La porte étroite

L’Évangile de Matthieu

La porte étroite – Matthieu 7:12-14

Le chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu se trouve dans la continuité directe du chapitre 6, c’est la suite du discours de Jésus-Christ, la continuité de son enseignement, où Jésus-Christ explicite différentes notions spirituelles importantes, comme le discernement, le jugement, les choses saintes, la prière, la porte étroite qui mène au Père, les faux prophètes, la mise en pratique de la Parole de Dieu.

Dans ces trois versets, Jésus-Christ donne deux enseignements divins. Le premier, reprit largement par de nombreuses philosophies, est de ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas qu’on nous fasse. Le second concerne la porte étroite, la seule porte qui mène à Dieu.

Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.

 

Lisons les versets 12 à 14 du chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu

¹²Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.

¹³Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.

¹⁴Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.

Matthieu 7:12-14, Traduction Louis Segond

La Parole de Jésus-Christ du verset 12 est devenue une règle de conduite pour de nombreuses religions, même non chrétiennes, et courants philosophiques, et d’ailleurs ce précepte de ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse est appelé la Règle d’Or.

On la retrouve dans les préceptes philosophiques de l’Égypte antique et de l’Antiquité grecque, ainsi que dans les religions orientales (hindouisme, bouddhisme, confucianisme… », et bien sûr, dans le judaïsme, le christianisme, l’islam et dans la philosophie humaniste athée.

En Occident, on la connaît davantage sous cette formule : aime ton prochain comme toi-même, adage qui est devenu une règle de vie pour de nombreux croyants, et même pour de nombreux athées, avec la fameuse question de qui est mon prochain. On retrouve cette formule dans le Livre du Lévitique avec cette même question de qui est mon prochain, celui que je dois aimer comme moi-même. Ajoutons que cette règle d’or est devenue une source d’inspiration du concept moderne des droits de l’homme. Ainsi, une question se pose : si l’on aime son prochain, et même si l’on rejette Dieu, car l’on se dit athée, peut-on prétendre être un sage ou un juste au sens biblique du terme ? Et donc, peut-on prétendre à la vie éternelle ? On va voir que cet enseignement de Jésus-Christ fait appel à de nombreux autres enseignements de l’Ancien Testament, à des paroles de Dieu qui définissent et cadrent nos relations sociales avec les autres, qui ne sont pas forcément nos prochains.

Ensuite, Jésus-Christ nous parle de la porte étroite qui mène à Dieu et de la porte large, celle du monde, qui mène à la perdition. Certaines traductions ont préféré le mot « chemin » au lieu de porte, et ainsi, le chemin qui mène à la perdition est large et spacieux, tandis que le chemin qui mène à Dieu, c’est-à-dire à la vie, est étroit et resserré. Et l’on verra qu’encore une fois Jésus-Christ explicite un « commandement », une parole de Dieu du Deutéronome. Et en faisant des allers et retours entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, on va comprendre qui est la Porte, qui est le Chemin, où mène ce chemin et pourquoi il est étroit. Finalement, on va se rendre compte que tout est une histoire de choix.

Ainsi, on comprend que c’est continuellement que tout, absolument tout, ce que l’on n’aimerait pas que l’on nous fasse, il ne faut pas le faire pour les autres. Et cela concerne aussi bien le matériel, le moral, le spirituel, le social, cela concerne tous les aspects de notre vie. On n’aime pas être volé, donc, on ne doit pas voler. On n’aime pas que quelqu’un parle de nous en mal, alors ne parlons pas de mal des autres, on n’aime pas être dénigré, ne dénigrons pas les autres, on n’aime pas être moqué, ne nous moquons pas des autres, on n’aime pas que quelqu’un nous rabaisse, ne rabaissons pas les autres…

Donc, ici, il ne s’agit pas seulement du prochain tel que défini dans la parabole du Samaritain, mais bien de tous les êtres humains. Jésus-Christ nous dit très clairement de ne pas faire à un être humain, homme ou femme, et cela peu importe son statut social, sa nationalité, sa religion ou son physique, ce que l’on n’aimerait pas que l’on nous fasse.

On n’aime pas être volé, que l’on nous vole nos affaires personnelles, nos biens. Jésus-Christ nous demande alors de ne pas voler, même le voleur, ou le plus vil des hommes ou le plus riche des hommes. Nous ne sommes pas dans l’amour, dans le sens d’aimer son prochain, nous sommes dans la loi et les prophètes.

Revenons à la loi. Quelle est-elle ? Il s’agit des 10 Paroles de Dieu données à Moïse sur le mont Sinaï, Moïse qui était lui-même un prophète, puisque Dieu lui parlait en esprit, et Moïse disait au peuple ce qu’il avait entendu. Cinq de ces paroles donnent un cadre aux relations sociales entre les êtres humains. En effet, au Deutéronome 5:17-21 nous lisons : « Tu ne commettras pas de meurtre, et tu ne commettras pas d’adultère, et tu ne déroberas pas, et tu ne déposeras pas comme faux témoin contre ton prochain ; et tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, et tu n’envieras pas la maison de ton prochain, son champ, ni son serviteur, ni sa servante, son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

Le meurtre, l’adultère, le vol des biens d’autrui, la calomnie, la convoitise, voici ce qu’il ne faut pas faire aux autres. Dieu nous a donné une ligne de conduite, et il est évident que tout cela, on n’aimerait pas que l’on nous fasse. On n’aimerait pas que l’on nous tue, c’est évident, on n’aimerait pas que notre compagnon ou compagne nous trompe, on n’aimerait qu’on nous vole nos biens, on n’aimerait pas qu’on nous calomnie, que l’on dise des choses fausses sur nous, on n’aimerait pas que l’on convoite ce qui nous appartient, car la convoitise arrive souvent avec sa sœur, la jalousie, et la jalousie engendre souvent la calomnie ou le vol.

Cette même Parole de Jésus-Christ, nous la retrouvons dans Luc 6:31 : « Et comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même ».

C’est la même Parole, et l’on remarque qu’encore une fois, il n’est pas question du prochain, mais de l’être humain en général. Le prochain, il faut l’aimer, et d’une manière générale on ne doit vouloir aucun mal à l’être humain. Au contraire, il faut vouloir le bien, car on aime recevoir du bien.

Bien sûr, la Loi est davantage explicitée dans le Livre du Lévitique, où l’on peut lire une succession de « commandements » de bon sens, comme « Quand vous ferez les moissons de votre pays, tu n’iras pas jusqu’au bout de ton champ en moissonnant et tu ne glaneras pas ce qu’il y a à glaner de ta moisson. Tu ne grappilleras pas dans ta vigne et tu ne ramasseras pas dans ton verger les fruits tombés. Tu laisseras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Éternel, votre Dieu » (Lévitique 19:9-10) ou « Vous ne déroberez point, vous ne nierez point [un dépôt] et vous ne mentirez point à votre prochain » (Lévitique 19:11) ou encore « Tu ne maudiras point un sourd et tu ne mettras pas devant un aveugle quelque chose qui puisse le faire tomber, tu auras crainte de ton Dieu : je suis l’Éternel » (Lévitique 19:14).

Ainsi, cette Parole de Dieu, qui est devenue une « règle d’or » dans certains milieux religieux ou philosophiques, doit être pour le chrétien, pour juste, un choix de vie personnel, car Dieu nous laisse toujours le choix de faire le bien ou de faire le mal.

 

Versets 13 et 14

¹³Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.

¹⁴Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.

La porte étroite s’ouvre sur le chemin resserré qui mène à la vie tandis que la porte spacieuse s’ouvre sur un large chemin qui mène à la perdition. Et là, il y a un choix à faire : quelle porte choisissons-nous ?

Lisons Deutéronome 30:11-20 : « ¹¹Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée. ¹²Il n’est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? ¹³Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? ¹⁴C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. ¹⁵Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. ¹⁶Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. ¹⁷Mais si ton cœur se détourne, si tu n’obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, ¹⁸je vous déclare aujourd’hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain. ¹⁹J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, ²⁰pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »

Ainsi, Dieu nous laisse le choix entre Le suivre et donc la vie de l’esprit, ou de se détourner de Lui, de choisir une existence sans Dieu, et là, c’est la mort de l’esprit. Ce choix est celui d’entrer par la porte étroite ou d’entrer par la large porte. La porte étroite, c’est Jésus-Christ qui ouvre le Chemin qui mène vers le Père, donc vers la vie de l’esprit, la vie éternelle. La large porte est la porte du monde qui mène à la perdition, c’est-à-dire celle qui s’ouvre sur le chemin qui nous éloigne de Dieu. Beaucoup entrent par cette large porte, et se perdent. Ils ont choisi une existence sans Dieu, loin de Dieu, une existence où ils deviennent prisonniers de la loi du péché qui agit dans leurs membres, prisonniers des fausses croyances, des faux préceptes, des faux raisonnements…

Ceux qui entrent par la porte étroite, ce sont ceux qui ont demandé à connaître la volonté de Dieu. On se souvient de l’étude précédente et de cette Parole de Jésus-Christ : « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira la porte. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et l’on ouvre la porte à qui frappe. »

Ainsi, ceux qui trouvent la porte, ce sont ceux qui demandent quelle est la volonté de Dieu, qui cherchent à connaître Dieu et qui frappent à la porte, c’est-à-dire ceux qui marchent avec Dieu, qui grandissent en Dieu conformément à sa Parole et dans la prière.

La porte qui mène sur le chemin de la vie est étroite et resserrée, car elle demande des efforts. Ces efforts sont la repentance et le renoncement à nous-mêmes et au monde, le renoncement à toutes nos croyances, à l’orgueil, à nos programmations mentales, à tout ce que l’on nous a appris…

La porte qui mène à la perdition est large et le chemin est spacieux, car chacun peut y entrer avec ses péchés, ses fausses croyances, son orgueil… C’est facile, il n’y a aucun travail à faire, il n’y a aucune question à se poser, il n’y a aucun renoncement. Mais, ça mène à la mort, à la destruction, à la perdition.

La porte étroite mène au Royaume des Cieux. Jésus-Christ est la porte, comme Il est le chemin qui mène au Père. Beaucoup de prophètes de l’Ancien Testament ont annoncé la venue de Jésus-Christ. Beaucoup de juifs n’ont pas voulu voir en lui le Messie prophétisé par les Écritures. Mais ils viendront vers Lui à la Fin des temps, comme nous l’avons vu lors de nos études précédentes, avec cette Parole en 2 Pierre 2:22 : « Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai : Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier. »

Attention, et il est important de soulever ce détail : Jésus-Christ ne dit pas qu’il faut suivre un chemin pour ensuite arriver devant une porte, comme certains religieux l’affirment en disant que le chemin est la vie religieuse et qu’il faut l’emprunter pour ouvrir la porte du Royaume des Cieux, dont saint Pierre a la clé. Jésus-Christ dit qu’il faut choisir d’entrer par la porte étroite qui s’ouvre sur un chemin qui mène à Dieu. Il faut donc d’abord ouvrir la porte puis marcher sur le chemin, et non l’inverse. Et pour entrer par la Porte, il faut d’abord commencer par demander quelle est la volonté de Dieu, et cette volonté est, on le rappelle : « La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6:40).

Et donc, forcément, si l’on demande quelle est la volonté du Père, alors on va comprendre qu’il faut avoir foi au Fils, en Jésus-Christ, qui est la Porte et le Chemin qui mène au Père.

Lisons Jean 14:6 : « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Il n’y a qu’un seul chemin, c’est Jésus-Christ, c’est-à-dire la Parole, la seule vérité qui mène à la vie.

Lisons Matthieu 16:16 : “Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.”

Lisons Jean 6:68 : “Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.”

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

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