Genèse 2 – Versets 4 à 6

Genèse 2 versets 4 à 6

Le septième jour – Partie II – La Création originelle

Le chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et notamment les premiers versets qui relatent le 7e jour de la Création, ainsi que le séjour de l’homme au jardin d’Eden et la formation de sa compagne. Ce chapitre 2 du Livre de la Genèse relate l’état originel du monde avant la chute de l’homme et de la femme.

Dans cette seconde étude du chapitre 2, on va s’intéresser aux versets 4 à 6 qui donnent un état des lieux de la Création avant la création de l’homme et de la femme.  

Rappelons que le but de ces études est de donner le sens le plus proche possible du texte du Livre de la Genèse, donc de la Parole de Dieu. Dans ces études, nous nous attarderons essentiellement sur les mots hébreux dont le sens n’a pas été correctement restitué ou parfois même inversé par les traductions françaises qui sont à notre disposition, afin de pouvoir donner le sens véritable du texte, sans le prisme d’une doctrine ou d’une idéologie religieuse. 

Il est fortement recommandé de lire ou d’écouter les études précédentes, car de nombreuses notions déjà expliquées vont être reprises dans cette étude.

Rappelons que Dieu s’adresse à tous, par des termes simples, et que chacun peut comprendre ce que Dieu dit. Rappelons aussi que pour comprendre où l’on va, il faut connaître d’où l’on vient.

 

 

 

⁴Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés. Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, ⁵aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. ⁶Mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol.

Genèse 2:4-6, Traduction Louis Segond

Ces quelques versets viennent après le récit du 7e jour, comme un flash-back de l’état de la Création avant le 7e jour. On y voit comme un retour en arrière, une remontée dans le temps au premier jour de la Création. Ces quelques versets sont un rappel de ce qui s’est passé avant pour arriver au 7e jour : formation de la Terre, formation de l’univers aux 1er et 2e jours de la Création (Il fit une terre et des cieux), formation des végétaux au 3e jour de la création. Et ici précisément, il nous est dit qu’aucune herbe des champs ne germait encore, car il n’y avait pas de pluie et pas d’hommes pour cultiver le sol. Alors Dieu fit s’élever une vapeur sur la terre, la nuée.

Ainsi, on comprend que les végétaux ont besoin d’eau pour pousser, cela est évident. Et l’on comprend que tout est fait pour être cultivé par l’homme. Les végétaux, légumes, fruits, céréales… sont créés pour être la nourriture de l’homme.

Remarquons aussi ce verbe « cultiver » : les végétaux ont été formés par Dieu pour être cultivés par l’homme. C’est ce que le texte semble nous dire, et donc, implicitement, Dieu a formé les végétaux pour faire travailler l’homme. Ainsi, si l’on s’en tient à la traduction française, on comprend que l’homme doit travailler pour se nourrir, puisque les végétaux, les légumes, les fruits, les céréales… sont la nourriture de l’homme. Mais on verra que le texte original ne dit pas que l’homme doit cultiver les végétaux, mais doit servir librement la Création afin d’en récolter ses fruits. Les végétaux produisent la nourriture naturellement, selon l’ordre divin donné au 3e jour de la Création, Dieu donne cette production à l’homme qui peut s’en servir librement.

Surtout, dans ces quelques versets, on perçoit le climat de la Création originelle : il n’y avait pas de pluie, simplement une rosée qui montait du sol et qui arrosait les végétaux.

Voyons tout cela en détail.

 

Et l’on a traduit tout cela par « voici les origines ». On a voulu en saisir l’idée globale. C’est effectivement l’origine du monde, mais il y a quelque chose de subtil, un message plus subtil dans cette Parole de Dieu.

Reprenons les deux mots en hébreu אֵ֣לֶּה  תוֹלְד֧וֹת – ‘el-leh towledah. Littéralement, en hébreu, on y lit « c’est le signe (tav) qui génère la mort à soi-même ».

Ainsi, ce que l’on appelle générations dans ce texte, cette postérité que Dieu va générer, sera issu du signe (tav) qui va générer la mort à soi-même. Il s’agit des justes, ce sont eux la postérité de Dieu, ceux qui sont dans la foi, ceux qui ont accepté Jésus-Christ comme leur Sauveur et Seigneur, ceux qui ont accepté de se repentir, donc, de faire mourir leur ego. La Création a pour but de générer des hommes de Dieu, des hommes qui appartiennent à Dieu, des enfants de Dieu. Et ces enfants de Dieu forment l’Église de Christ, dans le véritable sens, celui de la Parole de Dieu, et non dans le sens du monde. Cette véritable Église qui forme un seul corps est composée des justes (la postérité de Dieu) qui forment les membres du corps, et dont le « chef », la tête, est Jésus-Christ.

Finalement, le but même de la Création est d’engendrer des fils de Dieu pour la gloire de Dieu. Et Dieu a tout mis en place pour que tous ceux qui se convertissent au fils puissent devenir enfants de Dieu, en Jésus-Christ. Et cette Église de Christ va refléter sur Terre la gloire de Dieu.

Et c’est exactement ce que nous rappelle le psaume 19. On va lire le début de ce psaume, les versets 2 et 3 : « Les cieux racontent la gloire du Dieu fort, et l’étendue donne à connaître l’ouvrage de ses mains. Un jour en transmet le récit à un autre jour, et une nuit en instruit une autre nuit.

C’est la première mention de Yahveh. Avant cela, dans tout le récit de la Création au chapitre 1 de la Genèse, il s’agissait d’Elohiym.

Elohiym définit les attributs du Père, il est l’architecte, le Créateur du monde, celui qui fait exister, celui qui régit les forces naturelles, la Justice.

Yahveh définit les attributs du Fils, celui qui fait être et qui est, le Dieu de la relation personnelle, celui qui parle à l’homme, l’Amour.

C’est donc la première mention des deux modes de manifestations de Dieu, l’Amour et la Justice. La justice, car Dieu a placé des lois naturelles, physiques, spirituelles, et aller contre ces lois c’est aller dans le principe d’autodestruction, contre soi-même. L’Amour, car c’est Dieu qui se penche vers l’homme pour lui parler, pour l’enseigner, pour le guider, le soutenir, l’aider, l’encourager, l’inspirer. Amour et justice, deux notions qui, dans l’esprit humain, ne peuvent s’appliquer en même temps. Seul Dieu est capable d’aimer avec justice. Son amour est total, et sa justice est juste, car justement, son amour est total.

 

La racine de ce mot שָׂדֶה – sadeh désigne un champ, un territoire, une campagne, et aussi humecter, mouiller, la poitrine, la mamelle. Les deux premières lettres de ce mot, ד שׁ (sin, dalèt), désignent le principe d’abondance de la nature. Et la dernière lettre, la lettre hè, représente le souffle de vie, le souffle de Dieu.

Ainsi, le principe d’abondance de la nature est dans le souffle de Dieu. Il s’agit donc de tout ce qui va croître par le souffle de Dieu, par la Parole de Dieu, et donc, par toutes les lois naturelles, biologiques, physiques… que Dieu a posé par sa Parole. On se souvient, en Genèse 1 au verset 11, Dieu a donné l’ordre aux végétaux de produire du fruit selon sa semence : « Et Dieu dit : Que la terre fasse pousser du gazon, des herbes portant semence, des arbres à fruits produisant, selon leur espèce, du fruit ayant en soi sa semence, sur la terre. Et cela fut. »

Ainsi, Dieu n’avait pas encore envoyé la pluie, l’eau qui permet de croître. On y voit une préfiguration du baptême d’eau, qui est un baptême de repentance, et donc le point de départ de la croissance spirituelle, de la croissance de l’enfant de Dieu. C’est Jésus-Christ, l’eau vive, qui permet de croître, de grandir spirituellement, par sa Parole.

Cela signifie que l’homme sert librement Dieu et donc, sa Création. Et cela rejoint Genèse 1:26 : « Et Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer et sur les oiseaux du ciel et sur le bétail et sur toute la terre et sur tout reptile qui rampe sur la terre. »

On se souvient que le verbe dominer choisi pour la traduction française ne retransmet pas le sens véritable de ce verset. En vérité, il faudrait lire que l’homme doit prendre soin de la Création, et non la dominer. Et s’il doit en prendre soin, alors il doit servir librement la création. L’homme n’est pas le dominateur de la Création, il est le serviteur de la Création. Il doit veiller à ce que tout soit en ordre, veiller à la nature, aux plantes, aux animaux. Et alors, la Création le servira, car elle lui donnera tout ce qu’il faut pour se nourrir, se vêtir, se chauffer…

Remarquons qu’il n’y a aucune notion de travail forcé ou imposé. Dieu n’impose pas à l’homme de travailler, Il lui demande de veiller avec lui à la bonne marche de la Création, Il fait de l’homme, si l’on peut dire, son partenaire, son collaborateur, son associé, pour gérer avec Lui la Création. Avant la chute, à l’état originel, l’homme ne devait pas travailler pour manger, puisque la nature lui procurait tout ce dont il avait besoin. L’homme devait simplement prendre soin et respecter la nature, et recueillir ce qu’elle lui procurait gratuitement.

Au début du verset 6, la conjonction ‘mais’ qui exprime une opposition ou une restriction n’existe pas dans le texte original en hébreu. À la place, il y a la conjonction de coordination ‘et’. Ainsi, il faudrait lire : « car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour la servir librement. Et une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol. »

Et bien sûr, ensuite, Dieu créera l’homme. D’abord, Il fait venir la vapeur d’eau pour arroser les végétaux, une sorte de rosée que l’on peut encore voir certains matins dans la campagne. Et ensuite, il créera l’homme pour prendre soin des végétaux, pour servir librement et récolter ce qu’ils produisent.

Ainsi, on comprend qu’à l’état originel, il n’y avait pas de pluie. Une rosée arrosait les végétaux. L’homme n’avait donc pas besoin de les arroser, Dieu s’en chargeait.

Et dire qu’aujourd’hui, il faut arroser les plantes, les champs, les cultures… pour que la terre produise des légumes et des céréales. Aujourd’hui, l’homme doit travailler pour se nourrir, ce qui n’était absolument pas le cas à l’état originel, avant la chute.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

Pour écouter cette étude sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist

Laisser un commentaire

Social Share Buttons and Icons powered by Ultimatelysocial
error: Halte au copié collé