L’oeil, la lampe du corps

L’Évangile de Matthieu

L’œil, la lampe du corps – Matthieu 6:22-23

Le chapitre 6 est le chapitre de la prière modèle, du Notre Père. Dans ce chapitre, Jésus-Christ va revenir sur des notions essentielles qui permettent de comprendre la véritable prière, celle qui se fait dans l’intimité de sa chambre, celle qui ne répète pas les mots, celle qui ne fait pas de bruit, celle où l’on entre en dialogue véritable avec le Père. On connaît tous le Notre Père. Beaucoup le récitent par automatisme sans comprendre sa portée spirituelle. Il est temps non plus de réciter le Notre Père, mais de déclamer cette prière avec le cœur dans l’attitude et l’état d’esprit qui plaît à Dieu. 

Cette étude des versets 22 et 23 du chapitre 6 de l’Évangile de Matthieu revient sur les notions de la lampe et de la lumière, l’œil étant la lampe du corps qui va éclairer nos pensées si l’on regarde dans la bonne direction. On revient sur ce sens qui est la vue qui fait parfois tomber dans les ténèbres du paraître.

Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.

 

 

²²L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; ²³mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!

Matthieu 6:22-23, Traduction Louis Segond

Ce texte, bien sûr, a un rapport direct avec les versets précédents, les versets 19 à 21 où il est question du trésor. Que regarde-t-on ? Le trésor que l’on amasse sur terre et qui est la fausse lumière ou le trésor du ciel et donc la véritable lumière ? Le premier brille, il est clinquant, c’est le paraître, le trésor qui nourrit l’ego. Le second trésor, celui du ciel, ne peut se voir par l’œil, mais par l’esprit, et lui est véritable, car il éclaire l’esprit.

On retrouve cette même parole de Jésus-Christ en Luc 11:34-36 : « Ton œil est la lampe de ton corps. Lorsque ton œil est en bon état, tout ton corps est éclairé ; mais lorsque ton œil est en mauvais état, ton corps est dans les ténèbres. Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. Si donc tout ton corps est éclairé, n’ayant aucune partie dans les ténèbres, il sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t’éclaire de sa lumière. »

Que regarde-t-on ? Ce que l’on regarde va attirer notre convoitise. Eve, dans le Jardin d’Eden, a regardé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et par la vue, donc le sens de la vue, elle a jugé que le fruit était beau et bon à manger. Ce sens de la vue nous montre une fausse lumière, cette fausse lumière que l’on appelle le paraître. Ça paraît beau, ça paraît formidable, ça paraît bien, mais ce ne sont que des apparences. Ce ne sont que des mensonges du monde. Celui qui aime le monde ne peut aimer Dieu, car le monde est mensonge, et Dieu est Vérité.

Qui est la véritable lumière ? C’est Jésus-Christ, la Parole de Dieu faite chair. C’est donc la Parole de Dieu qui doit éclairer notre esprit, c’est la véritable lumière. L’œil est donc le moyen par lequel nous percevons la lumière. Ce que l’on regarde va soit nourrir l’ego soit nourrir l’esprit.

 

Ce mot ὀφθαλμός – ophtalmos vient du verbe ὀπτάνομαι – optanomai qui signifie voir, regarder et aussi se laisser voir, apparaître. Qui se laisse voir ? Dieu.

En grec ancien, ce mot ὀφθαλμός – ophtalmos, par analogie, désigne l’œil de la vigne, c’est à la dire le bourgeon, ainsi que le trou pratiqué sur la branche de certaines plantes pour greffer. Ainsi, ce l’on regarde va soit nous greffer au monde, soit à Dieu.

Lisons Esaïe 6:9-10 : « Et il dit : Va, et dis à ce peuple : Entendez, et vous ne comprendrez point ! Voyez, et vous ne discernerez point ! Appesantis le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles dures, et bouche-lui les yeux, en sorte qu’il ne voie point de ses yeux et n’entende point de ses oreilles, et ne comprenne point avec son cœur, et qu’il ne se convertisse point et ne soit point guéri ! »

Lisons Matthieu 13:15-17 : « Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Le texte d’Esaïe est une prophétie et Jésus-Christ revient sur cette prophétie, car elle est accomplie. Le peuple ne voit pas et n’entend pas. Le peuple a fermé les yeux. Et cela nous montre que l’œil doit être éclairé par la Parole de Dieu, et ici, pour notre exemple, des prophéties de l’Ancien Testament, car ces prophéties ont été le moyen donné par Dieu au peuple juif pour reconnaître le Messie lorsqu’Il est arrivé. Beaucoup de religieux connaissaient ces prophéties, mais peu ont ouvert les yeux et ont voulu voir le Messie. Beaucoup n’ont pas voulu entendre la Parole de Dieu, les prophéties qui annonçaient le Messie. Ils ont lu, ils ont cru entendre Dieu, mais en vérité, leur ego a tout déformé. Et lorsque le Messie est apparu dans le monde, ils ont refusé de le reconnaître.

Ceux qui l’ont reconnu, forcément, ont vu la lumière, puisque la lumière est le Christ. Ceux qui ont refusé de voir cette véritable lumière n’ont pas voulu se convertir et parce qu’ils ont refusé de se convertir, alors ils ne purent être guéris.

« Ton œil est comme la lampe… » (Luc 11.34) : cette phrase nous montre que l’œil doit être éclairé aussi par les prophéties de l’Ancien Testament, d’autant plus que ces prophéties sont l’un des moyens mis en place par Dieu pour nous donner des signes par leur accomplissement, comme Il a donné des signes de la venue du Messie.

Dans le texte original en grec ancien, les mots en et état n’existent pas. Ce sont des mots ajoutés lors de la traduction française. Littéralement, il faudrait lire : « si ton œil est bon ».

Ainsi, si l’œil est entier, si l’œil est simple, c’est-à-dire s’il n’y a aucune dualité, si l’on ne regarde pas dans plusieurs directions, si l’on fixe son regard sur Dieu, alors le corps est éclairé.

Ainsi, si l’on regarde dans une seule direction, la direction de Dieu, alors tout notre corps est éclairé.

 

Dans le texte original en grec ancien, les mots en et état n’apparaissent pas. C’est l’œil qui est mauvais et pas l’état de l’œil qui est mauvais.

Ainsi, le πονηρὸς – poneros n’est pas seulement celui qui est mauvais, c’est aussi celui qui est dans la souffrance et dans la privation. On retrouve ce mot dans la prière du « Mon Père » : « Délivre-moi du mauvais », c’est-à-dire des privations, des contrariétés, de la fatigue, de la peine.

Ainsi, celui qui est méchant et aussi celui qui est rempli de contrariétés, qui est dans la peine, qui est fatigué est dans l’obscurité, il est couvert de ténèbres. Qu’est-ce qui remplit de contrariétés ? Qu’est-ce qui peut nous faire plonger dans l’angoisse ? Les soucis du monde, une facture à payer, l’état de son compte en banque, les bruits de guerre, les mensonges répétés en boucle par les médias…

On comprend alors que si mon œil regarde à toutes ses choses, si je me focalise sur toutes ces choses, cela provoque des angoisses, des privations, de la peine… et alors, je marche dans l’obscurité, courbé sous le poids des mensonges du monde.

Ainsi, ce que l’on regarde va soit nourrir l’esprit, soit l’ego. Si l’on regarde les choses du monde, on va voir la fausse lumière du monde, et cela va engendrer des privations, des angoisses, de la peine… Par exemple, on va voir la très belle tenue clinquante d’une star du cinéma, sa très belle silhouette, et l’on va se comparer, et cela va nous causer de la frustration. On va regarder le paraître, l’image, alors qu’il faudrait regarder l’esprit, ce qui ne se voit pas, ce qui est au-delà de l’apparence. Sur les réseaux sociaux, par exemple, les influenceurs montrent une image d’eux-mêmes, une image qui à première vue brille, mais ce n’est pas la vérité. Il faut savoir regarder au-delà du paraître, au risque que ce paraître provoque de la privation en nous, de l’angoisse, de la peine, de la jalousie, de l’envie, et parfois même de la haine.

Dans le monde, tout est une histoire de mise en scène, de mensonges, de paraître. Sachons regarder la véritable lumière, la Parole de Dieu, Jésus-Christ. Sachons voir au-delà des apparences. La lumière de Dieu se laisse voir à celui qui veut voir. Que veut-on voir ?

Lisons 2 Corinthiens 11:3 : « Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. »

Eve a regardé la fausse lumière, elle a vu le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et elle a jugé que ce fruit était beau et bon à manger. Beaucoup, dans ce monde, se montrent sous un visage agréable, bien habillé, stylé, et arrivent avec de beaux discours qui flattent l’oreille. Mais tout ceci n’est que paraître et mensonge. Si l’on regarde à travers la lumière de Dieu, on remarquera tout de suite la supercherie.

Comme déjà dit lors des précédentes études, les pharisiens avaient de beaux vêtements et aimaient les premières places. Ils aimaient qu’on les regarde et ils se mettaient souvent en scène pour attirer l’attention. Ils avaient l’apparence de la piété, mais n’en avaient que l’apparence. Au-dedans, ils étaient pleins de rapine et de méchancetés. Ce qui claque aux yeux de monde n’est pas forcément bon. On fait des spectacles, on en met plein la vue avec des processions et des cérémonies, on en met plein la vue avec les tenues ou même le décor, mais tout ceci n’est que de la fausse lumière. Regardons d’abord vers Dieu, à travers la Parole de Dieu, la véritable lumière, et alors on pourra discerner la fausse lumière.

Lisons Esaïe 5:20 : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume ! »

Dans le monde, tout est inversé. Le bien est appelé le mal et le mal est appelé le bien. La fausse lumière est partout, elle se montre, elle s’affiche, elle veut qu’on la voit, elle est agressive. À nous de fixer notre regard sur la véritable lumière, celle qui éclaire tout homme qui marche avec Dieu.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

Pour visionner cette étude sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist

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