Psaume 4 – Partie I

Psaume 4 – Partie I

Versets 2 et 3 – Le témoignage

Nous avions vu en introduction que ce psaume 4 était un chant orchestré par Dieu, un psaume qui devait se chanter avec les instruments à cordes. Et nous avions vu que ce chant psalmique comportait trois parties délimitées par deux pauses. Dans cette étude, nous allons nous pencher sur la première partie du psaume 4, et nous verrons que les deux premiers versets sont en vérité un témoignage.

 

Relisons les versets 2 et 3 du psaume 4

²Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi! Aie pitié de moi, écoute ma prière!

³Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée? Jusques à quand aimerez-vous la vanité, chercherez-vous le mensonge? — Pause.

Psaume 4:2-3, Traduction Louis Segond

Lisons ces mêmes versets selon la traduction de la Bible Juive complète de David H. Stern 

²Ô Dieu, mon défenseur ! Réponds-moi lorsque j’appelle ! Lorsque j’étais dans la détresse, tu m’as libéré : maintenant, aie pitié de moi et entends ma prière.

³Hommes de rang, combien de temps jetterez-vous l’opprobre sur mon honneur ? Combien de temps aimerez-vous ce qui est vain et poursuivrez-vous des mensonges ? (Sélah)

On remarque, entre les deux traductions, de nombreuses différences, notamment des différences de sens. Au verset 2, le verbe crier choisi par Louis Segond devient le verbe appeler dans la traduction de Stern. Le sens de ces deux verbes n’est pas le même, il y a une différence entre crier et appeler. De la même manière, le Dieu de la justice de la traduction Segond devient le défenseur chez Stern. Et chez Segond, David dit que Dieu l’a sauvé, alors que chez Stern, Dieu l’a libéré.

On note aussi des différences au verset 3. En effet, Louis Segond parle de fils des hommes, alors que Stern préfère le terme d’hommes de rang. De la même manière, alors que Louis Segond fait référence à la gloire de Dieu, Stern fait référence à l’honneur de Dieu. Louis Segond parle de l’amour de la vanité, alors que David Stern parle de l’amour de ce qui est vain. Il y a une différence entre la vanité et ce qui est vain. Et, enfin, alors que Louis Segond préfère le mensonge au singulier, David Stern met le mot au pluriel, et fait sous-entendre qu’il a plusieurs mensonges.

Toutes ces différences doivent nous alerter. Voyons tout cela en détail.

 

L’adverbe « quand » mis en début de phrase dans la traduction n’existe pas dans le texte originel en hébreu. D’ailleurs, il n’apparaît pas dans la traduction de David Stern.

Il s’agit donc du fait d’appeler quelqu’un pour venir, d’appeler Dieu à l’aide. Dans certains textes bibliques, ce verbe a été traduit par invoquer. Invoquer Dieu pour obtenir son aide.

Littéralement, il faudrait lire « Écoute ma prière, car je témoigne dans ma prière. »

En vérité, ce n’est pas un cri ni une demande. C’est un témoignage. Par ce chant, David commence par dire qu’il est témoin de Dieu. Quand il appelle Dieu, il témoigne que Dieu lui répond, et que Dieu lui a toujours répondu. Il témoigne de l’action de Dieu dans sa vie. Il témoigne de sa libération, de ce que Dieu a déjà opéré dans sa vie, et donc, il témoigne de sa confiance qu’il a placée en Dieu et il témoigne de la Puissance de Dieu dans sa vie.

David témoigne de l’action de cette Justice dans sa vie. Il témoigne du Dieu qui l’a rendu juste.

Ainsi, cette détresse, c’est de l’angoisse, le fait de se sentir oppressé, et aussi le fait de s’obstiner dans le péché, s’obstiner dans son ego.

L’angoisse est quelque chose qui fait se replier sur soi, se courber. L’obstination du cœur donne une vision étroite des choses, la vision que l’on s’est construite. Dieu élargit notre vision des choses, Il fait que nous cessions de regarder avec des œillères, et Il élargit notre perception des choses, nos pensées, afin de sortir de l’angoisse. C’est cela la délivrance, le fait de ne pas se sentir étroit dans nos pensées, comme si l’on suffoque à l’intérieur de nous. Dieu libère l’esprit et le rend libre.  

Et David témoigne que lorsque l’angoisse l’assaille, lorsqu’il se sent oppressé, lorsque des ennemis se sont levés contre lui, alors il s’est tourné vers Dieu qui l’a délivré, qui a fait cesser son angoisse, qui lui a fait voir les choses autrement, qui lui a fait voir la vérité.

Et comme le verbe est à l’impératif, on comprend que David témoigne que chaque fois où il était plongé dans l’angoisse, chaque fois qu’il s’est senti oppressé, Dieu l’a libéré, l’a fait grandir, a élargi sa vision des choses. Ce sont des expériences que David a vécues, et parce qu’il les a vécues, il sait que Dieu agira toujours ainsi dans sa vie, tant qu’il marche avec Dieu. Il témoigne que Dieu est puissant et qu’Il peut tout, que Lui seul peut délier une situation qui semble inextricable.

En effet, lorsque nous faisons face à un problème, on a souvent tendance à nous replier sur nous-mêmes, à croire qu’il n’y a aucune solution, ou à chercher une solution humaine, et à force, rien ne se passe ou on s’y perd et on plonge encore plus dans l’angoisse. Dieu nous montre sa solution, Il élargit notre vision des choses, afin que l’on puisse voir la Lumière.

Ainsi, David ne demande pas à Dieu d’écouter sa prière, ce n’est pas une interpellation. Il affirme que Dieu entend, écoute avec attention ses prières. C’est une affirmation et non une interpellation.

Maintenant, regardons ce que dit David aux « fils des hommes » après son témoignage à Dieu.

 

Et que dit-il aux dirigeants des peuples, à ceux qui soulèvent le peuple contre lui ? Déjà, il leur a donné son témoignage : Dieu est avec lui, et personne ne peut rien contre celui que Dieu protège.

Ainsi, David dit aux chefs, aux dirigeants, littéralement, jusqu’à quand ils outrageront le reflet, les effets de la gloire de Dieu dans sa vie.

Ainsi, après son témoignage, David interpelle ceux qui se sont érigés en chefs, ceux qui dirigent, en leur disant : « vous avez vu tout ce que Dieu a accompli pour moi. Jusqu’à quand allez-vous continuer à outrager les effets de la gloire de Dieu dans ma vie, jusqu’à quand allez-vous refuser de voir les effets de la gloire de Dieu dans ma vie. »

De nombreux prophètes ont pu dire la même chose que David. Dieu a envoyé ses prophètes, et les chefs religieux n’ont pas voulu voir la gloire de Dieu dans ces « envoyés », et ont insulté cette gloire de Dieu en tuant, ou en emprisonnant ou en refusant d’écouter ces prophètes.

La vanité, en hébreu רִיק – riyq, est littéralement le vide, la vanité, inutile, vain. Ainsi, les deux traductions sont justes et se complètent. En effet, il est inutile d’outrager, de nier, les effets de la gloire de Dieu dans la vie du juste, et le fait de faire cela est de la vanité. C’est de l’orgueil de refuser de voir les effets de la gloire de Dieu dans la vie d’un juste, et pire encore de railler ces effets, de se moquer de ces effets dans la vie du juste.

David témoigne des effets de la gloire de Dieu dans sa vie, et pourtant, des personnes continuent à ne pas vouloir accepter cette vérité, et à se moquer de ce témoignage.

Ainsi, David dit à tous ces hommes qui agissent ainsi, qui se moquent, qui refusent ce témoignage qu’ils se trompent, qu’ils préfèrent le mensonge à la vérité.

Le juste qui marche avec Dieu marche à contre-courant du monde. Il est vu, par ceux du monde, par ceux qui refusent de voir les effets de la gloire de Dieu dans sa vie, comme quelqu’un de fou, d’insensé. Alors qu’au contraire, le juste est dans son bon sens, ce sont ceux qui vivent dans le mensonge qui ne sont pas dans leur bon sens. Combien se moquent des justes parce qu’ils ne pensent pas à la façon du monde ?

Faisons comme David, témoignons et interpellons, et Dieu fera le reste.

Lors de la prochaine étude, nous verrons la seconde partie de ce psaume, les 4 et 5, une seconde partie où David invite toutes les personnes qui vivent dans le mensonge à la réflexion.

Soyez bénis.

 

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