L’Évangile de Matthieu
Le véritable enseignement – Matthieu 7:28-29
Le chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu se trouve dans la continuité directe du chapitre 6, c’est la suite du discours de Jésus-Christ, la continuité de son enseignement, où Jésus-Christ explicite différentes notions spirituelles importantes, comme le discernement, le jugement, les choses saintes, la prière, la porte étroite qui mène au Père, les faux prophètes, la mise en pratique de la Parole de Dieu.
Les deux versets de cette étude clôturent les chapitres 6 et 7 et concluent le discours de Jésus-Christ, deux versets que l’on pourrait lire rapidement, mais qui en vérité sont d’une grande importance, car ils montrent l’immuabilité de Dieu.
Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.
Lisons les versets 28 et 29 du chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu
²⁸Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; ²⁹car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes.
Matthieu 7:28-29, Traduction Louis Segond
Nous avions vu, lors de l’étude précédente, que Jésus-Christ opère une distinction entre ceux qui entendent la Parole de Dieu et la mettent en pratique, et ceux qui l’entendent et ne la mettent pas en pratique. Les premiers construisent leur maison sur le roc, ils sont inébranlables. Les seconds construisent leur maison sur le sable, et entrent dans un processus de destruction. D’un côté, il y a une écoute attentive de la Parole de Dieu avec des effets visibles d’une mise en pratique de la Parole de Dieu. Il s’agit de ceux qui sont dans le Royaume des Cieux. De l’autre côté, on a une écoute peu attentive et circonstancielle de la Parole de dieu, et les effets de cette attitude sont aussi visibles, puisqu’il n’y a aucune construction solide.
Jésus-Christ a mis en évidence deux attitudes distinctes et différentes parmi les croyants. Certains ont accepté Jésus-Christ comme leur Sauveur et Seigneur, ce sont ceux qui mettent en pratique la Parole de Dieu. Ce sont ceux qui ont la foi et qui sont dans le Royaume des Cieux. D’autres ont accepté Jésus-Christ comme leur Sauveur, et sont restés à ce stade. Ce sont ceux qui sont restés dans le Royaume de Dieu, sans chercher à connaître Dieu, sans chercher à s’établir dans une véritable relation avec Dieu, sans chercher à marcher avec Dieu. Ceux-là ont bâti leur maison sur le sable. Ils ont écouté la Parole de Dieu, ont pris ce qui les arrangeait, rejeté le reste.
Ainsi, tout le discours de Jésus-Christ s’adresse à des croyants, à ceux qui cherchent Dieu, à ceux qui sont dans la religion, avec pour seule conclusion, celle de suivre uniquement Jésus-Christ, la Parole de Dieu. Tous ceux qui sont venus écouter le discours de Jésus-Christ sont venus soit parce qu’ils cherchaient un sauveur, soit parce qu’ils cherchaient un guérisseur, soit parce qu’ils étaient dans l’attente du Messie, par curiosité aussi, ou, comme ce fut le cas pour les pharisiens, pour trouver une faille dans son enseignement. Qu’ont-ils trouvé ? Une doctrine nouvelle qui frappe les esprits, un enseignement en opposition à de nombreux enseignements religieux, et surtout une autorité qui interpelle dans cette manière d’enseigner par rapport aux scribes.
Que signifie cette façon d’enseigner « comme ayant autorité », que n’ont pas les scribes ? Et parce que l’on termine par cette phrase-là, une phrase où il est question des scribes, cela renforce le fait que le discours de Jésus-Christ est adressé à ceux qui sont dans la religion, celle de son époque bien sûr, mais pas seulement, puisque la Parole de Dieu est intemporelle. Les scribes d’hier sont ceux qui interprètent les Écritures aujourd’hui. Cependant, on pourrait se poser la question du pourquoi Jésus cible particulièrement les scribes ? Parce que l’on se souvient que l’Évangile de Matthieu s’adresse avant tout aux religieux juifs, ceux qui connaissent l’Ancien Testament et qui attendent un Messie. Et par extension, aujourd’hui, il s’adresse aussi à tous les croyants qui connaissent Jésus-Christ et l’ont reconnu comme leur Sauveur, afin de leur montrer que Jésus-Christ est Sauveur et Seigneur.
Voyons tout cela en détail.

Καὶ – kai est une conjonction que l’on peut traduire par et, mais aussi, en effet, même.
Cette conjonction est suivie du verbe γίνομαι – ginomai qui est conjugué à l’aoriste et la voix moyenne dans le texte. L’aoriste montre que l’action est ponctuelle. Ce temps est utilisé pour exprimer un évènement achevé ou un changement d’état. Et la voix moyenne est proche de la voix passive en français, dans le sens où elle exprime une action subie par le sujet sans son intervention active. Cette voix, dans la Parole de Dieu, est souvent utilisée pour exprimer l’action du Saint Esprit.
Le verbe γίνομαι – ginomai signifie devenir, se produire, avoir lieu, se manifester.
Habituellement, cette formule καί ἐγένετο – kai egeneto est traduite par la formule « et il arriva que », et c’est ainsi que l’on devrait la comprendre.
Ainsi, après le discours de Jésus, il arriva que la foule fut frappée par son enseignement. Ce qui signifie que les paroles prononcées par Jésus-Christ lors de son discours ont frappé ceux qui les ont entendues, dans le sens que ces paroles ont eu une résonance particulière en eux, en négatif ou en positif. Ce qui est normal, puisque la Parole de Dieu a toujours de l’effet sur celui qui entend.

Ainsi, ce qui a été traduit par « discours » dans le texte en français, est la Parole de Dieu. Jésus a terminé, ce jour-là, de délivrer la Parole de Dieu. Et bien sûr, ces Paroles sont l’enseignement de Dieu pour l’homme, des Paroles qui construisent l’homme, qui le font grandir spirituellement, qui l’édifient. Et chaque Parole aura son effet, produira son effet, car aucune Parole de Dieu est stérile.

Ainsi, il n’y a pas une seule foule, mais plusieurs foules autour de Jésus-Christ, plusieurs regroupements de personnes qui se sont attroupés autour de Jésus-Christ pour écouter ses paroles, des groupes de personnes qui viennent de partout, qui ne se connaissent pas forcément, qui symbolisent, dans son sens large, les peuples des nations. Les gens qui se sont déplacés pour entendre les paroles de Jésus-Christ viennent de nombreuses villes et villages, de partout. Ainsi, cela montre que Jésus-Christ parle à tout le monde, d’une manière individuelle, à chacun d’entre nous, peu importe notre pays d’origine, nos croyances, nos religions…

Le verbe ἐκπλήσσω – ekplesso signifie frapper, expulser avec coup, mettre dehors, jeter dehors, mettre à la porte, choquer, étonner, être frappé de stupeur, abattre en frappant (en parlant de la foudre), frapper de stupeur, d’admiration, de crainte, avoir l’esprit frappé, étonné, troublé, être étonné, troublé ou effrayé.
En vérité, les personnes qui se sont regroupées autour Jésus-Christ et ont écouté ses Paroles sont frappées de stupeur pour certaines, d’autres sont étonnées, d’autres sont choquées, d’autres sont admiratifs, d’autres sont troublées. Chacun a réagi à sa manière en entendant la Parole de Dieu. La Parole de Dieu frappe les esprits, elle expulse nos mauvaises pensées, elle remet de l’ordre à l’intérieur de nos pensées, elle édifie, provoque en nous des réactions, parfois d’étonnement, parfois elle nous trouble, mais elle provoque toujours un effet, une réaction. Certains vont la rejeter, d’autres vont être édifiés, délivrés, apaisés.

Avoir traduit ce mot διδαχή – didache par doctrine est préjudiciable, car Jésus-Christ donne un enseignement, l’enseignement de Dieu, la vérité. Il ne crée pas une nouvelle doctrine, basée sur des croyances ou une interprétation de la Parole de Dieu. Il dit la Vérité, Il enseigne sur la Vérité.
Avoir fait le choix du mot doctrine pour traduire le mot διδαχή – didache induit le lecteur en erreur, car il donne à penser que Jésus-Christ est en train, ici, d’établir les bases d’une nouvelle religion, avec des règles et des rituels. Or pas du tout ! Il instruit en vérité, sur la véritable science de Dieu. Et c’est pour cela que son enseignement frappe les esprits, car on sort totalement du domaine religieux, et la Parole de Vérité s’oppose aux mensonges du monde, à l’instruction religieuse que l’on a pu avoir, à nos avis parfois, à nos opinions, et aux doctrines religieuses.

Le verbe διδάσκω – didasko signifie instruire, apprendre, enseigner. Et donc, Jésus-Christ enseignait, instruisait avec autorité.

Ainsi, Jésus-Christ procurait un enseignement libre, loin des doctrines habituelles, des croyances habituelles, et il donnait cet enseignement avec puissance, avec pouvoir. Contrairement aux scribes, qui n’enseignaient pas avec autorité.

Ainsi, les scribes se réunissaient pour débattre de ce qu’ils avaient compris sur les Écritures et pour établir une doctrine. Et ils enseignaient le peuple sur leurs interprétations des Écritures. Cependant, ils n’enseignaient pas avec autorité, c’est-à-dire avec puissance.
Forcément, puisque Jésus-Christ affirme des choses, Il délivre la Vérité qui est immuable et Il le fait d’une manière catégorique, car la Vérité ne peut être discutée. La Vérité ne s’adapte pas en fonction de ses croyances, des évènements, du cadre social, ni aux personnes. Elle est toujours la même, et elle traverse les époques sans jamais dévier ni à gauche ni à droite pour s’adapter aux époques. Contrairement à l’enseignement des scribes, et par extension, aux doctrines religieuses qui s’adaptent en fonction des époques, en fonction des débats.
L’enseignement de Jésus-Christ, la Parole, est immuable, il ne change pas, et il traverse toutes les époques, s’adresse à chacun de nous, et est le même pour tout le monde. C’est la Vérité Absolue, celle qui délivre, celle qui édifie, celle qui fait tomber toutes les doctrines, les croyances humaines, les fausses réflexions humaines, les interprétations erronées, les faux prophètes.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.

