Jésus calme la tempête

L’Évangile de Matthieu

Jésus calme la tempête – Matthieu 8:23-27

Le chapitre 8 de l’Évangile de Matthieu est une mise en application du discours de Jésus-Christ sur la montagne, avec une succession de récits de miracles comme la guérison d’un lépreux, la guérison du serviteur d’un centenier, la guérison de la belle-mère de Pierre, la guérison et la délivrance de plusieurs démoniaques et de plusieurs malades, le miracle de la tempête apaisée, la délivrance de deux démoniaques dans le pays des Gadaréniens. Tous ces miracles sont des exemples de mises en application de la Parole. Et entre ces différents miracles qui donnent des clefs de compréhension de la Parole de Dieu, Jésus-Christ nous livre d’autres enseignements spirituels très profonds. Ce chapitre huit de l’Évangile de Matthieu est donc très riche en préceptes divins.

Dans cette étude, Jésus-Christ, qui est avec ses disciples sur un bateau au milieu de la mer de Galilée, va calmer une terrible tempête qui s’était levée et manquait de faire chavirer les bateaux de pêche. Il va ordonner au vent de cesser de souffler. Et les disciples furent saisis d’étonnement. Cet évènement contient en son sein plusieurs enseignements spirituels très profonds.

Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.

 

Commençons par lire les versets qui nous intéressent :

²³Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. ²⁴Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. ²⁵Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! ²⁶Il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. ²⁷Ces hommes furent saisis d’étonnement : Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer ?

Matthieu 8:23-27, Traduction Louis Segond

Cet évènement de la tempête apaisée est aussi raconté par les évangélistes Luc et Marc, en Luc 8:22-25 et en Marc 4:35-41. Le dossier 6 – La tempête apaisée réalise une étude comparée de ces trois textes, étude que vous pouvez lire sur le blog Vérité et Délivrance ou écouter sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist.

Dans ce dossier, nous avons lu ensemble les trois textes des trois évangélistes, et nous y avons relevé des détails, de petites différences, qui ont permis de mettre en lumière plusieurs choses :

→ C’est Jésus-Christ qui donne l’ordre d’embarquer sur des bateaux pour aller de l’autre côté de la rive, c’est Lui qui donne l’itinéraire. Ils embarquent à Capernaüm pour accoster au pays des gadaréniens.

→ Seuls les disciples, c’est-à-dire les personnes qui suivent Jésus-Christ, vont embarquer sur les bateaux (on sait qu’il y a plusieurs bateaux grâce à Marc qui mentionne ce fait), donc, cet évènement va être vécu uniquement par les disciples. Cela n’a pas été donné de voir aux « gens du monde » la puissance de Dieu. En effet, Jésus-Christ a renvoyé, ou plutôt, a laissé aller la foule, pour ensuite embarquer avec ses disciples sur des bateaux.

→ Chaque évangéliste s’adresse un public particulier. Nous avons montré que Luc s’adresse à des disciples qui ont foi en Jésus-Christ, que Marc s’adresse à des disciples qui vacillent dans leur foi, et que Matthieu s’adresse à des disciples de nationalité juive. Ainsi, dans chaque texte, il y a un message particulier pour chacun de ces types de disciples. Cela montre qu’à chaque stade où nous nous trouvons dans notre foi, Dieu nous amène à vivre des situations qui nous feront grandir dans notre foi, des situations qui seront vécues différemment selon notre stade spirituel.

→ Luc s’adresse à des disciples qui ont foi en Jésus-Christ. Ce sont des disciples affermis. À ceux-là, par cet évènement, Dieu va leur montrer que peu importe la tempête qui surgit dans leur vie, Dieu est toujours à la manœuvre, et qu’ils doivent garder les yeux fixés sur Lui. Et que derrière chaque tempête, c’est Dieu qui les façonne, qui les fait grandir. En effet, parfois Dieu nous fait vivre des situations pour que nous puissions apprendre la persévérance, la patience… et là, dans ce cas précis, à ne pas avoir peur de ce qui se passe autour de nous.  

→ Marc s’adresse à des disciples qui ont une foi vacillante, qui ne sont pas encore affermis. À ceux-là, par cet évènement, ils vont affermir leur foi et apprendre à avoir confiance en Dieu, même lorsque la situation semble perdue.

→ Matthieu s’adresse à des juifs, et donc à ceux qui connaissent les Écritures, et il va leur démontrer que Jésus-Christ est le Dieu Créateur, le seul Dieu qui peut agir sur les éléments, afin qu’ils puissent reconnaître le Messie.

→ Et finalement, si l’on regarde ensemble ces trois textes, on y voit trois enseignements de Dieu, chaque enseignement s’adressant à des disciples en particulier. Si on les transpose de nos jours, Luc s’adresse à ceux qui ont la foi lorsqu’une tempête surgit dans leur vie, Marc s’adresse à ceux qui claudiquent, qui croient en Jésus-Christ comme leur Sauveur mais qui n’ont pas fait de Jésus-Christ leur Seigneur. Et Matthieu s’adresse aux religieux qui connaissent la Bible, et qui pourtant, ne connaissent pas Dieu ou n’ont pas reconnu Jésus-Christ comme le Messie.

Dans cette étude, nous allons voir le point de vue de Matthieu qui, lui, va pointer la Puissance de Dieu pour montrer que Jésus est Dieu fait homme, la Parole faite chair, le Messie.

 

Nous savons, grâce aux textes de Luc et Marc, que Jésus a dit à ses disciples qu’ils allaient passer de l’autre côté de la rive du lac. Il s’agit du lac de Tibériade, également appelé mer de Galilée ou lac de Génézareth. Donc, nous savons que Jésus-Christ a donné un itinéraire très simple : traverser le lac, d’une rive à une autre, pour se rendre à la ville de Gadara, soit un voyage de plus de 15 kilomètres. Nous savons aussi que les bateaux dont il est question ici, ce sont des bateaux de pêche, appartenant à des pêcheurs qui sont devenus disciples de Jésus-Christ.

Donc, Jésus monte sur un bateau, et ses disciples le suivent. Marc rapporte qu’il y a plusieurs bateaux qui se sont mis en route, donc, il y avait beaucoup de disciples autour de Jésus, et tous Le suivaient dans ses déplacements. Ce n’était pas une foule quelconque, c’était vraiment des personnes qui avaient fait le choix de suivre Jésus-Christ.

Il y a un article paru en 2025 dans Israël Valley qui fait mention d’une découverte plutôt surprenante, celle d’un bateau de pêche datant de l’époque de Jésus-Christ, retrouvé en 1986 dans la mer de Galilée, près de la ville de Magdala. En effet, durant cette année, il y eut une sécheresse inhabituelle qui a asséché les eaux, et ce bateau est apparu au fond du lac. Ce bateau est aujourd’hui exposé au musée Yigal Allon du kibboutz Ginnosar. Il est un objet historique remarquable, montrant comment se réalisait, à l’époque de Jésus, la pêche sur la mer de Galilée. Ce bateau mesure un peu plus de 8 mètres de long et est large d’un peu plus de 2 mètres et haut d’un peu plus d’un mètre. Il est construit à partir de bois différents, montrant l’ingéniosité des gens de cette époque qui arrivaient à recycler et à utiliser des matériaux à proximité pour les constructions. Ce bateau à un fond plat, particulièrement adapté pour les eaux peu profondes, et en effet, la mer de Galilée a une profondeur maximale, en son centre, de 25 mètres. Les bords du lac sont nettement moins profonds. Ce bateau pouvait accueillir jusqu’à 15 personnes, et il était équipé de rames et d’un mât. Ainsi, il était adapté à une navigation à la rame et à la voile.

On peut penser que les disciples ont embarqué sur plusieurs bateaux de ce type, des navires relativement petits, relativement plats, des bateaux pensés pour la navigation sur ce lac, et pourtant, là, une tempête manque de les faire chavirer.

Nous savons aussi qu’il s’agissait de marins aguerris, qui connaissent les signes avant-coureurs d’une tempête sur ce lac. Et l’on sait, d’après les textes de Luc et de Marc, que cette tempête est arrivée sans prévenir : subitement, il s’est levé un vent très puissant, qui a fait lever de grandes vagues, plus hautes que les navires, et qui les remplissaient d’eau. La scène est digne d’un film catastrophe, sauf que là, c’est du réel, au point que les marins sont affolés et prennent peur. Ils sont sur le point de couler.

Et Jésus dort… On est en plein milieu d’une tempête, il y a un vent violent qui secoue le bateau, des bourrasques qui viennent frapper le bateau, des vagues énormes qui s’abattent sur le bateau, les personnes crient… et Jésus dort.

Nous avions vu, dans le texte de Luc, que Jésus avait pris place à l’arrière du bateau, et dès que le bateau se mit en route, il s’était endormi. Nous avions montré que Jésus-Christ dormait de corps, mais que son Esprit était réveillé, et que donc, c’est Dieu qui était à la manœuvre, c’est Dieu qui avait soulevé ces vents.

Ici, chez Matthieu, on a un autre détail qui nous est donné : la tempête qui a surgi est liée à un tremblement de terre. Et c’est pour cela que les marins n’ont pas pu la prévoir, qu’il n’y avait aucun signe avant-coureur. Et c’est ce qui a provoqué de très hautes vagues qui ont frappé les bateaux, des vagues plus hautes que les bateaux qui remplissaient les bateaux au point qu’ils étaient en train de couler. Il y a donc eu un tremblement de terre et une tempête de vent.

Matthieu, par l’inspiration du Saint Esprit, montre que parfois Dieu provoque un tremblement de terre dans nos vies, un évènement qui va tout engloutir, qui va provoquer un raz-de-marée, afin que nous puissions grandir et faire grandir notre foi.

Chez Luc, l’utilisation du verbe ἀφυπνόω – aphupnoo montre que Jésus est à la fois endormi et éveillé, c’est-à-dire que Jésus est endormi de corps, mais que son esprit est à l’œuvre, son esprit travaille, l’esprit de Dieu est dans l’action. Et c’est donc Dieu qui a fait lever la tempête, ou plutôt, nous le savons maintenant, qui a provoqué le tremblement de terre.

Et en plein milieu de la tempête, malgré le vacarme, Jésus continue de dormir, καθεύδω – katheudo, littéralement dormir, être endormi. Si les deux évangélistes, Matthieu et Marc, ont utilisé le même verbe, ils ne l’ont pas conjugué de la même façon. En effet, Matthieu le conjugue à l’imparfait de l’indicatif et à la voix active, ce qui montre que l’action est continue et que Jésus est l’acteur de cette action. Luc conjugue le même verbe au participe présent, temps qui, en grec ancien, est une forme verbale qui exprime simultanément une action et ses circonstances. Cette forme verbale est utilisée pour exprimer des actions en cours. Ce qui signifie que Marc décrit Jésus qui est en train de dormir malgré la tempête qui fait rage, malgré le vacarme qui l’entoure, alors que Matthieu montre que Jésus continue de dormir.

 

Matthieu, par l’utilisation de ce verbe, montre que les disciples juifs, à ce moment précis, sont allés vers Jésus, ont crié vers lui, pour lui demander de les sauver.

Sachant que ce texte de Matthieu s’inscrit dans la suite des textes précédents, à savoir la guérison du lépreux, la guérison du serviteur d’un centenier, la délivrance et la guérison des démoniaques et des malades, et que tous ces textes abordent le thème de la foi, Matthieu continue de montrer ce qu’est la foi en Dieu, cette foi qui nous inscrit dans la confiance en Dieu, même quand tout semble perdu.

Ainsi, Matthieu parle des disciples qui ont fait de Jésus-Christ leur Seigneur, qui ont reconnu en Jésus-Christ leur Seigneur, c’est-à-dire le Maître de leur vie, c’est-à-dire Dieu.

On se rappelle, chez Marc, les disciples appellent Jésus διδάσκαλος – didaskalos, c’est-à-dire l’enseignant, et chez Luc, les disciples appellent Jésus πιστάτης – epistates, c’est-à-dire le chef, celui qui préside, le chef qui se tient sur un char. On comprend alors que Marc décrit des disciples qui voient en Jésus seulement un enseignant, des disciples qui n’ont pas totalement foi en Jésus-Christ, qui n’ont pas encore vu en Jésus-Christ le Fils de Dieu, alors que Luc décrit des disciples grecs (ou venant d’autres nations, mais qui ne sont pas juifs) qui ont reconnu en Jésus comme étant un chef. Quant à Matthieu, on comprend qu’il décrit des disciples de culture juive qui ont vu en Jésus-Christ le Fils de Dieu, le Messie.

Le verbe σώζω – sozo signifie littéralement mettre à l’abri d’un danger, préserver d’un danger. Ainsi les disciples demandent à Jésus de les mettre à l’abri du danger, non pas de sauver leur vie, mais bien de les mettre à l’abri.

Ce temps de conjugaison montre que les disciples décrits par Matthieu pensent non seulement qu’ils ont provoqué le fait qu’ils périssent, peut être en n’ayant pas su voir les signes avant-coureurs d’une tempête, et que maintenant, ils subissent le fait de n’avoir pas été suffisamment attentionné, ou ils subissent leur orgueil de croire qu’ils peuvent tout maîtriser. Ils sont un peu sous le joug de la pensée de rétribution, cette croyance très ancrée chez les juifs qui pensaient que dès que l’on péchait, alors Dieu envoyait une malédiction, Dieu châtiait. Et donc, que tous les malades étaient des pécheurs châtiés par Dieu, que la maladie était le salaire du péché.

Et ils réveillent Jésus parce qu’ils ont peur, ils se voient mourir à cause de leurs péchés, et supplient Jésus de leur enlever leur malédiction. À aucun moment, ils ont pensé que Jésus-Christ est à la manœuvre, et que tout a été mis en place par Dieu afin qu’ils grandissent dans leur foi, afin qu’ils voient en Lui non pas le rétributeur des méchants, le punisseur ou le magicien qui peut enlever des malédictions, mais le Dieu Tout-Puissant qui contrôle tous les éléments, le même Dieu qui a ouvert la mer devant Moïse, le même Dieu qui a permis que Job connaisse la souffrance et la maladie, non pas pour le châtier, mais pour qu’il grandisse dans sa foi, et qu’il garde confiance en Dieu même dans l’épreuve. Job est l’exemple parfait qui montre que le principe de rétribution est une fausse croyance. Malgré les trois faux amis qui lui disent que s’il subit tout ce qui lui arrive (la perte de ses enfants, la perte de ses animaux, la maladie…) c’est parce qu’il a péché devant Dieu. Or, Job se sait juste, et il tient bon. Il crie vers Dieu parce qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive, il ne comprend pas le Plan de Dieu. Et Dieu lui donnera raison, Job est juste, et ce qui lui arrive est voulu par Dieu pour faire comprendre aux autres que le principe de rétribution est une fausse croyance, et pour faire comprendre à Job que Dieu peut tout et qu’Il contrôle tout. Ajoutons le fait que Job ne croyait pas en la résurrection. Et Dieu va l’amener à y croire, renforçant ainsi la foi de Job.

En fait, les disciples juifs, puisque Matthieu nous décrit ces disciples-là, n’ont pas compris que Dieu était à la manœuvre. Ils se croyaient punis ou maudits, et ils prennent peur. Jésus-Christ va leur montrer que cette croyance est fausse, et que parfois Dieu agit en provoquant une tempête afin de nous faire grandir.

Mais alors, si le principe de rétribution n’existe pas, les méchants ne sont jamais châtiés ? On peut se poser cette question qui est légitime, car si les méchants ne sont pas châtiés, alors pourquoi faire le bien ? En réalité, les méchants se punissent eux-mêmes, car en s’éloignant de Dieu, ils perdent la protection de Dieu, et suivent un chemin de destruction, ils vont à contresens de leur esprit, de qui ils sont en vérité, et finissent par étouffer leur esprit, et donc, ils finissent par se perdre. Et s’ils perdent la protection de Dieu, ils sont alors ballottés à tout vent de doctrine, et sont soumis à leur ego, qui va faire naître de mauvaises pensées, et toute sorte d’émotions négatives. Et ils deviennent esclaves de leurs sens, esclaves du péché. Ce n’est pas Dieu qui opère tout cela en eux, c’est l’éloignement de Dieu qui engendre tout cela. La finalité ? La mort spirituelle.

 

En réalité, Jésus-Christ demande à ses disciples pourquoi ils sont craintifs. Et il existe une différence entre la peur et la crainte. La peur est un réflexe viscéral et immédiat, elle est déclenchée par une menace immédiate. La peur est une émotion primaire, souvent irrationnelle et qui provoque des réactions physiques fortes et incontrôlables. La crainte relève davantage de la projection mentale et de la réflexion. Elle est une inquiétude face à un évènement futur et hypothétique, et contrairement à la peur, la crainte permet de garder son sang-froid. Ajoutons que le mot crainte contient souvent une dimension de respect et de soumission à une autorité que la peur n’a pas.

Les disciples sont dans la crainte et non dans la peur. C’est ce que souligne le verset précédent. Les disciples que Matthieu décrit sont dans la crainte de la punition divine. Ils ont réfléchi, et sont arrivés à la conclusion que cette tempête est la conséquence de leurs péchés. Contrairement aux disciples décrits par Luc et Marc, qui, eux, sont dans la peur.

Finalement, les disciples décrits par Matthieu craignent non pas pour leur vie, mais le châtiment divin. Ils ne connaissent pas encore parfaitement Dieu, ils sont encore liés à cette fausse croyance de la rétribution divine.

Ce mot ὀλιγόπιστος – oligospistos est formé du mot ὀλίγος – oligos qui signifie petit, un peu, peu de et du mot πίστις – pistis qui désigne la foi, c’est-à-dire la conviction de la vérité, la conviction que la vérité est Dieu, la conviction de l’existence de Dieu… La foi n’est pas la croyance, car dans la foi, on sait, on est convaincu de quelque chose, alors que dans la croyance, on croit à quelque chose, mais on n’en est pas sûr. La croyance est vacillante, la foi est stable.

En réalité, Jésus demande à ses disciples pourquoi ils ont si peu de foi. Il ne les réprimande pas, mais Il leur pose une question afin de les faire réagir. Oui, ils suivent Jésus-Christ, oui ils ont vu en Lui le Messie, mais ils ont une fausse image du Messie. Oui, ils croient en Dieu, mais ils ne connaissent pas Dieu pour avoir totalement foi en Lui. Leur foi est petite, et ils doivent grandir dans la foi.

Et Jésus va leur montrer la puissance de Dieu en calmant la tempête. Dans la traduction française, on lit que Jésus menace les vents et la mer. Comment peut-on menacer les vents et la mer ? On ne peut pas dire aux vents d’arrêter de souffler sous peine de quoi ? De casser la figure aux vents ?

Jésus ne menace pas les vents, il rend honneur aux vents, et à travers les vents, Il rend honneur à la puissance de Dieu, il honore la puissance de Dieu, l’action du Père. Il montre du respect face à l’action du Père.

Et les disciples vont être surpris, car cet honneur que Jésus rend au Père va arrêter la tempête. On voit ici l’action du Père qui va permettre au Fils de faire grandir la foi des disciples.

 

Verset 27

Ces hommes furent saisis d’étonnement : Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer ?

Ça y est, les disciples décrits par Matthieu ont enfin reconnu le Fils, et ils ont vu à travers Lui la puissance du Père. Ils ont reconnu la nature divine de Jésus-Christ. Et, ils ont compris que cette tempête n’était pas une punition infligée par Dieu, ils ont compris que parfois Dieu fait lever des tempêtes dans nos vies justement pour nous rectifier, pour nous faire grandir, pour que l’on puisse grandir dans notre foi et remettre sa confiance en Dieu.

Marc et Luc précisent que Jésus-Christ avait donné la direction : ils allaient passer de l’autre côté du lac. Donc, pour ces disciples, l’enseignement était de faire confiance en la Parole de Dieu, pour les uns, les disciples que Marc décrit, ne pas douter, pour les autres, les disciples que Luc décrit, ne pas voir en Jésus seulement un faiseur de miracles.  

Quant à Matthieu, il montre qu’il faut se débarrasser de toutes nos fausses croyances, surtout religieuses, afin d’arrêter d’être des gens de petite foi, des gens à la foi vacillante, remplis de fausses croyances, et de reconnaître enfin Jésus-Christ comme le Fils de Dieu, le seul Chemin qui mène au Père, la Vie et la Vérité.  

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

 

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