Psaume 7 – Partie III

Psaume 7 – Partie III – Étude des versets 4 à 6

Souvenirs du passé

Nous avions vu, en introduction, que le psaume 7 devrait s’intituler « La prière du juste rongé par les regrets ». Nous avions expliqué, toujours en introduction, que David est angoissé, car il ne comprend plus le Plan de Dieu, il ne comprend pas pourquoi le roi Saül en veut à sa vie.

Dans la première partie, nous nous sommes penchés sur le verset 2 de ce psaume, verset qui montre que David place sa confiance en Dieu et qu’il se place sous la protection de Dieu, et il peut dire « j’ai entendu ».

Dans la seconde partie, nous avons vu qu’après avoir entendu le Plan de Dieu, David peut alors exprimer sa délivrance, car s’étant réfugié dans l’Éternel, il s’en remet totalement à Dieu.

Dans cette troisième partie, David va résumer un peu tout ce qu’il s’est passé dans sa vie, et donc, tout ce que Dieu a opéré sur lui, toutes les délivrances passées.

Relisons les versets 4 à 6 :

⁴Éternel, mon Dieu ! si j’ai fait cela, s’il y a de la méchanceté dans mes mains, ⁵j’ai rendu le mal à celui qui était en paix avec moi (mais j’ai délivré celui qui me pressait sans cause), ⁶que l’ennemi poursuive mon âme et l’atteigne, et qu’il foule à terre ma vie, et qu’il fasse demeurer ma gloire dans la poussière. Sélah.

Psaume 7:4-6, Traduction Darby

Dans ces versets, David épanche son cœur devant Dieu. On remarque qu’il se souvient de deux personnes, la personne qui était en paix avec lui, c’était Jonathan qui est mort, et David s’en veut de sa mort, il culpabilise, même si en vérité, il n’y est pour rien. Puis, il y a une seconde personne, celle qui le pressait sans cause. Il s’agit ici de Saül qui a opprimé David sans cause. Et David s’en veut, il s’en veut d’avoir fait naître dans le cœur de Saül cette haine envers lui, il s’en veut qu’à cause de cette haine, Jonathan a perdu la vie. Et David pleure son ami Jonathan, fils de Saül, qui était comme un frère pour lui, et il pleure le roi Saül, qu’il considère toujours comme l’oint de Dieu. Il s’en veut terriblement de la perte de ces deux hommes qu’ils aimaient.

Et finalement, ces tragédies resteront comme des échardes dans son cœur. Ce sera une douleur qui reviendra toujours, surtout dans les moments de fatigue ou de faiblesse, une cicatrice qui ne se refermera jamais. Et David y pensera toujours, et il y aura toujours de la peine, et il pensera toujours qu’il aurait pu éviter ces drames.

Cette douleur qu’éprouve David rappelle celle de Paul qui demandait à Dieu d’éloigner cette écharde qu’il avait dans son cœur.

Lisons 2 Corinthiens 12:7-9 : « Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. »

Certains commentateurs pensent que Paul, lorsqu’il parle de l’écharde qu’il a dans la chair, parle en réalité de ses problèmes au niveau des yeux. Mais si l’on réfléchit un peu, et qu’on lit la suite de sa lettre, cela ne peut pas être un problème physique. En effet, Paul parle d’un démon qui vient lui souffleter et lui rappeler continuellement cette écharde. Donc, le problème est spirituel. En vérité, Paul a toujours en mémoire le mal qu’il a fait lorsqu’il persécutait les chrétiens. Et ce souvenir est quelque chose de terrible pour lui. Et il revient surtout dans les moments de fatigue, ce chuchotement qui lui dit qu’il n’est pas digne d’être un apôtre de Christ, puisqu’il a persécuté les disciples de Christ. Cette écharde, et Paul le dit lui-même, est dans sa chair pour lui éviter de s’enfler d’orgueil en lui rappelant constamment ce qu’il a été capable de faire dans le mal.

Et là, pour David, c’est la même chose qui le tiraille, le même chuchotement, qui va revenir sans cesse, afin que dans cette douleur, ce soit la puissance de l’Éternel qui va reposer sur lui.

 

Ici, concrètement, David demande à Dieu d’examiner ses paumes, c’est-à-dire ses œuvres, et d’y voir s’il y a de l’injustice, ou si on aurait faussement imputé à sa charge des œuvres injustes. David fait ici appel à Dieu pour juger de son innocence à un crime particulier qui lui est imputé, à une rumeur que l’on a répandue à son sujet, celle qu’il souhaitait tuer le roi Saül.

Cela on peut le lire en 2 Samuel 24:10-13 : « David dit à Saül : Pourquoi écoutes-tu les propos des gens qui disent : Voici, David cherche ton malheur ? Tu vois maintenant de tes propres yeux que l’Éternel t’avait livré aujourd’hui entre mes mains dans la caverne. On m’excitait à te tuer ; mais je t’ai épargné, et j’ai dit : Je ne porterai pas la main sur mon seigneur, car il est l’oint de l’Éternel. Vois, mon père, vois donc le pan de ton manteau dans ma main. Puisque j’ai coupé le pan de ton manteau et que je ne t’ai pas tué, sache et reconnais qu’il n’y a dans ma conduite ni méchanceté ni révolte, et que je n’ai point péché contre toi. Et toi, tu me dresses des embûches, pour m’ôter la vie ! L’Éternel sera juge entre moi et toi, et l’Éternel me vengera de toi ; mais je ne porterai point la main sur toi. »

Ainsi qu’en 1 Samuel 26:17-19 : « Saül reconnut la voix de David, et dit : Est-ce bien ta voix, mon fils David ? Et David répondit : C’est ma voix, ô roi, mon seigneur ! Et il dit : Pourquoi mon seigneur poursuit-il son serviteur ? Qu’ai-je fait, et de quoi suis-je coupable ? Que le roi, mon seigneur, daigne maintenant écouter les paroles de son serviteur : si c’est l’Éternel qui t’excite contre moi, qu’il agrée le parfum d’une offrande ; mais si ce sont des hommes, qu’ils soient maudits devant l’Éternel, puisqu’ils me chassent aujourd’hui pour me détacher de l’héritage de l’Éternel, et qu’ils me disent : Va servir des dieux étrangers ! »

Finalement, on comprend que ce sont des personnes qui ont fait croire à Saül que David voulait le tuer, ce sont des personnes qui ont monté Saül contre David. Et là, David demande à Dieu de regarder au plus profond de son cœur s’il y voit une once de pensées mauvaises contre Saül.

Bien sûr, David parle du roi Saül, qui le pressait sans cause, et aussi de Jonathan, qui était en paix avec lui. Là, il s’agit d’une douleur profonde que David garde en lui comme une écharde, car il se sent responsable de la mort de Jonathan, fils de Saül. Et il demande à Dieu de regarder au plus profond de son cœur si David a fait quelque chose pour provoquer la mort de son fidèle ami.

 

Littéralement, David exprime le fait d’avoir récompensé par de la souffrance celui qui était paisible avec lui. Ici, il s’agit bien de Jonathan.

Dans le texte, ce verbe est au radical piel, et il est conjugué à la première personne et à la troisième personne féminine de l’imparfait. On a donc deux sujets pour ce verbe, lui même, David, et sa main. Finalement, ici, David parle à la fois de ses pensées, donc ses intentions, et à la fois de ses œuvres.

Le verbe חָלַץ – chalats prend le sens d’enlever, tirer, retirer, armer, sauver, être sauvé, rendre fort, fortifier, être délivré, rendre libre. Le radical piel est un intensif du radical qal. Il est utilisé pour exprimer une action répétée ou étendue, ou encore une action plus forte et plus significative que celle du qal.

En vérité, ici, David demande à Dieu de regarder à l’intérieur de son cœur s’il y voit l’orgueil de celui qui veut délivrer un adversaire, de celui qui de toutes ses forces a voulu sauver un adversaire, en vain. Il parle bien entendu de Saül. Et en faisant cela, il s’en remet totalement à la justice de Dieu, car il sait que seul Dieu peut lire les cœurs et filtrer les reins.

Et si Dieu y voit ne serait-ce qu’une petite once d’orgueil dans son cœur, alors que lui advienne ce qu’il dit au verset suivant.

La conjugaison au mode imparfait de ce verbe montre que David résume tout ce qu’il s’est passé, toutes les fois où quelqu’un ou un ennemi national l’a persécuté, harcelé, poursuivi, chassé…

Concrètement, David exprime le fait que si son ennemi personnel ou national a des ressources sur lui, si son ennemi est en sécurité par rapport à lui, alors qu’il foule sa vie et qu’il jette sa gloire dans la poussière.

Ce qui signifie que David, qui est un homme de foi, a conscience que si son ennemi, quel que soit cet ennemi, peut l’atteindre, c’est qu’il n’est plus sous la protection de Dieu. Et s’il n’est plus sous la protection de Dieu, c’est qu’il a perdu la protection de Dieu à cause de l’orgueil qui en lui. Et si c’est le cas, alors oui, que son ennemi le fasse périr, puisqu’il a fauté.

Littéralement voilà ce que dit David : « qu’il laisse ma gloire dans la poussière, qu’il la fasse demeurer là, qu’il la fixe dans la poussière afin qu’elle ne puisse plus sortir ».

Qu’est-ce que cela signifie ? David exprime le fait que s’il a perdu la protection de Dieu à cause de son orgueil, s’il est trouvé fautif devant Dieu, alors que son ennemi l’atteigne, atteigne son corps, le fasse périr, et qu’il détruise sa réputation, car la gloire est sa réputation, et qu’il soit à jamais soumis aux persécutions de son ennemi.

Puis, il y a le mot Sélah, qui indique une pause avec un changement de tonalité. Et ce changement de tonalité va indiquer une chose précise, que nous verrons lors de l’étude suivante.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

Laisser un commentaire

Social Share Buttons and Icons powered by Ultimatelysocial
error: Halte au copié collé