Psaume 6 – Introduction

Le psaume 6 est un chant de délivrance, le chant de délivrance du repentant qui reconnaît sa faute et qui a peur d’être abandonné par Dieu devant cette faute. Le psaume 6 dépeint le combat intérieur d’un enfant de Dieu qui a peur de regarder sa faute en face, alors que Dieu la met en lumière. Le psaume 6 n’est pas un psaume prophétique. Il décrit la douleur intense qui accable celui qui est mis face à la Vérité et qui se rend compte de son état misérable, de sa culpabilité.

 

Lisons le psaume 6

¹Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Sur la harpe à huit cordes. Psaume de David.

²Éternel! ne me punis pas dans ta colère, et ne me châtie pas dans ta fureur.

³Aie pitié de moi, Éternel! Car je suis sans force; guéris-moi, Éternel! Car mes os sont tremblants.

⁴Mon âme est toute troublée; et toi, Éternel! Jusques à quand?

⁵Reviens, Éternel! Délivre mon âme; sauve-moi, à cause de ta miséricorde.

⁶Car celui qui meurt n’a plus ton souvenir; qui te louera dans le séjour des morts?

⁷Je m’épuise à force de gémir; chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes, mon lit est arrosé de mes pleurs.

⁸J’ai le visage usé par le chagrin; tous ceux qui me persécutent le font vieillir.

⁹Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal! car l’Éternel entend la voix de mes larmes;

¹⁰L’Éternel exauce mes supplications, l’Éternel accueille ma prière.

¹¹Tous mes ennemis sont confondus, saisis d’épouvante; ils reculent, soudain couverts de honte.

Psaume 6, Traduction Louis Segond

Lorsqu’on lit ce texte dans sa traduction française, littéralement, on a l’impression que l’on est devant un Dieu qui punit, un Dieu colérique qui châtie dans la fureur. Les mots sont forts et l’on a l’impression qu’ils ont été choisis pour nous percuter de plein fouet, pour nous dire : attention, Dieu est colérique et Il te punit si tu fais le mal !

Lorsqu’on lit littéralement ce texte dans sa traduction française, on a l’impression que David supplie Dieu de ne pas lui faire de mal ! Est-ce possible ? D’autant plus que cela est incompatible avec 1 Jean 1:5 : « Et c’est ici le message que nous avons entendu de lui, et que nous vous annonçons : Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres » et Jacques 1:13 : « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne ».

En Dieu, il n’y a aucun mal, et donc Dieu ne peut être tenté par le mal. Non seulement Dieu n’est pas tenté par le mal, mais Il ne tente personne. Dieu n’est pas l’auteur de la tentation. Et Dieu ne châtie personne, Il ne punit pas. On se punit seul lorsqu’on fait le mal, et on est donc responsable de notre propre douleur, de notre propre mal.

Et l’on verra que ce qui est traduit ne reflète pas le sens véritable de ce qui a été écrit par David. Ce psaume est effectivement le psaume de la repentance, et cela les premiers chrétiens l’avaient compris puisqu’ils l’utilisaient en ce sens. Ce psaume décrit la repentance d’un homme qui se sait coupable d’avoir offensé Dieu, mais qui a peur de cette vérité, qui a peur de réaliser le mal qu’il a fait, et qui a peur d’être abandonné par Dieu. Et on verra, dans la suite de ces études, que c’est encore plus profond que cela, car ce psaume, en vérité, met en évidence quelque chose dont on parle très peu, quelque chose que l’on tend à cacher : sa responsabilité.

Trop souvent, on parle des ennemis, c’est la faute de nos ennemis si l’on chute, ou du diable ou de Satan. On rejette sa propre faute sur quelqu’un d’autre par peur d’affronter notre propre responsabilité. Or, on est responsable de notre faute, et ce psaume nous met face à cette vérité. Il nous dit qu’il est inutile de chercher un responsable, puisque nous sommes responsables de notre situation. Il nous met face à nous même. Et cela va devenir évident au fil de nos études.

David est dans la douleur, cette douleur que l’on ressent lorsqu’on est devant la vérité crue, la véritable vérité, et qu’on doit la regarder en face cette vérité. C’est cette douleur qui est perçue comme la colère de Dieu, alors qu’en fait, elle découle du fait de se voir soi-même, d’être mis face à soi-même. Il est très difficile de concevoir sa faute, la responsabilité de sa faute. Le plus souvent, on se cherche des excuses ou un coupable. Ce n’est pas de ma faute, c’est à cause de… Or, là, David est mis face à lui-même : c’est de ma faute. Et il prend conscience de sa responsabilité. Il a péché contre Dieu, et cette vérité lui fait mal. David a peur, car il sait qu’il ne peut réparer. Il a peur de s’éloigner de Dieu à cause de sa faute.

Rappelons que le psaume est un chant, et ce psaume précisément est un chant accompagné d’instruments de musique décrits au verset 1. Relisons ce verset introductif :

On a déjà rencontré cette même formule lors de l’étude des psaumes 4 et 5, et nous avions dit que le chef des chantres, parfois traduit par le chef de chœur, est le chef d’orchestre qui surveille la mélodie afin que tout soit en accord. Le chef d’orchestre c’est Dieu qui donne le ton, la vibration, pour le chant. Et l’on sait que c’est David qui a composé le psaume sous la directive de Dieu, donc sous l’inspiration de l’Esprit Saint.

On se souvient qu’au psaume 5, la musique était composée sur les instruments à vent, et au psaume 4, sur les instruments à cordes, et l’on avait mis en évidence l’importance de ces intonations, de ces vibrations. En effet, au psaume 5, les instruments à vent symbolisent le brouhaha du monde, le bruit du monde. C’est le bruit du monde qui nous parvient de tous les côtés, comme le vent qui souffle, et qui nous assourdit. De toute part, David est assailli par le bruit des paroles mensongères de ceux du monde. Au psaume 4, il s’agit d’instruments à cordes, et nous avions dit que ce psaume est une louange à l’Éternel, un chant à la gloire de Dieu.

Au psaume 6, on est sur des instruments à cordes, donc, il s’agit d’un chant de louanges. C’est une musique jouée sur des instruments à cordes qui accompagnent cette louange. Mais, on nous précise qu’il s’agit de la harpe à 8 cordes. Et ce mot, en hébreu, est assez particulier.

On remarque qu’il y a un petit losange sur la lettre נ – noun. Ce petit losange est un signe de cantillation qui montre quelque chose qui descend. On descend dans le ton, dans l’octave. Il s’agit donc bien d’un chant qui se chante avec une voix au ton bas, et qui descend dans le ton suivant huit notes. Et ce ton est tout à fait désigné pour un chant de repentance. Ce ton montre que la position de voix de David est très basse, comme si son esprit était plongé dans les ténèbres. Et on va voir que, petit à petit, il va remonter. L’intonation de sa voix va remonter.

Ainsi, on sait, rien qu’au ton qui est donné dès le début, qu’on est dans une position basse, comme une lamentation. On a l’image de quelqu’un qui n’arrive pas à se relever, qui est courbé. Et l’on va voir, dans la suite de nos études, pourquoi David est courbé, pourquoi il se tient dans la douleur, et comment il va se relever.

Nous allons étudier ce psaume en 4 parties :

⇒ Partie I – Versets 2 à 4 – Le cri de détresse

⇒ Partie II – Versets 5 et 6 – Appel à l’aide

⇒ Partie III – versets 7 et 8 – Acceptation de la faute

⇒ Partie IV – Versets 9 à 11 – La délivrance

Et à la fin de ces études, nous terminerons par donner une conclusion globale du psaume en le recentrant dans la Parole de Dieu, et nous en donnerons une lecture sémantique.

Rendez-vous à la prochaine étude, la Partie I, où nous verrons l’expression de la souffrance de David.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

Pour écouter cette étude sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist

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