Genèse 2 versets 1 à 3
Le septième jour – Partie I – Le shabbat
Le chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et notamment les premiers versets qui relatent le 7e jour de la Création, ainsi que le séjour de l’homme au jardin d’Eden et la formation de sa compagne. Ce chapitre 2 du Livre de la Genèse relate l’état originel du monde avant la chute de l’homme et de la femme.
Dans cette première étude du chapitre 2 du Livre de la Genèse on va s’intéresser aux versets 1 à 3 afin de comprendre ce qu’est véritablement le shabbat, le repos de Dieu au 7e jour de la création.
Rappelons que le but de ces études est de donner le sens le plus proche possible du texte du Livre de la Genèse, donc de la Parole de Dieu. Dans ces études, nous nous attarderons essentiellement sur les mots hébreux dont le sens n’a pas été correctement restitué ou parfois même inversé par les traductions françaises qui sont à notre disposition, afin de pouvoir donner le sens véritable du texte, sans le prisme d’une doctrine ou d’une idéologie religieuse.
Il est fortement recommandé de lire ou d’écouter les études précédentes, car de nombreuses notions déjà expliquées vont être reprises dans cette étude.
Rappelons que Dieu s’adresse à tous, par des termes simples, et que chacun peut comprendre ce que Dieu dit. Rappelons aussi que pour comprendre où l’on va, il faut connaître d’où l’on vient.
¹Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
²Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite.
³Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant.
Genèse 2:1-3, Traduction Louis Segond
Le début de ce chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et d’ailleurs, dans le découpage, il aurait été même plus judicieux de placer ces quelques versets au chapitre 1, puisqu’il s’agit du 7e jour de la Création. Nous avons déroulé, lors des études précédentes, tous les jours de la création, et nous avions vu que Dieu a créé la matière, l’âme et enfin l’esprit, et qu’Il a tout mis en place, tout formé pour accueillir la vie.
La création est achevée, tout est en place, les cieux et la terre, et toute leur armée. Que signifie l’expression « toute l’armée est en place » ? L’emploi de ce mot « armée » renvoie directement à la notion de guerre, alors qu’il n’y a aucune référence à la guerre dans le texte originel. Encore une fois, la traduction peut nous induire en erreur en nous faisant croire qu’il se joue ici une bataille, et l’on va voir que ce n’est absolument pas le cas, bien au contraire.
La création est achevée et Dieu se reposa le septième jour. Vraiment ? On verra ce que signifie en vérité ce repos divin, ainsi que cette sanctification par Dieu de ce septième jour.

On comprend ainsi que c’est au sixième jour que l’œuvre de la Création fut achevée.
Le verbe achever, en hébreu כָּלָה – kalah, signifie accomplir, cesser, consumer, déterminer, finir, manquer, être complet, être accompli, être fini, être au bout, être dépensé. Cependant, dans le texte originel, ce verbe est au radical pual, ce qui signifie qu’il renvoie à sa racine. Pour trouver son sens véritable, il faut regarder et analyser sa racine.
La racine de ce verbe se compose des trois lettres כּ (kaf daguesh), ל (lamèd) et ה (hé).

Ainsi, par l’analyse de la racine du verbe כָּלָה – kalah, on comprend :
⇒ que le but de toutes les espèces est la vie
⇒ que Dieu a tout mis en place dans le but de recevoir la vie
⇒ que chaque espèce et chaque personne a reçu la vie
⇒ que tout est fait pour que chaque espèce et chaque personne puisse vivre.
Et Dieu jugea que tout ce qu’Il avait mis en place dans le but de la vie était bon. Toute la création est bonne, et le but de toute la création est la vie, et la vie est la manifestation de la gloire de Dieu.

La racine de ce mot formée par les trois lettres צ (tsadé), ב (bèit) et א (alèf) signifie rassembler, commander, sortir en ordre organisé, une force organisée.
C’est pour cela que la Septante a traduit ce mot hébreu par le mot grec κόσμος -kosmos. Quand on parle du cosmos, on a tout de suite l’image de l’univers. Le κόσμος – kosmos en grec désigne le bon ordre de l’univers, l’univers qui est en ordre, organisé. Ce mot pouvait aussi désigner une personne, et alors, il prenait le sens d’organisateur, de magistrat.
Donc, l’armée c’est la bonne organisation de l’univers et des lois universelles qui gèrent l’univers, des lois physiques, chimiques, électromagnétiques, biologiques, génétiques…
Tout est en place, les planètes sont en place et à leur bonne place, le soleil est en place et fait son travail, la lune est en place et elle aussi, est posée à cet endroit pour maintenir la Terre en équilibre, et toutes les planètes sont en place. L’armée de Dieu se constitue ainsi de toutes les forces de la nature, de toutes les lois naturelles posées par Dieu. On ne peut pas aller contre les lois naturelles posées dès le commencement par Dieu, au risque de se détruire. Et finalement, si l’on réfléchit bien, on dit souvent que le chrétien, celui qui marche par la foi et en Dieu, est à contre-courant de la marche du monde. En vérité, celui qui marche par la foi marche avec les lois naturelles que Dieu a posé dès le commencement du monde. C’est le monde qui marche à contre-courant des lois naturelles de Dieu, contre l’armée de Dieu. Et c’est pour cela que le monde est voué à la destruction, il est dans un principe d’autodestruction, car il s’oppose aux lois naturelles, physiques, biologiques, génétiques, chimiques, physiologiques…, posées par Dieu dès le commencement.

Ce verbe כָּלָה – kalah au radical piel ne signifie pas que c’est la fin, mais une fin. C’est comme un point clef dans une étape. On finit quelque chose qui avait besoin d’être fini pour commencer autre chose. Ainsi, Dieu a terminé son œuvre de Création, mais ce n’est pas la fin. La Création est une étape, et alors s’ouvre une autre étape, et l’on verra que l’autre étape, une fois que tout a été mis en place, c’est de gérer que tout reste à sa place.

Ce nom féminin découle du mot מַלאָך – mal’ak qui signifie un messager, un envoyé. Ce mot est souvent utilisé pour désigner un ange, car un ange est un messager de Dieu, un envoyé de Dieu. Lorsque Dieu envoie un homme pour parler à un autre homme, pour délivrer un message, il s’agit aussi d’un מַלאָך – mal’ak.
Si ce mot que l’on a traduit par œuvre, et dans certaines autres traductions par ouvrage, découle du mot מַלאָך – mal’ak qui signifie messager, cela signifie que cette œuvre est un message pour nous, donc que l’œuvre sert de témoignage. Et en effet, la Création est le témoignage de la puissance de Dieu, le témoignage aussi de sa Justesse, de sa perfection, de son Amour… donc de Dieu.

Ainsi, on comprend que Dieu avait fini son œuvre de Création, pour entamer une seconde étape, celle de faire produire son œuvre, celle d’administrer son œuvre, celle de gérer son œuvre. Certains rabbins traduisent ce verbe par le sens de mettre quelque chose de concret qui se voit avec les yeux. Ainsi, toute la Création est visible pour tout le monde. C’est ce que Dieu a rendu visible à nos yeux.

L’imparfait, en hébreu, indique que l’action se répète encore et encore, et ce verbe שָׁבַת – shabath au radical qal signifie cesser, se reposer.
Le mot שָׁבַת – shabath signifie se reposer, interrompre, cesser, imposer le silence, mettre un terme. Or, la conjugaison est à l’imparfait, donc il s’agit d’un processus non achevé et continuel.
Pour comprendre véritablement ce que signifie ce mot שָׁבַת – shabath, il nous faut lire Hébreux 4 : 4 : « Car il a parlé quelque part ainsi du septième jour : et Dieu se reposa de toutes ses œuvres le septième jour. »
Ici, dans notre texte en grec, nous avons le verbe καταπαύω – katapauo qui a été traduit par se reposer dans nos Bibles françaises. Ce verbe signifie tranquilliser, contenir, rendre tranquille, amener à une demeure tranquille.
Ainsi, on comprend qu’au septième jour, Dieu tranquillisa son œuvre, il contint son œuvre, il rendit tranquille son œuvre. Cela ne veut pas dire que Dieu se repose, qu’Il ne fait plus rien. Non, Il gère son œuvre pour la contenir.
Ce verbe καταπαύω – katapauo est composé du mot κατα – kata qui signifie envers, contre et du verbe παύω – pauo qui signifie préserver une chose ou une personne de quelque chose.
Ainsi, au 7e jour, Dieu a préservé son œuvre, l’a gardée, l’a maintenue en équilibre. Se reposer signifie en vérité veiller sur son œuvre. Voici le véritable sens du mot שָׁבַת – shabath. Le repos de Dieu ne signifie pas que Dieu s’est arrêté et qu’Il dort, qu’Il ne fait plus rien. Cela signifie qu’Il gère sa Création, Il la maintient en équilibre. Il ne crée plus, puisque tout est créé. Il maintient le tout en équilibre, Il gère pour que tout soit maintenu en équilibre, Il veille sur sa Création. Ce mot שָׁבַת – shabath fait appel à une gestion, et non au fait d’être fatigué et de se reposer. C’est un peu comme lorsque l’on construit sa maison. Il y a un temps de construction, où on assemble le tout, on monte le tout. C’est la Création où Dieu a tout mis en place. Puis, on peut habiter la maison, mais on va veiller à ce qu’elle ne se délabre pas, on va l’entretenir. Dieu veille sur sa Création.
Et simplement, pour la petite remarque, lorsqu’on lit en Matthieu 6:11 : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien », dans cette phrase de la prière du « Notre Père » on y retrouve cette idée du shabbat. En effet, le mot aujourd’hui fait référence aux six jours de labeur, celui où l’on travaille durant six jours pour recueillir le pain, c’est-à-dire la nourriture de Dieu pour notre esprit. Et le mot quotidien signifie en réalité pour demain, c’est-à-dire pour le 7e jour, le fameux shabbat. Donc, chaque jour, on travaille pour recueillir le repos de Dieu, c’est-à-dire pour veiller, pour administrer, son esprit. Chaque jour, on travaille pour recevoir le pain de Dieu qui va nous faire grandir, qui va nous fortifier, afin que l’on puisse rester éveillé, que l’on puisse gérer son ego.

Ce verset est comme un miroir du verset précédent. On y retrouve le repos de Dieu, le shabbat, l’œuvre de Dieu, et le verbe faire. C’est comme si Dieu insistait sur ce 7e jour, sur le fait que l’œuvre de la Création soit terminée, que tout a été mis en place pour la vie, et que maintenant, Dieu gère son œuvre.

Cependant, il faut souligner que la traduction suppose que Dieu bénit le septième jour, alors qu’en réalité, il faudrait lire que Dieu bénit au septième jour, c’est-à-dire que Dieu ne bénit pas seulement ce 7e jour, mais Il bénit toute la Création, tous les jours de la Création, toutes les créatures, toutes les matières, les âmes et les esprits qu’Il a créés. C’est l’ensemble de la création qui est bénie.
Dans le texte en hébreu, le verbe est conjugué à l’imparfait. Ce qui signifie que Dieu a béni la Création, le 7e jour, qui en réalité n’est pas un jour, mais une continuité de matins et de soirs, et que donc, Dieu bénit chaque jour qui suit, et le jour suivant. C’est comme si, au fil des jours qui passent, Dieu bénit chaque jour, et chaque jour Il gère pour que nous puissions être bénis, et que chaque jour, Il nous fait grandir, Il nous nourrit, Il nous fait avancer, pour que notre esprit puisse s’épanouir et prendre le contrôle de nos pensées, et donc, repousser l’ego qui nous rend esclaves des désirs de la chair, de nos sens. Et pour cela, chaque jour, Dieu nous enseigne, nous élague (cf psaume 1), nous conseille, nous parle.

Encore une fois, la conjugaison à l’imparfait montre un processus qui se répète. Ainsi, Dieu sanctifie chaque jour, encore et encore. Et au radical piel, ce verbe signifie compléter, finir, accomplir, faire cesser, détruire.
De ce verbe קָדַשׁ – qadash découle le mot קדשׁ – qodesh, mot très employé dans la Bible, et qui signifie saint. La sainteté est une marque divine, et seul Dieu peut rendre un homme saint, et cette sainteté ne peut s’acquérir que dans la marche dynamique avec Dieu. Chaque jour, il faut veiller, chaque jour il faut travailler, et chaque jour, Dieu nous parle pour nous modeler, nous faire avancer, afin que nous puissions devenir saints.
Au Lévitique 19:2 nous lisons : « Vous serez saints, car je suis saint, moi Yahveh. »
En Jean 17:17 nous lisons : « sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. »
Dieu agit, Il gère sa Création, Il nous fait grandir en sainteté, pour celui qui se laisse tailler par le verbe, c’est-à-dire par la Vérité, la Parole de Dieu, Il nous rend saints. Dieu agit en nous, laissons-le agir.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.

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