Genèse 2 versets 8 et 9
L’Adam dans le jardin d’Éden
Le chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et notamment les premiers versets qui relatent le 7e jour de la Création, ainsi que le séjour de l’homme au jardin d’Éden et la formation de sa compagne. Ce chapitre 2 du Livre de la Genèse relate l’état originel du monde avant la chute de l’homme et de la femme.
Les versets 8 et 9 du chapitre 2 de la Genèse commencent à décrire le Jardin d’Éden, avec, notamment, la définition de l’arbre de vie et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Rappelons que le but de ces études est de donner le sens le plus proche possible du texte du Livre de la Genèse, donc de la Parole de Dieu. Dans ces études, nous nous attarderons essentiellement sur les mots hébreux dont le sens n’a pas été correctement restitué ou parfois même inversé par les traductions françaises qui sont à notre disposition, afin de pouvoir donner le sens véritable du texte, sans le prisme d’une doctrine ou d’une idéologie religieuse.
Il est fortement recommandé de lire ou d’écouter les études précédentes, car de nombreuses notions déjà expliquées vont être reprises dans cette étude.
Rappelons que Dieu s’adresse à tous, par des termes simples, et que chacun peut comprendre ce que Dieu dit. Rappelons aussi que pour comprendre où l’on va, il faut connaître d’où l’on vient.
⁸Et l’Éternel Dieu planta un arbre en Éden, à l’orient, et il mit là l’homme qu’il avait formé. ⁹Et l’Éternel Dieu fit pousser du sol tout arbre agréable à voir et bon à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Genèse 2:8-9, traduction Louis Segond
On se souvient, au verset précédent, le verset 7, Dieu a créé et formé l’adam, l’être humain, et Il le place dans le jardin d’Éden.
La traduction du verset 8 donne l’impression qu’après avoir formé l’homme, Dieu plante un jardin en Éden pour l’y mettre. Ainsi, on a l’impression que le jardin a été planté après la création du premier homme. Est-ce juste ?
De plus, on a l’impression que d’abord Dieu plante un seul arbre en Éden, puis il fait pousser d’autres arbres, et l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Quel est cet arbre en Éden ? Est-ce l’arbre de vie ? Et si oui, pourquoi le répéter ? Le texte dit que Dieu plante un arbre et fait pousser les autres arbres. Pourquoi cette différence ?
Une autre question nous vient à l’esprit : pourquoi nous est-il précisé que ce jardin est du côté de l’orient ? Dans la Bible, rien n’est écrit pour donner du style au texte, chaque mot est inspiré de Dieu.
Enfin, au verset 9, Dieu place l’homme dans le jardin et fait pousser des arbres qui sont agréables à voir et bons à manger, et Il place l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ainsi, dès le départ, Dieu a placé l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pourquoi ? Pourquoi Dieu a-t-il placé cet arbre qui va provoquer la chute de l’homme ? Et que représente l’arbre de vie ? Ces deux arbres, l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal, d’après le texte, ne sont ni agréables à regarder ni bons à manger. C’est ce que l’on comprend lorsqu’on lit ce texte rapidement. Mais quand on s’intéresse à ce qui est vraiment écrit, en hébreu, au texte original, est-ce vraiment ce qu’il est écrit ? Voyons tout cela en détail.

Ainsi, on sait que Dieu plante un arbre en Éden, et que cet arbre est régi par des lois naturelles et qu’Il sert l’Amour. Et Dieu place l’Adam, l’être humain, dans le jardin, et que cet être humain a un corps, car façonné avec de la matière, et que donc, il est soumis aux lois naturelles, biologiques, physiologiques… mises en place par Dieu – Élohim dès le commencement, et qu’il a été créé pour être en relation avec Dieu – Yahvé, dans une relation d’Amour. On retrouve la double nature de l’être humain, à la fois de nature terrestre et à la fois de nature spirituelle.

Donc, ici, on ne peut dire si Dieu a planté un arbre en Éden avant ou après la formation de l’être humain. Ce que l’on peut dire c’est qu’il s’agit d’une succession d’actions logiques, sans vraiment dire quelle action a eu lieu avant l’autre.
Revenons à notre verbe planter. Dans notre texte, il s’agit du verbe נָטַע – nata’ qui signifie planter, attacher, fixer, établir. Dans le texte, ce verbe est au radical qal, donc il garde le sens de planter et d’établir, mais au figuré. Ainsi, Dieu ne s’est pas transformé en jardinier, en plantant au sens littéral un arbre. Et l’on verra que ce qui est « planté » n’est pas un arbre, mais tout un jardin. Dieu a formé un jardin en Éden pour y placer l’homme. Il n’a pas pris sa pelle et son arrosoir, mais Il a fait pousser un jardin pour y mettre l’être humain. Tout a été fait par Dieu pour accueillir l’être humain.

Le mot גַּן – gan signifie un jardin, un enclos. Ce mot découle de la racine primaire גָּנַן – ganan qui est un verbe dont le sens est défendre, couvrir, entourer, protéger. Ainsi, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un arbre, mais de tout un jardin qui a été formé sur Éden pour protéger l’être humain, pour l’entourer d’une protection.
Regardons à présent la signification du mot עֵדֶן – èden. Il s’agit d’un nom propre locatif qui signifie plaisir, délices. Ce jardin se trouve donc en Éden, un lieu de plaisir et de délices. Analysons les trois lettres hébraïques de ce mot :

Ainsi, l’Éden est un lieu de contemplation. L’être humain y est placé pour contempler le Créateur. Cela se fait par l’esprit, qui est la porte. Et ainsi, l’être humain placé dans ce jardin d’Éden, ce lieu de plaisir, prend plaisir à contempler son Créateur, et à jouir de toute la création. C’est l’homme droit qui est avec son Créateur.
Cependant, d’emblée, on voit que l’homme peut se courber, avec ce noun, et alors, il ne peut plus être dans le jardin, car il va manquer du souffle divin, de la communication avec Dieu. Et c’est ce qu’il va se passer plus tard, avec la chute de l’homme et de la femme.
Cet être humain, placé dans le jardin d’Éden, par ce noun final, on voit déjà qu’il s’agit de l’homme et de la femme, et que les deux sont liés mystiquement, ou plus précisément, liés spirituellement. Les deux ne font qu’un, et tous deux sont liés à Dieu. Ils sont trois personnes qui ne forment qu’une seule personne. On y voit ici l’image du propitiatoire, c’est-à-dire du couvercle de l’Arche d’Alliance.
Lisons Exode 25:17-22 : « Tu feras un propitiatoire d’or pur ; sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d’une coudée et demie. Tu feras deux chérubins d’or, tu les feras d’or battu, aux deux extrémités du propitiatoire ; fais un chérubin à l’une des extrémités et un chérubin à l’autre extrémité ; vous ferez les chérubins sortant du propitiatoire à ses deux extrémités. Les chérubins étendront les ailes par-dessus, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et se faisant face l’un à l’autre ; les chérubins auront la face tournée vers le propitiatoire. Tu mettras le propitiatoire sur l’arche, et tu mettras dans l’arche le témoignage, que je te donnerai. C’est là que je me rencontrerai avec toi ; du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël. »
Les deux chérubins représentent l’homme et la femme. Ils sont placés face à face, et regardent vers le propitiatoire, qui représente Dieu. Ainsi, Dieu est au milieu d’eux, du couple. L’homme et la femme, ensembles, avec au milieu d’eux Dieu qui les guide, les conseille, les bénit. L’homme et la femme, dans l’entraide et la construction d’une famille, unis en Dieu en esprit.
Ainsi, symboliquement, le jardin d’Éden représente un état, un lieu intérieur où évolue le couple qui est en Dieu, le couple qui se construit en Dieu, qui évolue ensemble, qui regarde dans la même direction. Et c’est là qu’on y retrouve la paix, le plaisir par exemple, de fonder une famille, le plaisir de partager des choses… Aujourd’hui, à l’heure où l’on a tendance à opposer l’homme et la femme, il faut se rappeler que Dieu avait uni l’homme et la femme dans un principe d’équité et d’entraide, comme on le verra dans la suite de ces études du Livre de la Genèse.

On comprend alors que ce jardin d’Éden est un lieu de rencontre avec Dieu, un lieu qui fut présent physiquement, matériellement avant la chute, mais qui est aujourd’hui devant nous, pour un peu que l’on regarde vers Dieu.

Ainsi, Dieu place l’être humain, l’Adam, dans ce jardin, dans ce lieu de rencontre avec Dieu pour disposer du jardin. C’est maintenant à l’être humain de prendre soin de la création.

Dans le texte original en hébreu, ce mot est au nifal, et ce radical reflète une action réfléchie. Il indique et exprime une action passée dans un contexte réfléchi.
Ainsi Dieu a fait pousser ces arbres désirables afin que l’homme prenne plaisir à les voir, pour enchanter son regard, et que dans cet enchantement des sens, il y voit Dieu. Le jardin d’Éden devait être très beau à voir !

Ce mot découle de la racine primaire רָאָה – ra’ha qui est un verbe dont les sens est voir, regarder, examiner, inspecter, apercevoir, considérer. Ainsi, tous ces arbres sont très beaux à regarder, mais Dieu invite l’être humain à les examiner. Et l’on verra, plus tard dans ces études du Livre de la Genèse, que Dieu enseignait l’être humain sur la botanique, la biologique… toutes sortes de sciences. Il invitait l’Adam à regarder la création et Il l’enseignait sur tout ce qu’il voyait.

Lisons Genèse 1:10 : « Dieu appela le sec terre, et il appela l’amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. »
Dieu voit que la Terre qu’Il vient de faire apparaître, que cette action, est bonne.
Lisons Genèse 1:12 : « La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. »
Tout ce que va produire la terre est bon, les fruits des arbres, comme les plantes…
De la même manière, si on lit la suite du texte, les grands luminaires qui sont placés dans le ciel sont bons, ainsi que les animaux marins et terrestres, et ceux qui ont des ailes.
Toute la création est bonne, dans le sens טּוֹב – towb, c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé et formé est טּוֹב – towb. Et là, dans notre contexte, tout ce que les arbres vont produire en fruits est bon à manger. Il n’y a aucun fruit produit par ces arbres qui sont agréables à regarder qui est mauvais pour l’être humain, tous sont bons.
Lisons 1 Timothée 4:1-5 : « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. »

L’arbre c’est עֵץ – ets, littéralement le bois, l’arbre, et symboliquement, tout ce qui consolide, ce qui se construit. Ainsi, cet arbre de vies construit la vies et consolide la vies au pluriel, car l’être humain a la vie du corps, sa nature matérielle, et la vie de l’esprit, sa nature spirituelle.
Cet arbre de vies est au milieu du jardin. Pourquoi est-il au milieu du jardin, pourquoi pas au bord du jardin ? On se souvient que le jardin est un lieu de protection, qui entoure l’être humain.

Ainsi, on a l’image d’un arbre qui est partout dans le jardin, qui est à l’intérieur du jardin, entremêlé au jardin, faisant partie du jardin, et qui délimite les contours du jardin.
Rappelons que le jardin, c’est גַּן – gan en hébreu. C’est un lieu protégé. Et l’arbre de vies protège ce lieu.
Lisons Jérémie 11:19 : « J’étais comme un agneau familier qu’on mène à la boucherie, et j’ignorais les mauvais desseins qu’ils méditaient contre moi : détruisons l’arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants, et qu’on ne se souvienne plus de son nom ! »
Ici, il s’agit d’une prophétie, celle du complot qui s’est joué contre Jésus-Christ pour le faire pour le périr. L’agneau familier c’est Jésus-Christ, Il est l’agneau sans tache. Les mauvais se sont unis pour réfléchir à un plan afin de le faire périr. Ils ont pensé : « Détruisons l’arbre et son fruit ». L’arbre c’est Jésus-Christ, Celui qui donne la vie de l’esprit, celui qui fait vivre, et le fruit, c’est le pain qu’Il donne pour nourrir l’esprit, pour le garder vivant.

Ainsi, on comprend que la connaissance amène à faire un choix. Quelle connaissance veut-on obtenir ? Celle du bon, donc celle de Dieu. Ou celle du mal, qui procure du savoir qui mène à la souffrance, à la misère, qui enorgueilli, et qui donc, fait jaillir de mauvaises pensées.
Dieu a donné à Moïse les Tables de la Loi, que beaucoup appellent les 10 commandements, mais qu’il faudrait appeler les 10 Paroles de Dieu. Pourquoi ? Pour que l’homme ait conscience du péché, afin qu’il puisse faire un choix. L’homme a besoin de savoir ce qui est mal et ce qui est bien, afin de pouvoir faire le choix entre ce qui est bien et mal. Le monde nous pousse à la mauvaise connaissance, Dieu nous donne la bonne connaissance. Le monde nous pousse au mal, car il a fait du mal le bon. Dieu nous dit de revenir au bon, et nous donne la bonne connaissance.
On voit que dès le départ, dès le commencement, Dieu a posé toutes les bases afin que l’homme soit libre, et Il a donné à l’homme tout ce qui est bon pour qu’il puisse vivre en paix, en harmonie avec la création, dans un environnement protégé, en communication avec Lui. Le péché va rompre la communication, mais Dieu a déjà son plan pour rétablir la communication par l’incarnation de Yahvé, Jésus-Christ, Dieu dans sa relation d’Amour avec l’homme.
Que Dieu vous protège et vous bénisse.

