donc, il y a un fleuve qui vient de la Terre et qui entre dans le jardin pour l’arroser, et de là, il se divise en quatre bras qui sont nommés : Pischon, Guihon, Hiddékel et Euphrate. Non seulement ces bras du fleuve unique sont nommés, mais ils sont aussi situés et décrits, à l’exception du dernier, l’Euphrate.
Ainsi, Pischon entoure le pays de Havila et ce pays est rempli d’or. Guihon entoure le pays de Cuschn et Hiddékel coule à l’Orient de l’Assyrie.
Pourquoi nous donner autant de détails ? On sait que dans la Bible, chaque mot est important et n’est jamais écrit au hasard. Que doit-on alors comprendre ? Que signifient ces noms des fleuves ? Et pourquoi nous en donne – t – on la localisation ? Ces fleuves existent-ils encore aujourd’hui ? Pour l’Euphrate, la réponse est évidente, mais pour les autres ? Enfin, pourquoi le texte situe-t-il précisément le lieu du jardin d’Eden ? Quel enseignement spirituel doit-on tirer de toutes ces informations ?
Dans cette première partie, nous allons nous pencher sur les versets 10 à 12, et donc, nous allons tenter d’expliquer ce que représente le nom du premier bras du fleuve unique, c’est-à-dire le Pischon.

Le nom masculin נָהָר – nahar signifie une rivière, un fleuve, un ruisseau, ou un courant souterrain. Il s’agit donc bien d’eau courante, de l’eau non pas de la mer, mais de l’eau douce. Et l’eau courante symbolise l’esprit.
Ce nom נָהָר – nahar découle de la racine primaire נָהַר – nahar qui est un verbe dont la signification est affluer, accourir, se réjouir, être rayonnant, briller, être clair.
Ainsi, on à l’image d’un fleuve qui est rayonnant, qui brille, qui est clair et qui afflue, donc qui s’écoule avec abondance vers le jardin et dans le jardin.
Rappelons que le fleuve représente de l’eau courante, et l’eau représente l’esprit. Ainsi, cette eau, symboliquement, représente l’Esprit de Dieu, la vie spirituelle en Dieu.

Ainsi, on comprend que ce fleuve qui sort d’Eden arrive dans le jardin pour un but précis, qui est celui d’arroser, donc d’irriguer le jardin.

Dans le texte, ce verbe est à l’infinitif et au radical hifil et prend donc le sens d’arroser, d’irriguer, de donner à boire, d’abreuver.
Ainsi, le but de ce fleuve qui arrive d’Eden et qui entre dans le jardin est de donner à boire aux arbres qui se trouvent dans le jardin, à toute la végétation qui se trouve dans le jardin, ainsi qu’aux animaux. Tous les animaux pourront s’y abreuver.
Et ce grand fleuve unique va se diviser, se séparer, dans le jardin, en quatre bras.

Ainsi, ces quatre bras du fleuve donnent le commencement de quelque chose, sont à la tête de quelque chose. De quoi ? Analysons leur nom pour le comprendre.

Ainsi, le nom va définir la fonction de ce premier fleuve, et parce qu’il est le premier, il renferme en lui quelque chose qui va d’un côté ou d’un autre, quelque chose qui tranche, avec l’idée que c’est le seul à pouvoir faire cela, et le premier à faire cela.

Analysons ce mot פִּישׁ֑וֹן – Piyshown racine par racine et lettre par lettre.

Ainsi, ce nom Pischon désigne la Parole, le Messie, Jésus-Christ, la Parole de Dieu qui jaillit, la Vérité qui tranche, la Parole qui rend l’homme droit, l’homme juste, la Parole qui se fait entendre, qui réunit, qui établit le lien avec le Père, qui permet l’union, non seulement avec Dieu, et aussi avec les justes, les hommes et les femmes qui marchent avec Dieu, donc les justes. On remarquera aussi que la lettre ש – sin ou shin, est écrite avec le point à droite, et donc se lit shin. On retrouve cette graphie dans le mot שָׁבַת – shabath, le repos de Dieu.
On comprend alors que ce fleuve appelé Pischon irrigue le jardin, et que cette irrigation se fait par la Parole. Son rôle, sa fonction est d’abreuver le jardin de la Parole de Dieu, afin que tout le jardin entre dans le repos de Dieu, et l’on a vu, à l’étude 13, que ce repos de Dieu est le moment où Dieu gère la Création.

Ainsi, cette Parole qui irrigue tout le jardin va dans toutes les directions.
Dans le texte, ce verbe est au participe et au radical qal, et prend donc le sens de marchant ou se promener autour, entourant, bordant, faisant un circuit, faisant un cercle, enveloppant.
Ainsi, ce fleuve Pischon représente la Parole qui va dans toutes les directions, qui borde le jardin, qui se promène partout, qui fait un circuit. Et en effet, on le verra plus tard, Dieu était dans le jardin, et Il allait partout pour enseigner l’homme et la femme, Il allait partout, et était partout, pour diffuser la Parole qui maintient le tout en vie et en équilibre.

Havila c’est חֲוִילָה – Chaviylah qui signifie cercle. Ce nom est aussi celui d’un des fils de Cusch comme on peut le lire en Genèse 10:7 : « Les fils de Cush : Seba, Havila, Sabta, Rahma et Sabteca. Les fils de Rahma : Sheba et Dedan », ainsi que le nom d’un des fils de Jokthan comme on peut le lire en Genèse 10: 29 : « Ophir, Havila et Jobab. Tous ceux-là étaient fils de Joktan », et il désigne aussi un lieu, comme on peut le lire en Genèse 25:18 : « Les Ismaélites habitèrent depuis Havila jusqu’à Shur, qui est en face de l’Égypte, en direction de l’Assyrie. Il s’établit à la vue de tous ses frères. »
Analysons ce mot lettre par lettre :

On comprend alors que ce mot Havila désigne un lieu ou un état de celui qui entre dans le combat spirituel, qui entre à l’intérieur de lui-même pour se séparer des choses extérieures, des choses du monde, afin de s’attacher au Messie, à la Parole, au Christ pour se laisser enseigner, instruire et guider par Christ afin de recevoir la vie de l’esprit, le souffle qui anime l’esprit.
Et c’est celui qui décide d’entrer dans ce combat intérieur, ce combat spirituel, pour écouter la Parole de Dieu, et non les bruits du monde, celui-là est protégé, il entre dans un lieu intérieur de protection, et c’est là que se trouve son trésor, symbolisé par l’or pur, ce trésor spirituel qui est la vie de l’esprit.

Ainsi, la manne, le pain descendu du ciel, la nourriture céleste, avait l’apparence du bdellium.
Ce mot בְּדוֹלַח – bedolach découle de la racine primaire בָּדַל – badal qui est un verbe dont le sens est diviser, séparer, couper, mettre à part, se séparer de, être séparé.
Ainsi ce fleuve, cette eau vive, sépare le jardin d’Eden, le met à part, et ce jardin est nourri par la Parole. On a ici l’image spirituelle de celui qui est nourri par la Parole de Dieu, et qui est séparé et se sépare du monde, le juste qui est mis à part pour la gloire de Dieu, comme Paul le disait souvent de lui-même, qu’il avait été mis à part pour servir Jésus-Christ. C’est l’image de celui qui entre à l’intérieur de soi même, symboliquement le jardin d’Eden, le paradis, la Terre Promise, pour se nourrir de la Parole, pour s’abreuver de la Parole, et qui est protégé du monde extérieur, qui est séparé du monde, protégé du monde.
C’est l’état spirituel de celui qui est au Paradis. À l’inverse de l’enfer, qui est l’état spirituel de celui qui vit constamment dans la tourmente, la souffrance émotionnelle, l’angoisse, la peur…

L’onyx était une pierre qui servait aussi aux préparatifs du Temple. Elle a une signification sacrée et symbolise des qualités spirituelles telles que l’endurance, la foi, la persévérance. Elle symbolise aussi la communication avec Dieu, la prière devant Dieu, le dialogue avec Dieu qui se fait dans la foi.
Ainsi, c’est au jardin d’Eden, dans ce pays de Havila, ce lieu du combat spirituel, que l’on va trouver le moyen de rétablir la communication avec Dieu, par la Parole, c’est-à-dire par et en Jésus-Christ, afin de recevoir la grâce de la vie de l’esprit.
Nous verrons, en seconde partie, la signification des trois autres fleuves qui irriguent le jardin d’Eden. Et alors, nous donnerons la traduction sémantique des versets 10 à 14 qui décrivent spirituellement ce qu’est le jardin d’Eden.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.
