Demander, chercher, frapper

L’Évangile de Matthieu

Demander, chercher, frapper – Matthieu 7:7-11

Le chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu se trouve dans la continuité directe du chapitre 6, c’est la suite du discours de Jésus-Christ, la continuité de son enseignement, où Jésus-Christ explicite différentes notions spirituelles importantes, comme le discernement, le jugement, les choses saintes, la prière, la porte étroite qui mène au Père, les faux prophètes, la mise en pratique de la Parole de Dieu.

Dans notre étude, trois verbes ressortent : demander, chercher et frapper. Ces trois verbes décrivent, en réalité, trois stades de développement du chrétien, une progression qui s’acquiert dans la prière. Quels sont ces trois stades ?

Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.

 

Lisons les versets 7 à 11 du chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu

⁷Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. ⁸Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. ⁹Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? ¹⁰Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? ¹¹Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.

Matthieu 7:7-11, Traduction Louis Segond

Nous trouvons la même Parole avec de légères différences en Luc 11:9-13 : « Et moi, je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. »

Dans cette Parole de Jésus-Christ rapportée par les deux évangélistes, Jésus-Christ explique l’efficacité et la portée de la prière. Chez Luc, cette explication est mise en contraste avec cette parabole de Jésus-Christ que l’on peut lire quelques versets plus haut : « Et il leur dit : Si quelqu’un d’entre vous a un ami, et qu’il aille vers lui au milieu de la nuit, et lui dise : Ami, prête-moi trois pains ; car un de mes amis est arrivé chez moi de voyage, et je n’ai rien à lui offrir ; et que celui-ci répondant de l’intérieur dise : Ne m’importune pas ; ma porte est déjà fermée et mes petits enfants sont avec moi au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner : je vous le dis, si même il ne se lève pas pour lui en donner, parce qu’il est son ami, toutefois, à cause de son importunité, il se lèvera et lui en donnera autant qu’il en aura besoin. » Luc 11:5-8

Que signifie cette Parole de Dieu ? Elle met en lumière une vérité, celle que si un homme est capable, pour se débarrasser d’un solliciteur inopportun, de lui accorder ce qu’il demande, combien plus Dieu, qui connaît chacun de nos besoins, peut combler nos demandes par amour !

Il y a dans cette parole, un deuxième enseignement : si nous-mêmes, pressés par nos besoins et même si les circonstances sont défavorables, nous n’hésitons pas à aller importuner avec insistance un ami, qui n’a pas envie de répondre à sa demande, mais qui le fait tout de même, combien Dieu, dans sa miséricorde, est toujours prêt à aller au-delà de toutes nos prières.

Et finalement, c’est dans la prière qu’il faut demander, qu’il faut chercher, qu’il faut frapper. C’est dans la prière que se déroulent toutes ces actions. On commence par demander, puis on cherche, puis on frappe à la porte. Et l’on suit, alors, un développement spirituel, Dieu nous fait grandir par la prière. Tout combat spirituel se gagne dans la prière, et il faut d’abord commencer par demander.

Demander, chercher, frapper à la porte, trois degrés de la progression spirituelle du juste, de l’enfant de Dieu, de celui qui marche avec Dieu, une progression qui s’acquiert dans la persévérance de la prière. Et c’est dans cette persévérance que celui qui demande reçoit, que celui qui cherche trouve et qu’on ouvre la porte à celui qui frappe.

Voyons cela en détail.

 

Donc, le premier stade, c’est de demander quelle est la volonté de Dieu. C’est en quelque sorte le stade de l’enfance, où l’enfant va demander à son père ce qu’il doit faire ou ne pas faire, et s’aligner à la volonté de son père.

Ainsi, on pourrait traduire par : « demandez quelle est la volonté du Père, et elle vous sera donnée ».

Et c’est après avoir compris qu’elle était la volonté du Père, que l’on peut chercher pour trouver. Quelle est la volonté du Père ? Jésus-Christ répond à cette question en Jean 6:40 : « La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. »

Ainsi, la volonté du Père c’est que l’on ait foi au Fils afin d’avoir la vie éternelle. C’est cela qu’il faut demander, et c’est dans cette demande que l’on professe sa foi en Jésus-Christ et que l’on fait de Jésus-Christ son Sauveur et son Seigneur. Et alors on peut se mettre à chercher. Chercher quoi ? Pour trouver quoi ?

Ce verbe prend le sens de chercher dans le but de connaître, chercher dans le but de rencontrer, aller à la recherche de. Que faut-il connaître ? Ou plutôt qui faut-il connaître ? Dieu. Qui faut-il rencontrer ? Dieu.

Donc, Dieu nous demande de Le chercher, c’est-à-dire de Le connaître. Comment pouvons-nous connaître Dieu ? Par sa Parole. Ainsi, Dieu nous demande de lire sa Parole, et c’est dans la prière que Dieu nous instruira sur sa Parole, qu’Il nous fera comprendre sa Parole.

Ici, nous avons le second stade du développement spirituel, la connaissance de Dieu qui passe nécessairement par la lecture de la Parole de Dieu. Quand nous lisons la Bible, il faut se mettre dans l’état d’esprit d’un enfant qui a soif d’apprendre, dans l’état d’esprit de quelqu’un qui fait table rase de ses croyances, de tout ce qu’on a appris, pour se mettre à l’écoute de Dieu. Et alors, Dieu se fera trouver, c’est-à-dire qu’Il va rendre compréhensible à notre esprit sa Parole. C’est le stade de l’apprentissage où l’on va grandir spirituellement.

Ainsi, celui qui cherche à connaître Dieu, connaîtra Dieu. Là encore, on a une notion de volonté. Il faut vouloir se mettre à la recherche de Dieu pour Le connaître par la connaissance et la compréhension de sa Parole. Dieu se fait connaître à celui qui Le cherche. Il ne s’impose pas, Il se fait connaître à celui qui veut Le connaître.

Ce verbe est aussi utilisé dans le sens de frapper un objet pour le faire résonner ou de frapper les cordes d’un instrument avec un médiator pour les faire résonner.

Nous avons donc une connotation, dans ce verbe, de quelque chose qui vibre, qui se met en résonance.

Lisons Jean 10:9 : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. »

Lisons Apocalypse 3:20 : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi. »

Jésus-Christ est la porte. Celui qui frappe à sa porte, Jésus ouvre et il peut entrer. Cette action se passe en esprit. Celui qui frappe à la porte se met en résonance avec la Parole de Dieu, qui est Jésus-Christ. Alors, il peut entendre la voix de Jésus-Christ et alors il peut entrer dans la paix de Dieu.

C’est le troisième stade du développement spirituel de l’enfant de Dieu : se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, entendre Dieu dans son esprit, entendre l’Esprit Saint qui nous guide, par nos intuitions, par cette petite voix qui résonne dans notre tête, et suivre l’Esprit Saint. Cette communication s’établit dans la prière, lorsque notre esprit se met en résonance avec l’Esprit de Dieu.

Et ainsi, le reste du texte tombe sous le sens. C’est dans notre volonté, que l’on doit chercher la volonté du Père, qui est la foi au Christ. C’est le premier pas, et ce premier pas amène au repentir sincère par l’acceptation de l’œuvre de Christ qui s’est laissé mettre en croix pour payer notre dette. On accepte de voir en vérité son état de pécheur, et on demande le pardon. Puis on se met en route vers Dieu, on cherche Dieu, on cherche à connaître Dieu, par la lecture de sa Parole. Il s’agit encore d’une action volontaire, on veut connaître Dieu, et parce qu’on veut Le connaître, on lit sa Parole, et donc, on apprend à Le connaître. Et petit à petit, Dieu nous fait grandir spirituellement, nous enseigne sur sa Parole, nous donne la compréhension de sa Parole. C’est le second stade du développement spirituel. Et enfin, le troisième stade, c’est l’écoute de Dieu par l’Esprit. On se met à l’écoute de Dieu, et Dieu nous parle en Esprit. Cela peut être par des songes, des intuitions, une parole de Dieu qu’on lit… C’est le troisième stade du développement de l’enfant de Dieu, le stade où l’on est rempli du Saint Esprit qui nous guide et nous donne ses conseils pour avancer.

Remarquons aussi que « quiconque demande reçoit… », ce qui signifie que Dieu s’adresse à tous, et que tous peuvent recevoir, sans distinction. On comprend alors que ce n’est pas une histoire de religion, de croyance, de communauté, mais un choix personnel qui se fait dans l’intimité de la prière, dans le vouloir construire une relation personnelle et intime avec Dieu.

 

Versets 9 à 11

⁹Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? ¹⁰Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? ¹¹Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.

 

Et la suite du texte devient évidente : nous avons un Père miséricordieux et plein d’amour, qui connaît parfaitement nos besoins, et qui se fait connaître à celui qui veut Le connaître.

Si, nous, alors que nous avons l’orgueil en nous, nous savons aimer nos enfants, et vouloir leur bien, encore plus Dieu veut notre bien.

Mais, et cela est très important à comprendre, Dieu ne s’imposera jamais à nous. C’est à nous d’aller vers Lui, de se mettre en route vers Lui. C’est à nous de faire le premier pas, et ce premier pas est de professer sa foi en Jésus-Christ.

Lisons Jean 5:8 : « Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. »

D’abord, il faut avoir la volonté de se lever, et alors, on peut se mettre en marche, en portant notre lit (ou grabat) c’est-à-dire notre passé, ce que nous avons vécu, afin de devenir une nouvelle créature entre les mains de Dieu, ou plutôt la créature spirituelle qu’Il a créée et qui est notre esprit et qui ne demande qu’une chose : s’épanouir.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

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