Dossier 4 – Miracles et guérisons

L’Évangile de Matthieu

Dossier 4 – Miracles et guérisons

Lors de l’étude précédente des versets 1 à 4 du chapitre 8 de l’Évangile de Matthieu, nous nous étions penchés sur la première guérison réalisée par Jésus-Christ, la guérison d’un lépreux. Cette première guérison est très particulière, elle renferme un enseignement très profond. Chaque miracle ou guérison qui est relaté dans la Bible est particulier et unique, car Dieu agit et intervient toujours de manières différentes, et parfois très inattendues, à l’opposé de quoi on s’attend.

On verra, dans ce dossier qui accompagne les études de l’Évangile de Matthieu, que tous les miracles et guérisons opérés par Dieu dans la Bible sont différents, et que tous ont en leur sein un enseignement pour nous. Et l’on verra que le miracle est quelque chose d’intime, qui se vit dans l’intimité, et qu’il n’est pas un témoignage que l’on doit rendre public, car le véritable témoignage réside dans l’obéissance à Dieu.

Nous allons, dans ce dossier, lire quelques textes de guérisons miraculeuses, afin de les confronter et d’y tirer les enseignements qu’ils renferment. Pour les lectures, j’ai choisi la traduction de la Bible de Darby, parce qu’à mon sens, cette traduction est l’une des plus fiables des traductions françaises que je connais, car elle s’appuie sur les textes originaux, hébreux et grecs.

Enfin, je vous invite à lire ou écouter l’étude 56 de l’Évangile de Matthieu (Matthieu 8:1-4), étude qui concerne la guérison d’un lépreux, pour vous aider à mieux comprendre ce dossier, car on y fera de nombreuses références.

 

Dieu agit et intervient toujours de manières différentes

 

La Bible relate de nombreux miracles. On ne les verra pas tous. Dieu est toujours dans l’action, et Dieu est encore aujourd’hui toujours en action. Parfois, quand on lit ces récits, on a l’impression que Dieu se répète, c’est toujours la même chose, Il guérit, Il délivre, Il rétablit une situation, comme cela, en un claquement de doigt. Or, quand on creuse un peu, quand on se donne la peine d’aller chercher la vérité et quand on demande à Dieu de nous éclairer, on s’aperçoit que même si Dieu ne change pas, Il agit toujours en fonction des circonstances, de notre capacité à L’entendre, de notre condition… de qui nous sommes en réalité.

 

Guérisons des lépreux

Lisons Matthieu 8:1-4 : « ¹Et quand il fut descendu de la montagne, de grandes foules le suivirent. ²Et voici, un lépreux s’approchant, se prosterna devant lui, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. ³Et Jésus, étendant la main, le toucha, disant : Je veux, sois net. Et aussitôt il fut nettoyé de sa lèpre. ⁴Et Jésus lui dit : Prends garde de ne le dire à personne ; mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage. »

C’est la guérison du lépreux, le premier miracle de guérison réalisé par Jésus-Christ durant son ministère. Pour le contexte, Jésus-Christ a fini son discours sur la montagne, ce discours a touché de nombreuses personnes qui le suivent maintenant, qui sont devenues ses disciples. Et là, en bas de la montagne, un lépreux l’attend et lui demande si son heure de guérison est arrivée. Jésus-Christ lui répond par l’affirmative.

Notons que pour cette guérison, Jésus touche le lépreux, et donc, Il défie toutes les règles sanitaires de son époque.

Lisons Luc 17:11-14 : « ¹¹Et il arriva qu’en allant à Jérusalem, il traversait la Samarie et la Galilée. ¹²Et comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent ; et ils s’arrêtèrent de loin ; ¹³et ils élevèrent la voix, disant : Jésus, maître, aie pitié de nous ! ¹⁴Et les voyant, il leur dit : Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu’en s’en allant ils furent rendus nets. »

Dans ce récit, Jésus guérit 10 lépreux. Or, il ne les touche pas, il n’est pas proche physiquement d’eux. Et dans les deux cas, Jésus leur dit d’aller se montrer au sacrificateur.

Dans le premier cas, Jésus est proche physiquement du lépreux, dans le second cas, Il agit de loin.

Lisons la suite du récit de Luc 17:15-19 : « ¹⁵Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; ¹⁹et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. ¹⁷Et Jésus, répondant, dit : Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? ¹⁸Il ne s’en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger. ¹⁹Et il lui dit : Lève-toi, et t’en va ; ta foi t’a guéri. »

Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? Sur les 10 lépreux que Jésus a guéris « de loin », 1 seul a glorifié Dieu, 1 seul a vu que Jésus est Dieu et est revenu sur ses pas pour le glorifier, et donc, un seul s’est approché de Jésus et s’est prosterné devant lui. Dans le premier cas, le lépreux s’est approché et s’est prosterné devant Jésus. Il y a eu une relation de proximité, qui montre la foi du lépreux. Dans le second cas, seul un des lépreux a montré un témoignage de foi. Et Jésus lui dit : « ta foi t’a guéri ». Pourtant, les 9 autres lépreux aussi ont été guéris. Oui, physiquement, mais pas spirituellement.

Notons que cet homme était un Samaritain. Les Samaritains avaient cette particularité de croire en la Torah, les cinq premiers Livres de la Bible, mais ils rejetaient le reste. La Torah, c’est le manuel de Dieu pour l’homme. Ces cinq premiers livres de la Bible (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) contiennent le mode d’emploi donné par Dieu à l’homme afin qu’il puisse vivre en paix avec l’homme et avec la nature. La Torah instruit l’homme sur toute la Création. Elle contient toutes les lois naturelles et spirituelles fixées par Dieu dès le commencement. Dieu y parle de génétique, d’épigénique, d’urbanisme, de médecine, de physique, de zoologie, de biologie, d’astronomie… afin d’instruire l’homme sur sa Création, comme Il l’avait fait pour Adam et Eve au Jardin d’Eden. Donc, ce Samaritain connaissait Dieu, il avait foi en Lui, et il a été guéri physiquement, comme les neuf autres, et guéri spirituellement à la différence des neuf autres. Il a donc été sauvé, il est revenu à la vie, car il a vu Dieu en Jésus-Christ.  

Cet épisode nous montre que Dieu agit pour tout le monde, ceux qui ont la foi et ceux qui n’ont pas foi en Dieu. Pour certains, la guérison va les mener à la foi, à reconnaître Dieu, pour d’autres, ils vont continuer leur chemin. Ils seront guéris physiquement, mais ils vont reprendre leur vie d’avant, comme si de rien n’était. Ils ne seront pas guéris spirituellement. Cela nous montre que Dieu est miséricordieux, et qu’Il ne nous force pas à avoir foi en Lui, malgré son intervention, mais que parfois, Dieu intervient pour nous faire venir ou revenir à Lui.

 

Guérisons des aveugles

Lisons Marc 8:22-26 : « ²²Et il vient à Bethsaïda ; et on lui amène un aveugle, et on le prie pour qu’il le touche. ²³Et ayant pris la main de l’aveugle, il le mena hors de la bourgade ; et lui ayant craché sur les yeux, il posa les mains sur lui et lui demanda s’il voyait quelque chose. ²⁴Et ayant regardé, l’homme dit : Je vois des hommes, car je vois comme des arbres qui marchent. ²⁵Puis Jésus lui mit encore les mains sur les yeux et le fit regarder ; et il fut rétabli, et voyait tout clairement. ²⁶Et il le renvoya dans sa maison, disant : N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade. »

Lisons Marc 10:49-52 : « ¹Et Jésus, s’arrêtant, dit qu’on l’appelât ; et ils appellent l’aveugle, lui disant : Aie bon courage, lève-toi, il t’appelle. ⁵⁰Et jetant loin son vêtement, il se leva en hâte et s’en vint à Jésus. ⁵¹Et Jésus, répondant, lui dit : Que veux-tu que je te fasse ? Et l’aveugle lui dit : Rabboni, que je recouvre la vue. ⁵²Et Jésus lui dit : Va, ta foi t’a guéri ; et aussitôt il recouvra la vue, et il le suivit dans le chemin. »

Dans le premier cas, l’aveugle est amené à Jésus-Christ, dans le second cas, c’est l’aveugle qui appelle Jésus. Jésus entend son appel et le faire venir à Lui.

Dans le premier cas, Jésus prend la main de l’aveugle, et l’emmène hors de la bourgade, c’est-à-dire loin de la foule, loin des gens, afin de créer une intimité entre Lui et l’aveugle.

Dans le second cas, Jésus réalise le miracle devant la foule.

Dans le premier cas, ce sont des personnes qui prient Jésus de guérir l’aveugle. Dans le second cas, c’est Jésus qui demande à l’aveugle d’exprimer sa demande.

Dans le premier cas, Jésus crache sur les yeux de l’aveugle, lui impose les mains et la guérison prend du temps. Dans le second cas, Jésus ne touche pas l’aveugle, Il le guérit par la parole et la guérison est instantanée.

Le seul point commun entre ces deux cas, que l’on retrouve pour les guérisons des lépreux, c’est le fait que ces guérisons doivent rester intimes. On reviendra sur ce point très important en seconde partie de notre dossier.

Que pouvons-nous dire en comparant les guérisons de ces deux aveugles ? Même si le fond est identique, les deux aveugles recouvrent la vue, la manière d’opérer est totalement différente, comme pour les lépreux.

Dans le premier cas, il s’agit d’une intercession. On amène à Jésus l’aveugle et on Le prie pour qu’Il le guérisse. Cela nous montre que l’intercession est très importante, que nos prières d’intercession sont entendues par Dieu. Et lorsque l’on intercède pour quelqu’un, c’est Dieu qui agit en prenant la main de celui pour qui on intercède et Il va créer autour de Lui une intimité avec Lui, loin du monde, loin des bruits du monde. Pourquoi ? Parce que parfois, certaines personnes ont besoin de s’isoler pour entendre Dieu. Parfois, il y a des personnes qui sont tellement angoissées ou prostrées dans leur maladie ou qui sont constamment plongées dans les bruits du monde qu’ils n’entendent pas Dieu. Alors oui, les proches vont prier pour cette personne, et Dieu va répondre aux prières en créant une intimité avec le malade, afin qu’Il puisse l’entendre.

Dans le second cas, l’aveugle appelait Dieu, Il criait vers lui. Et Dieu l’a entendu, et a répondu à sa demande. Notons que Jésus a demandé à l’aveugle d’exprimer clairement sa prière. Parfois, Dieu nous demande d’exprimer clairement nos attentes, pas parce qu’Il ne les connaît pas, mais pour nous préparer à ce qu’Il agisse.

Dans les deux cas, nous voyons que la prière est très importante, la prière personnelle et intime avec Dieu, et bien sûr la prière d’intercession, lorsque l’on prie pour une autre personne.

La manière dont Jésus guérit ces deux hommes est aussi totalement différente. Dans le premier cas, on ne parle pas de la foi de l’aveugle, alors que dans le second cas, l’aveugle a foi en Jésus et crie vers Lui. Dans le premier cas, les gens qui amènent l’aveugle à Jésus le prient pour qu’il le touche, dans le deuxième cas, la guérison est instantanée. Trop souvent, on pense que le miracle passe par le toucher. Or, ce n’est pas systématique, ce n’est pas toujours le cas. Dans le premier cas, les gens s’attendent à ce que Jésus touche l’aveugle. Or, Jésus prend la main de l’aveugle pour l’emmener à l’écart, et c’est dans l’intimité qu’Il va agir. Et sa manière d’agir peut surprendre, puisque Jésus va cracher sur les yeux de l’aveugle et ensuite le toucher. En crachant sur les yeux de l’aveugle, ne va-t-Il pas empirer son cas ? Parfois, lorsque Dieu agit, on pense que notre cas empire, mais Dieu est à la manœuvre et Il conduit toutes choses. Parfois, Dieu agit d’une manière surprenante, déroutante. Encore une fois, faisons Lui confiance, laissons-nous conduire, car on ne peut saisir ses nombreuses pensées.

Lisons un autre texte qui relate la guérison d’un aveugle.

Lisons Jean 9:1-7 : « ¹Et comme il passait, il vit un homme aveugle dès sa naissance. ²Et ses disciples l’interrogèrent, disant : Rabbi, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ³Jésus répondit : Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. ⁴Il me faut faire les œuvres de celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler. ⁵Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. ⁶Ayant dit ces choses, il cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux, ⁷et lui dit : Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (ce qui est interprété Envoyé). Il s’en alla donc, et se lava, et revint voyant. »

Dans ce miracle, il se passe quelque chose de très particulier. Il s’agit toujours de la guérison d’un aveugle, mais cette guérison est très différente des deux autres. En effet, on nous dit que Jésus passe par là, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune demande, ni de la part de l’aveugle ni de la part des proches de l’aveugle.

Là, ce sont les disciples qui remarquent l’aveugle et qui interrogent Jésus sur son état. Ils ne demandent pas à Jésus de le guérir, mais ils lui demandent pourquoi cet homme est né aveugle. Qu’a-t-il fait pour être ainsi châtié de Dieu ? Ou qu’ont fait ses parents pour que Dieu leur donne un enfant aveugle ?

Ainsi, les disciples sont encore dans une mauvaise vision de Dieu, une mauvaise compréhension de qui est Dieu, qui vient d’ailleurs de leur éducation religieuse. En effet, dans la culture juive, si quelqu’un est malade, c’est que Dieu l’a puni. C’est une fausse croyance, qui est déjà dénoncée dans le Livre de Job, mais visiblement, elle est tenace. C’est la fausse croyance de la rétribution. Or, par la guérison de cet aveugle de naissance, Jésus va leur montrer qu’ils sont dans l’erreur, et que tout concourt à la gloire de Dieu.

D’ailleurs, l’aveugle de naissance n’a lui-même pas demandé sa guérison. Et pourtant Jésus va le guérir. Parfois, Dieu agit sans qu’il y ait de demande d’intervention. Pourquoi ? Comme Jésus-Christ le dit : « afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui », afin qu’à travers certaines guérisons, on puisse voir les œuvres de Dieu et se convertir.

Et la manière dont Jésus opère ici est pour le moins surprenante. Il fait de la boue avec sa salive, qu’il applique sur les yeux de l’aveugle, et Il demande à ce dernier d’aller se laver au réservoir de Siloé. Jean, dans son texte, prend la peine de nous préciser que ce nom signifie « envoyé ». On comprend alors que cet aveugle de naissance est un envoyé de Dieu. Cet homme, qui n’avait rien demandé, ne pose aucune question. Il fait tout comme Jésus lui dit de faire. Il a de la boue sur les paupières, il ne voit rien, il marche jusqu’au réservoir de Siloé, il se lave, et là, il voit.

Jésus lui a appliqué de la boue faite de terre et de sa salive sur les yeux. D’un point de vue sanitaire, on ne peut pas dire que cette méthode est recommandée. En effet, la salive humaine contient une multitude de germes (bactéries, virus, champignons, parasites) qui sont certes très importants pour le processus de digestion, mais qui peuvent provoquer une infection sur une muqueuse. Ajoutons que de la terre est ajoutée à cette salive pour en former de la boue. C’est donc avec cette boue sur les yeux, cette boue qui pourrait causer une infection à l’aveugle, qu’il doit se rendre au réservoir de Siloé. C’est comme si Jésus avait aggravé son cas, et qu’il lui dit « maintenant tu peux gérer ». Et en effet, l’aveugle va gérer le fait de se déplacer, de trouver le réservoir de Siloé, seul, et de se laver, sans tomber dans l’eau.

Parfois, Dieu empire notre cas, pour mieux nous donner la force d’agir. C’est un peu comme le petit coup de pied au derrière qu’il est nécessaire parfois de recevoir pour se mettre en route. Dieu veut que l’on trouve en nous la force de se mettre en route, dans l’obéissance totale, puisque cet aveugle fait tout comme Jésus lui a prescrit de faire. Et dans toute son action, Dieu l’accompagne et le soutient en esprit.

Et plus tard, cet homme, qui voit maintenant, ne crie pas sur les toits sa guérison miraculeuse. Ce sont les gens qui le connaissaient et savaient qu’il était aveugle de naissance qui viennent le voir, car ils sont surpris. Ce n’est pas lui qui vient voir les gens pour leur raconter son histoire. Ce sont les gens qui viennent le voir pour qu’il leur raconte son histoire. Et il est amené auprès des pharisiens, où il subira un interrogatoire musclé.

Nous avons, dans l’Ancien Testament, un autre récit où tout semble faire croire à une aggravation de la situation. Et pourtant…

Lisons 2 Rois 4:1-7 : « ¹Et une femme d’entre les femmes des fils des prophètes cria à Élisée, disant : Ton serviteur, mon mari, est mort ; et tu sais que ton serviteur craignait l’Éternel ; et le créancier est venu pour prendre mes deux enfants, afin qu’ils soient ses serviteurs. ²Et Élisée lui dit : Que ferai-je pour toi ? Dis-moi ce que tu as à la maison. Et elle dit : Ta servante n’a rien du tout dans la maison qu’un pot d’huile. ³Et il dit : Va, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n’en demande pas peu) ; ⁴et rentre, et ferme la porte sur toi et sur tes fils, et verse dans tous ces vases, et ôte ceux qui seront remplis. ⁵Et elle s’en alla d’auprès de lui, et elle ferma la porte sur elle et sur ses fils : ceux-ci lui apportaient les vases, et elle versait. ⁶Et il arriva que, quand les vases furent remplis, elle dit à son fils : Apporte-moi encore un vase. Et il lui dit : Il n’y a plus de vase. Et l’huile s’arrêta. ⁷Et elle s’en vint et le raconta à l’homme de Dieu, et il dit : Va, vends l’huile, et paye ta dette ; et vous vivrez, toi et tes fils, de ce qui restera. »

Il y a là, une veuve endettée, au point que le créancier veut prendre ses enfants pour régler la dette, qui vient voir Elisée, le prophète, afin de demander la faveur de l’Éternel. À travers Elisée, Dieu demande à cette femme, déjà endettée, d’aggraver sa dette en allant emprunter des vases à ses voisins, vases qu’elle devra rembourser. Cette femme n’a plus rien, et pourtant, Dieu lui demande d’empirer sa situation. Puis, Dieu lui demande de rentrer chez elle, avec ses enfants, de fermer la porte derrière elle, et de remplir tous les vases avec le seul pot d’huile qui lui restait. Remarquez qu’elle ne fait pas cela en public, mais dans l’intimité de sa maison, avec ses enfants, et non devant tous ses voisins. Puis, une fois tous les vases empruntés remplis, elle doit les vendre pour rembourser son créancier, et ses voisins, et il lui en restera pour vivre avec ses fils. Ainsi, Dieu agit parfois en aggravant notre cas, afin que se réalise le miracle. Notons que le miracle est réalisé dans l’intimité, il n’y a pas de spectacle, l’extraordinaire est vécu à l’intérieur de sa maison. Puis, l’ordinaire, vendre les vases remplis d’huile se fait au marché, devant tous.

On peut se dire, et c’est souvent comme cela que pensent les gens du monde, que Dieu aurait pu lui faire trouver un trésor chez elle, ou une liasse de billets sous le matelas, ou multiplier l’unique pièce qui lui restait, ou, si l’évènement se passait aujourd’hui, lui faire trouver un billet gagnant à la loterie ou lui faire utiliser son dernier billet de 5 euros pour gagner au loto. Or, Dieu n’agit pas de cette manière. Il rend cette femme actrice de son propre « sauvetage ». Il ne lui donne pas tout comme cela, comme on dit « tomber du ciel ». Il l’a fait travailler. Il lui demande de participer à son miracle, d’être obéissante et de Lui faire confiance. D’abord en allant chercher des vases chez ses voisins, donc en aggravant son cas, puis en remplissant les vases d’huile, puis en allant les vendre. Cette femme a travaillé, elle n’est pas restée immobile dans l’attente que Dieu agisse. Et elle a été obéissante en tout ce que Dieu lui a demandé de faire.

Parfois, Dieu nous demande d’agir, et parfois on ne comprend pas trop où Il veut nous mener. Faisons-lui confiance, car Dieu agit toujours pour notre bien, et Il sait toujours ce qu’Il fait.

 

Guérison des paralytiques

Lisons Jean 5:1-18 : « ¹Après ces choses, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. ²Or il y a à Jérusalem, près de la porte des brebis, un réservoir d’eau, appelé en hébreu Béthesda, ayant cinq portiques, ³dans lesquels étaient couchés une multitude d’infirmes, d’aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, attendant le mouvement de l’eau. ⁴Car à de certaines saisons un ange descendait dans le réservoir et agitait l’eau ; le premier donc qui entrait après que l’eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu’il fût pris. ⁵Or il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans. ⁶Jésus, le voyant couché là, et sachant qu’il était dans cet état déjà depuis longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri ? ⁷Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne qui, lorsque l’eau a été agitée, me jette dans le réservoir ; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi. ⁸Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton petit lit, et marche. ⁹Et aussitôt l’homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha. Or c’était shabbat ce jour-là. »

Lisons Marc 2:1-12 : « Et il entra de nouveau dans Capernaüm, quelques jours après, et on ouït dire qu’il était à la maison. ²Et aussitôt beaucoup de gens s’y assemblèrent, de sorte qu’il ne se trouva plus de place, même auprès de la porte ; et il leur annonçait la parole. ³Et des gens viennent à lui, amenant un paralytique porté par quatre personnes. ⁴Et ne pouvant s’approcher de lui, à cause de la foule, ils découvrirent le toit du lieu où il était ; et l’ayant percé, ils descendirent le petit lit sur lequel le paralytique était couché. ⁵Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. ⁶Et il y avait là quelques-uns des scribes, assis et raisonnant dans leurs cœurs : ⁷Pourquoi celui-ci parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, sinon un seul, Dieu ? ⁸Et aussitôt Jésus, connaissant dans son esprit qu’ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes, leur dit : Pourquoi faites-vous ces raisonnements dans vos cœurs ? ⁹Lequel est le plus facile, de dire au paralytique : Tes péchés te sont pardonnés ; ou de dire : Lève-toi, prends ton petit lit, et marche ? ¹⁰Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (il dit au paralytique) : ¹¹Je te dis, lève-toi, prends ton petit lit, et va dans ta maison. ¹²Et il se leva aussitôt, et ayant pris son petit lit, il sortit en la présence de tous ; de sorte qu’ils en furent tous étonnés et qu’ils glorifiaient Dieu, disant : Nous ne vîmes jamais pareille chose. »

Voici deux guérisons de deux paralytiques, et l’on peut noter, entre les deux récits, de nombreuses différences.

Dans le premier cas, il y a là un paralytique couché près du réservoir de Béthesda. Cela fait trente-huit ans qu’il attendait là le miracle. C’est long trente-huit ans ! Cela faisait donc trente-huit ans qu’il était infirme, et que chaque jour, des proches le déposaient près du réservoir d’eau de Béthesda, puisqu’il ne pouvait y venir seul, et chaque jour, cet homme attendait. Qu’attendait-il ? Non pas un miracle, mais il attendait que quelqu’un le porte dans l’eau dès qu’elle se mouvait. Donc, il attendait que quelqu’un agisse à sa place. Et lui, il ne bougeait pas. Il n’appelait même pas à l’aide, il était là, couché, presque résigné. Il était comme effacé de la réalité. Les gens passaient à côté de lui, sans le voir. On le déposait là, un peu comme un objet, et on venait le chercher le soir, mais personne ne restait avec lui pour l’aider à aller dans l’eau dès qu’elle s’agitait.

Souvent, on attend que quelqu’un nous accompagne pour qu’il agisse à notre place. Cette personne était conduite chaque jour au réservoir par d’autres personnes, et aucune n’attendait avec lui, aucune n’était réellement avec lui.

Cet homme était devenu invisible, personne ne le voyait. Seul Jésus l’a remarqué, seul Dieu le voit, et Dieu sait qu’il est là depuis fort longtemps cet homme, à attendre que quelqu’un s’occupe de lui. Jésus s’approche de lui et lui pose la question s’il veut être guéri. Curieuse cette question… Cet infirme est là depuis 38 ans dans l’attente que quelqu’un le jette dans l’eau dès qu’elle remue pour être guéri. Donc, oui, il veut être guéri. Et pourtant, cet homme ne répondra pas l’affirmative à cette question plutôt simple. Il répond qu’il n’a personne pour l’aider, et qu’il est tellement lent à se déplacer que quelqu’un saute toujours avant lui dans l’eau dès qu’elle remue. Cette personne, en réalité, attend une solution humaine à son problème, il attend une aide extérieure, mais non celle de Dieu. Et pourtant, Jésus va le guérir. L’infirme n’a pas demandé à Dieu sa guérison, et pourtant, Dieu va le guérir.

Jésus lui dit de se lever, de prendre son lit, et de marcher. Et l’infirme obéi, il se lève, prend son lit et se met à marcher. Il a fait confiance à Jésus. Parfois, Dieu agit, alors que tout nous semble perdu, alors qu’on attend une aide humaine qui ne vient pas. Le miracle se réalise dans ce face-à-face avec Dieu, où l’on prend conscience que seul Dieu peut nous aider. Et alors, avec Dieu, tout devient possible. Parfois, aussi, on cherche des solutions humaines à notre problème, on pense qu’une autre personne peut nous donner la solution. Mais seul Dieu est La solution.

Dans le second cas, un paralytique est amené à Jésus qui est au milieu d’une foule. Donc, il s’agit d’une intercession. Ce sont des gens qui amènent le paralytique à Jésus pour le guérir. Jésus est entouré par beaucoup de monde, de sorte qu’on ne peut lui amener directement le paralytique. C’est pourquoi un trou est fait sur le toit de la maison où Jésus se trouve pour descendre le paralytique jusqu’à lui. Qu’est-ce que cela signifie ?

Que parfois, quand on prie pour quelqu’un, quand on intercède pour quelqu’un, il faut braver le monde ! Ces gens qui intercèdent pour le paralytique auraient pu attendre que la foule se dissipe, auraient pu attendre une opportunité. Se serait-elle présentée à eux ? Aucune idée. Eux, ils ont choisi d’agir, et d’aller provoquer l’opportunité. Et parfois, oui, il faut agir, il faut bousculer les codes. Certains, animés par la foi, sont capables de déplacer des montagnes pour aider des personnes qu’ils aiment.

Et justement, le fait que ces personnes, guidées par l’Esprit de Dieu, amènent cet homme à Jésus, devant la foule, permettra à Jésus de donner un enseignement crucial à tous. Parfois, Dieu agit pour nous enseigner.

Quel est cet enseignement ? Jésus est entouré de personnes, et parmi elles, il y a des pharisiens et des scribes qui lui sont hostiles. Ces scribes raisonnaient en eux-mêmes selon une pensée humaine, et ils se disaient que Jésus blasphémait, car il avait osé dire qu’il pardonnait les péchés.

Jésus connaît leur pensée, et justement, il se tourne vers eux et leur demande : « Pourquoi faites-vous ces raisonnements dans vos cœurs ? Lequel est le plus facile, de dire au paralytique : Tes péchés te sont pardonnés ; ou de dire : Lève-toi, prends ton petit lit, et marche ? »

Tout le monde peut dire à quelqu’un que ses péchés sont pardonnés. C’est facile ! Mais est-ce la vérité ? Est-ce que Dieu a vraiment pardonné ? Et donc, pour bien montrer que seul Dieu a le pouvoir de pardonner les péchés, Jésus dit au paralytique de se lever, de prendre son lit et de marcher. On retrouve les mêmes paroles que pour l’infirme couché près du réservoir de Béthesda. Ce sont les mêmes mots. Mais les circonstances ne sont pas les mêmes. Et là, Jésus démontre que seul Dieu peut guérir, et seul Dieu peut pardonner les péchés. Et que ce pardon est déjà une guérison.

Nombreux sont ceux qui ont parlé à la place de Dieu et qui se sont attribué la gloire de Dieu, comme ce fut le cas déjà des scribes de l’époque de Jésus, et aujourd’hui, de ceux qui sont dans les religions. Beaucoup donnent l’absolution au nom de Dieu. Beaucoup disent, lors des confessions, que Dieu a pardonné les péchés. Est-ce vrai ? On parle à la place de Dieu selon nos pensées humaines, selon nos traditions. Pour obtenir le pardon des péchés, il faut une repentance sincère, il faut voir en face et accepter son état de pécheur. Et cela ne peut se faire que dans l’intimité avec Dieu, dans un face-à-face intime avec Dieu, d’esprit à Esprit, où l’on se reconnaît pécheur et où on appelle à être pardonné. 

Souvent, on veut que quelqu’un nous dise qu’on est pardonné. C’est rassurant. On va voir une personne, et cette personne nous dit que Dieu nous a pardonné. Waou ! C’est fantastique ! Mais dans notre cœur, est-ce qu’on s’est réellement repenti ? Est-ce qu’on a réfléchi à notre état de pécheur ? Non. On cherche simplement à être rassuré et à se donner bonne conscience. C’est ce que Jésus démontre ici, dans cet évènement, aux scribes et aux pharisiens qui parlaient souvent au nom de Dieu et à la place de Dieu.

Alors oui, ce paralytique obéi à Jésus, il se lève, prend son lit et se met à marcher. Il ne pose pas de question. Il a confiance. Pour lui, Jésus ajoute qu’il doit aller dans sa maison, c’est-à-dire qu’il a besoin de digérer sa guérison dans l’intimité. Il passe devant la foule, qui, voyant ce qu’il vient de se produire, glorifie Dieu, montrant que lorsque Dieu agit, c’est toujours pour que l’on reconnaisse sa gloire, afin de que l’on revienne à Lui.

 

Jésus-Christ a réalisé beaucoup d’autres miracles durant son ministère sur Terre. On pense notamment à la femme atteinte d’une perte de sang qui a touché son vêtement et qui fut instantanément guérie, à la guérison de l’homme à la main sèche, à la guérison de la femme au dos courbé, à la guérison du serviteur d’un centurion, à la guérison de la fille de Jaïrus, un chef de synagogue, à la guérison de la belle-mère de Pierre… Nous avons choisi quelques exemples afin de montrer que Dieu intervient toujours de manière différente selon les situations, selon les circonstances, selon l’état d’esprit des personnes…

Beaucoup pensent que parce que Jésus a guéri un aveugle en le touchant, alors pour guérir, il faut toucher le malade. Ils se disent que c’est la technique de guérison. Hé bien non ! Non seulement ils se trompent, mais en plus, ils s’approprient un attribut de Dieu.

D’autres se disent que pour guérir, il faut appliquer le même protocole que celui que Jésus a appliqué pour l’aveugle de naissance. Encore une fois, ils se trompent. Il n’y a pas une manière de faire, il y a en a plusieurs. Et elles sont toutes à Dieu. L’homme ne réalise aucun miracle, c’est toujours Dieu qui agit. Et parfois, Dieu agit d’une manière surprenante, qui nous dépasse, comme ce fut le cas pour la veuve et ses pots d’huile. La seule chose que l’homme peut faire, c’est prier.

Enfin, le miracle de guérison se vit dans l’intimité et il y a tout un cheminement post-guérison à accomplir. Jésus a dit aux lépreux d’aller se montrer au sacrificateur, afin qu’ils aient le temps de digérer la guérison. Il dit au paralytique de rentrer chez lui, afin qu’il vive la guérison avec ses proches. Psychologiquement, il faut du temps pour réapprendre à vivre sans la maladie. Et notons qu’à aucun moment, Jésus ne demande aux miraculés d’aller témoigner de leur guérison dans les rues. Et c’est là qu’on peut aborder notre second point, qui est le véritable témoignage.

 

 

Le véritable témoignage

 

« Et Jésus lui dit : Prends garde de ne le dire à personne ; mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage. » Matthieu 8:4

« Et les voyant, il leur dit : Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu’en s’en allant ils furent rendus nets. » Luc 17:14

« Et il le renvoya dans sa maison, disant : N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade. » Marc 8:26

« Et il dit : Va, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n’en demande pas peu) ; ⁴et rentre, et ferme la porte sur toi et sur tes fils, et verse dans tous ces vases, et ôte ceux qui seront remplis. » 2 Rois 4:3

« Je te dis, lève-toi, prends ton petit lit, et va dans ta maison » Marc 2:11

 

Qu’ont-ils en commun ces textes ? Deux choses essentielles : l’enseignement du véritable témoignage et l’intimité du miracle. Et ces deux choses sont liées.

Regardons attentivement le miracle du lépreux en Matthieu 8:1-4 : « ¹Lorsque Jésus fut descendu de la montagne, une grande foule le suivit.

²Et voici, un lépreux s’étant approché se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.

³Jésus étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt il fut purifié de sa lèpre.

⁴Puis Jésus lui dit : Garde-toi d’en parler à personne ; mais va te montrer au sacrificateur, et présente l’offrande que Moïse a prescrite, afin que cela leur serve de témoignage. »

Nous avions mis en évidence, lors de l’étude précédente, que lorsque Jésus dit au miraculé : « Garde-toi d’en parler à personne ; mais va te montrer au sacrificateur… », la conjonction « mais » est la traduction grecque de ἀλλὰ – alla qui signifie au contraire. Jésus dit à cet homme de ne parler à personne de ce qui vient de se produire. Au contraire, il lui demande de se rendre au sacrificateur et de présenter l’offrande afin que cela leur serve de témoignage.

L’emploi de ἀλλὰ – alla dans ce texte montre une forte opposition entre le fait d’en parler autour de soi et le fait d’aller se rendre auprès du sacrificateur. Ce qui signifie que Jésus met en opposition le fait de témoigner devant un public de son miracle et l’obéissance à la Parole de Dieu (présenter l’offrande que Moïse a prescrite). Pourquoi ?

Raconter ce qui vient de se passer autour de soi, à la foule, est perçue aujourd’hui comme un témoignage de la puissance de Dieu. Or, à aucun moment dans les textes que l’on vient de lire, et il y en a d’autres dans la Bible, Jésus dit à quelqu’un de raconter son miracle autour de lui, à des inconnus, d’aller dans la rue et de crier à qui veut bien l’entendre ce qu’il vient d’arriver. Pourquoi ? Parce que si l’on fait cela, alors on devient le centre de l’attention, et l’orgueil va prendre le dessus : on sera plus dans la recherche de la gloire de Dieu mais de sa propre gloire. C’est inconscient, mais ainsi est fait l’homme. C’est viscéral, il faut qu’il se montre, il veut être regardé, il veut être au centre de l’attention, et en même temps, il s’attend à ce que les autres lui disent qu’il a été touché par la main de Dieu, donc qu’il est spécial. Il va ainsi détourner à lui la puissance de Dieu, en disant, c’est parce que j’ai beaucoup prié que Dieu m’a exaucé, ou c’est parce que j’ai tout fait comme il faut que Dieu m’a exaucé, ou c’est parce que je suis juste que Dieu m’a exaucé… Et bien souvent, aujourd’hui, celui qui témoigne devant les foules, celui-là, les foules vont l’adorer, l’aduler et faire de lui un saint. Encore une fois, l’adoration est détournée.

Or, le véritable témoignage n’est pas dans le spectaculaire, dans ce qui frappe les yeux. Il est dans l’obéissance à la Parole de Dieu.

Lisons Matthieu 9:27-30 : « ²⁷Et comme Jésus passait de là plus avant, deux aveugles le suivirent, criant et disant : Aie pitié de nous, Fils de David ! ²⁸Et quand il fut arrivé dans la maison, les aveugles vinrent à lui. Et Jésus leur dit : Croyez-vous que je puisse faire ceci ? Ils lui disent : Oui, Seigneur. ²⁹Alors il toucha leurs yeux, disant : Qu’il vous soit fait selon votre foi. ³⁰Et leurs yeux furent ouverts. Et Jésus leur parla sévèrement, disant : Prenez garde que personne ne le sache. »

Lisons Matthieu 12:14-21 : « ¹⁴Et les pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre lui pour le faire périr ; ¹⁵mais Jésus, le sachant, se retira de là ; et de grandes foules le suivirent, et il les guérit tous. ¹⁶Et il leur défendit expressément de rendre son nom public, ¹⁷afin que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant : ¹⁸« Voici mon serviteur que j’ai élu, mon bien-aimé, en qui mon âme a trouvé son plaisir ; je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera le jugement aux nations. ¹⁹Il ne contestera pas, et ne criera pas, et personne n’entendra sa voix dans les rues ; ²⁰il ne brisera pas le roseau froissé, et il n’éteindra pas le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait produit en victoire le jugement ; ²¹et les nations espéreront en son nom ».

Jésus a clairement montré que le témoignage ne réside pas en une démonstration publique, en un étalage public de la puissance de Dieu. Jésus lui-même ne faisait pas reposer son témoignage sur du spectaculaire. Il aurait pu en mettre plein la vue. Il aurait pu se présenter en habits de roi et réaliser de grandes démonstrations de puissance. Déjà, sans cela, beaucoup sont venus le voir parce qu’ils cherchaient un guérisseur et non un sauveur. Jésus n’a jamais cherché à impressionner quiconque, Dieu ne cherche jamais à impressionner. Au contraire, Jésus a enseigné que les démonstrations de pouvoir ou de faculté à susciter l’admiration de pouvoir ou l’enthousiasme sont opposés au véritable témoignage. Là où il se produit de telles choses, Dieu n’y est pas. Ajoutons que Jésus n’a cessé de dire qu’il obéissait au Père, et en faisant cela, il rendait témoignage au Père.

Lisons Philippiens 2:5-8 : « ⁵Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, ⁶étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, ⁷mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; ⁸et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. »

Les Philippiens réalisaient des démonstrations de force en public. Et Paul leur rappelle que Jésus-Christ, à aucun moment, n’a cherché à être égal à Dieu, mais qu’Il s’est lui-même anéanti pour prendre la forme d’esclave en se faisant homme, et qu’il a été obéissant jusqu’à la mort au plan du Père.

Or, que fait l’homme ? Il veut avoir du pouvoir, il se met en scène, il veut se sentir valorisé, important, au-dessus des autres en réalisant devant tous des miracles ou en chassant les démons. Et donc, implicitement, il veut se faire Dieu et il fait croire qu’il a en lui la puissance de Dieu qui lui permet de réaliser des miracles et chasse des démons. Il veut faire croire que Dieu l’a choisi parce qu’il est quelqu’un de spécial et lui a donné le don de la guérison ou le don de la délivrance. Il n’en est rien ! Toutes ces démonstrations qui sont extraordinaires, et qui sont du domaine du spectacle, ne sont faites que pour se valoriser soi-même, pour flatter son ego, pour se croire au-dessus des autres.

Le véritable témoignage n’est en aucune façon cette démonstration en public. Le véritable témoignage réside dans l’obéissance à la Parole de Dieu, comme Jésus a été obéissant en tout point au Père.

Ajoutons que la foi ne se fonde pas sur l’extraordinaire, le fantastique, ce qui est en met plein les yeux. C’est même dangereux de fonder sa foi sur cela. En effet, si l’on fonde sa foi sur de telles démonstrations, on devient des fans, et dans le mot fan, il y a fanatique. Beaucoup ont cherché Jésus non pas pour entendre ses paroles, mais parce qu’ils n’ont vu en lui qu’un « guérisseur », un « faiseur de miracles ». Ils sont les fanatiques de la première heure. D’autres ont cherché Jésus, car ils voyaient en Lui un « conteur » charismatique, un philosophe, quelqu’un capable d’une grande rhétorique. Ce sont aussi les fanatiques de la première heure. Ces deux profils, on les retrouve lorsque Paul parle du Juif qui est à la recherche du spectaculaire et du Grec qui est à la recherche de la sagesse.

Si l’on se penche un peu sur la question, on s’aperçoit que de nombreux croyants religieux ne suivent pas Jésus-Christ, mais suivent une personne humaine, qui peut être le pape ou un chef religieux ou un prophète ou un pasteur ou un homme ou femme béatifié par l’église catholique… Ils ne suivent pas la Parole de Dieu, mais une doctrine humaine. Quels témoignages pourront-ils alors donner ? Ces gens fondent leur croyance sur des théories humaines, des doctrines humaines, des traditions humaines… qui en mettent plein les yeux, qui sont ritualisés, qui sont des démonstrations en public… Tout ceci n’est que du vent…

Aujourd’hui, il y a de nombreux courants religieux où l’on se met en scène, c’est du spectacle… Parfois, il y a des guérisons miraculeuses, parfois, on réalise de grands exorcismes en public. Or, dans ces démonstrations publiques, Dieu n’y est pas. C’est un leurre réalisé par Satan qui, lui, veut se faire l’égal du Fils de Dieu, et veut qu’on l’adore. D’ailleurs, dans ce genre de manifestation, les « leaders religieux » se mettent en scène et demandent l’adoration du public, ils veulent qu’on les applaudisse, ils veulent en mettre plein les yeux avec les miracles et les exorcismes. Ils veulent qu’on les admire… et petit à petit, Dieu est effacé.

 

La foi doit reposer sur la puissance de Dieu, et non sur la puissance de l’homme !

Lisons 1 Corinthiens 2:3-5 : « ³Et moi-même j’ai été parmi vous dans la faiblesse, et dans la crainte, et dans un grand tremblement ; ⁴et ma parole et ma prédication n’ont pas été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l’Esprit et de puissance, ⁵afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

La foi ne doit pas reposer sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Or, c’est quoi la puissance de Dieu ?

Lisons Romains 1:16 : « Car je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, et au Juif premièrement, et au Grec. »

La puissance de Dieu c’est l’évangile. C’est dans l’évangile que l’on va fortifier sa foi, et l’évangile, c’est Jésus-Christ ; Il est la Parole de Dieu faite chair, et c’est la Parole de Dieu qui guérit, qui sauve, qui donne la paix, qui exorcise… La puissance de Dieu ne se manifeste pas par le pouvoir de guérir ou de chasser les démons, ou dans la faculté d’éblouir par un discours rempli de fausse sagesse, ou par le fait d’impressionner.

 

Le miracle se vit dans l’intimité

Revenons au texte de 2 Rois, les versets 4 et 6. Dans ce texte, Elisée ne dit pas à la veuve de remplir tous les vases à la vue des voisins. Il lui demande d’entrer dans sa maison avec ses fils et de fermer la porte. Le miracle se réalise dans l’intimité de la maison, avec ses proches. Pas de grande assemblée, pas de réunion publique.

Lors de la conversion, la véritable conversion, un grand miracle se produit à l’intérieur de nous : on revient à la vie, car on revient à Jésus-Christ qui est la vie. Ce n’est pas spectaculaire, le changement est presque imperceptible. Or, Dieu vient de libérer notre esprit qui revient à la vie, qui renaît. Et là, petit à petit, différents changements vont se produire en nous, et ce que les proches remarqueront le plus, c’est une manière différente de penser, car on va penser avec l’esprit qui lui-même est guidé par l’Esprit de Dieu, et non plus selon le monde. Là encore, rien de spectaculaire, simplement de petites choses que nos proches vont ressentir. C’est à l’intérieur de soi que la véritable puissance de Dieu se déploie, dans notre esprit. Ce retour à la vie de l’esprit est vécu, pour certains, comme une véritable libération, un grand soulagement. Et seule la conversion au Christ permet de chasser les démons, car c’est Dieu qui intervient. C’est tout l’enseignement des deux démoniaques de Gergéséniens que nous verrons lors de nos études concernant l’Évangile de Matthieu.

Ainsi, Jésus a souvent répété qu’il ne fallait pas témoigner en public de ce qu’il venait de se produire. Alors, la grande question est : pourquoi trouvons-nous aujourd’hui des réunions chrétiennes centrées sur la guérison avec étalage public de choses qui sont de l’ordre du privé ?

Nous vivons dans un monde où tout est de l’ordre du spectacle, et où tout le monde joue un rôle, se met en scène. Et cet esprit de spectacle s’est infiltré auprès des assemblées chrétiennes, comme il s’était déjà infiltré du temps de Paul, comme on peut le lire dans ses lettres aux Corinthiens, aux Romains… Et ce même esprit de spectacle était présent déjà chez les pharisiens, qui aimaient se mettre en scène, aimaient qu’on les regarde, qu’on les admire, aimaient s’asseoir au premier rang… Aujourd’hui, nous assistons à des réunions chrétiennes dignes des grands concerts, avec des chefs religieux qui font le show, avec des chants, des jeux de lumière, des applaudissements… D’autres font leur show dans la rue ? Alors que Jésus a clairement demandé à ce qu’il n’y ait rien de tout cela.

Ces shows et ces réunions sont faits pour exciter le public, pour impressionner, et c’est justement cela qui attire de plus en plus de personnes. Car toutes ces personnes recherchent non pas Dieu mais l’excitation, cette émotion qui provoque parfois des larmes, souvent de l’euphorie.  

D’après la définition du Larousse, l’excitation est l’action de stimuler l’activité, les sentiments, de pousser quelqu’un à agir. L’excitation est un état d’agitation, d’énervement, d’enthousiasme, d’irritation ou d’exaltation.

Ainsi, celui qui veut pousser quelqu’un à agir va provoquer sur sa cible un état d’agitation, d’enthousiasme, d’irritation ou d’exaltation. Et c’est exactement ce qui se produit lors de ces réunions, on force les gens à agir en provoquant un état d’excitation. Ce n’est pas l’œuvre de l’esprit, qui se réalise toujours sans bruit, dans le calme.

Lors de ces réunions, on cherche aussi à émouvoir, donc à faire naître chez le public des émotions. Quand on est dans l’émotion, on est dans l’âme, et non dans l’esprit. Et dans l’âme, il y a l’ego, qui va se servir des émotions pour faire naître des désirs dans la chair, pour exciter les sens. On n’est donc pas dans l’œuvre de l’esprit, mais dans l’ego.

Or, le fruit de l’esprit produit tout autre chose, comme on peut le lire en Galates 5:22-23 : « ²²Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, ²³la fidélité, la douceur, la tempérance : contre de telles choses, il n’y a pas de loi. »

Rien à voir avec l’émotion, car quand on est dans l’émotion, on n’est plus dans l’esprit, et là, on va agir souvent sur le moment, sans réfléchir, emporté par ses émotions. L’action est souvent brutale, voire violente. On est dans l’exaltation du moment, et l’on agit sans trop réfléchir, submergé par ce qu’il se passe.

Marcher par l’esprit, ce n’est pas faire le show, ce n’est pas exciter les sens et provoquer des émotions. Marcher par l’esprit c’est cultiver les fruits de l’Esprit. On n’est plus dans le bruit, on n’est plus dans l’extraordinaire, dans le spectaculaire. J’ai l’habitude de dire que Dieu recherche des personnes ordinaires pour agir de façon extraordinaire, et cette façon extraordinaire d’agir se traduit par de la bonté, de la bienveillance, de la fidélité, de la compassion… Car, dans ce monde, toutes ces vertus sont très difficiles à atteindre, et elles sont souvent vues comme des faiblesses.

Lisons 1 Corinthiens 1:21-25 : « ²¹Car, puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu, il a plu à Dieu, par la folie de la prédication, de sauver ceux qui croient ; ²²puisque les Juifs demandent des miracles et que les Grecs recherchent la sagesse ; ²³mais nous, nous prêchons Christ crucifié, aux Juifs occasion de chute, aux nations folie, ²⁴mais à ceux qui sont appelés, et Juifs et Grecs, Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu ; ²⁵parce que la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et que la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. »

Les Juifs demandent des miracles, les Grecs recherchent la sagesse. Tous les deux cherchent des choses extraordinaires. Les premiers sont dans le spectacle, les seconds veulent briller en société par leur rhétorique. Et Paul répond que le chrétien doit prêcher Christ crucifié, qui sera pour le Juif une occasion de chute, de la folie pour le Grec.

Ainsi, que recherchons-nous ? Celui qui réalise des miracles ? Celui qui sait capter les foules par de beaux discours ? Le « guérisseur » ou celui qui prêche de belles paroles, le philosophe dont le discours paraît sage et flatte notre ego ? Souvent, les gens suivent et prennent pour idole l’un des deux profils. Alors que Dieu nous demande de Le suivre Lui, et non un homme. Qui voulons-nous suivre ? Les leurres imaginés par l’homme ou Dieu qui a créé l’homme et qui connaît toutes ses pensées ?

Que Dieu vous aide à faire le bon choix.   

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