Psaume 7 – Introduction

Introduction au psaume 7 – Contexte

Étude du verset 1

Le psaume 7 est habituellement appelé « La prière du juste persécuté ». Il sonne comme une complainte (traduction du mot shiggaïon), la complainte du juste, qui est David, persécuté par les paroles de Cush le Benjaminite. Ce n’est pas la première fois que David crie à l’Éternel parce qu’il se sent persécuté. Ce n’est pas la première fois que David s’en remet à Dieu. En effet, nous avions vu, lors de l’étude du psaume 3, que David crie vers l’Éternel à cause de la rébellion de son fils Absalom. Dans ce psaume, David sait que des ennemis l’entourent. Et il a préféré partir, et non fuir, pour éviter d’envenimer la situation, avec l’espoir que son fils revienne à lui (voir les études concernant le psaume 3).

Dans ce psaume 7, on a l’impression que David se répète, mais que son persécuteur n’est plus Absalom et ses conseillers, mais Cush le Benjaminite. De plus, encore une fois, on a l’impression que David demande à Dieu de punir les méchants, comme au psaume 5. Mais lors de l’étude du psaume 5, nous avions montré que David demande à Dieu non pas de punir les méchants, mais il prie pour que les méchants reviennent à Dieu. Et l’on verra que c’est toujours le cas au psaume 7. De plus, encore une fois, on nous parle de la colère de Dieu, cette colère qui fait peur, cette colère qui amène la destruction du méchant. Et encore une fois, on va montrer que ce n’est absolument pas ce qu’avait dit David, qu’il n’est pas question de colère divine, mais plutôt d’amour.

 

Commençons par lire ensemble le psaume 7.

¹Shiggaïon de David, qu’il chanta à l’Éternel à l’occasion des paroles de Cush, le Benjaminite.

²Éternel, mon Dieu ! en toi j’ai mis ma confiance : sauve-moi de tous ceux qui me poursuivent, et délivre-moi ;

³De peur qu’il ne déchire mon âme comme un lion qui met en pièces, et il n’y a personne qui délivre.

⁴Éternel, mon Dieu ! si j’ai fait cela, s’il y a de la méchanceté dans mes mains, ⁵si j’ai rendu le mal à celui qui était en paix avec moi (mais j’ai délivré celui qui me pressait sans cause), ⁶que l’ennemi poursuive mon âme et l’atteigne, et qu’il foule à terre ma vie, et qu’il fasse demeurer ma gloire dans la poussière. Sélah.

⁷Lève-toi dans ta colère, Ô Éternel ! Élève-toi contre les fureurs de ceux qui me pressent, et réveille-toi pour moi : tu as commandé le jugement.

⁸Et l’assemblée des peuplades t’environnera ; et toi, à cause d’elle, retourne en haut.

⁹L’Éternel jugera les peuples. Juge-moi, Ô Éternel, selon ma justice et selon mon intégrité qui est en moi.

¹⁰Que la malice des méchants prenne fin, je te prie, et affermis le juste, toi, le Dieu juste, qui sondes les cœurs et les reins.

¹¹Mon bouclier est par devers Dieu, qui sauve ceux qui sont droits de cœur.

¹²Dieu est un juste juge, et un Dieu qui s’irrite tout le jour.

¹³Si le méchant ne se retourne pas, Dieu aiguisera son épée : il a bandé son arc, et l’a ajusté, ¹⁴et il a préparé contre lui des instruments de mort, il a rendu brûlantes ses flèches.

¹⁵Voici, le méchant est en travail pour l’iniquité, et il conçoit le trouble et il enfante le mensonge. ¹⁶Il a creusé une fosse, et il l’a rendue profonde ; et il est tombé dans la fosse qu’il a faite. ¹⁷Le trouble qu’il avait préparé retombera sur sa tête, et sa violence descendra sur son crâne.

¹⁸Je célébrerai l’Éternel selon sa justice, et je chanterai le nom de l’Éternel, le Très-haut.

Psaume 7, Darby

Dans un premier temps, nous allons poser le contexte de ce psaume, et pour poser le contexte, nous allons essayer d’identifier ce Cush le Benjaminite. Puis, nous pourrons délimiter les différentes parties qui composent ce psaume.

 

Ce mot שִׁגָּי֗וֹן – shiggaïon vient du verbe שָׁגָה- shagah qui est une racine primaire et dont le sens est errer, être égaré, ou conduire à l’égarement en fonction de son radical qal ou hifil.

Ce psaume a été composé par David lors de ses pérégrinations, lorsqu’il a été obligé de se cacher par rapport à Saül qui le persécutait, lorsqu’il ne comprenait plus le plan de Dieu. David ne comprend pas pourquoi Saül le persécute.

Beaucoup de commentateurs pensent que cette complainte est dirigée contre Saül, et que Cush est un nom choisi par David pour dissimuler à qui il s’adresse. Même si David parle de Saül, il faut remarquer que ce sont les paroles que Saül aurait prononcées qui ont donné lieu à cette complainte. Est-ce que Saül est Cush le Benjaminite ?

C’est là qu’il faut se poser et réfléchir, et demander à Dieu d’éclairer notre esprit et de nous instruire.

Or, le texte précise que ce Cush appartient à la tribu de Benjamin, et ce détail n’apparaît que dans ce psaume. Donc, il ne peut être éthiopien, descendant de Cush fils de Cham, car il est précisé que ce Cush appartient à l’une des douze tribus d’Israël, et précisément la tribu de Benjamin, et Israël, qui était Jacob, avait pour ancêtre Sem, fils de Noé, et non pas Cham. Donc, on peut en déduire que ce Cush appartient au peuple d’Israël et qu’il est un descendant de Benjamin, fils de Jacob. Il n’est donc pas un Éthiopien.

Donc, la question reste posée. Qui est-il ? Et pourquoi ses paroles plongent-elles David dans la détresse ?

Ainsi, David est angoissé à cause d’une parole forte de Cush le Benjaminite, une parole que David considère comme venant de Dieu. On commence à comprendre pourquoi David s’interroge sur le Plan de Dieu, pourquoi il ne comprend plus le Plan de Dieu, et pourquoi cela l’angoisse. À cause de cette parole qu’a prononcé Cush le Benjaminite.

Quelle est-elle cette parole ?

Lisons 1 Samuel 9:1-2 : « Et il y avait un homme de Benjamin, et son nom était Kis, homme fort et vaillant, fils d’Abiel, fils de Tseror, fils de Becorath, fils d’Aphiakh, fils d’un Benjaminite ; et il avait un fils, et son nom était Saül, homme d’élite et beau : et il n’y avait aucun des fils d’Israël qui fût plus beau que lui ; il était plus grand que tout le peuple, depuis les épaules en haut. »

La Parole de Dieu mentionne un homme répondant au nom de Kis, de la tribu de Benjamin, et cet homme est le père du roi Saül. Donc, Saül est un benjaminite.

Kis en hébreu c’est קִישׁ – qiysh, nom qui signifie « courbé, piège, oiseleur » et qui découle de la racine קוֹשׁ – qowsh qui signifie littéralement tendre un piège, leurrer, poser un appât.

Si on lit le premier livre de Samuel, on sait que David estimait beaucoup Saül et qu’il l’a toujours vu comme l’oint de l’Éternel, et donc il le respectait, et cela même après que Saül s’est mis en tête de le tuer. C’est cette parole-là que David ne comprend pas, il ne comprend pas pourquoi Saül veut le tuer. Il sait que le roi est l’oint de l’Éternel, donc il le respecte pour cela. Mais il ne comprend pas pourquoi il veut le tuer. Qu’a-t-il fait pour mériter un tel acharnement de la part de l’oint de l’Éternel ? Et si cet acharnement provient de Saül, celui qui a été choisi par Dieu pour être roi, c’est que David a forcément fait quelque chose pour déplaire à Dieu. C’est ce que pense David.

Et pour ne pas envenimer la situation et tuer le roi Saül, David a préféré partir, sachant que Dieu interviendra. On retrouve ce même état d’esprit de David au psaume 3, lorsque David préfère partir quand son fils Absalom se rebelle contre lui, et placer sa confiance en Dieu, plutôt qu’affronter son fils, et le perdre à tout jamais.

Le roi Saül n’avait a priori rien à reprocher à David, et il avait poursuivi David sans cause, alors que ce dernier le respectait énormément. D’ailleurs, même Jonathan, fils de Saül, s’était rangé de son côté.

Que faut-il comprendre ? David n’a pas compris pourquoi Saül lui en voulait et lui tendait des pièges pour le faire périr. Ce Cush le Benjaminite est le roi Saül, et la sentence de mort qu’il a prononcé contre lui le plonge dans l’angoisse. En effet, Saül a décrété la mort de David, et David considère Saül comme l’oint de Dieu, donc, ses paroles sont vérités. Et là, il ne comprend plus le plan de Dieu. Lui qui souhaitait, au plus profond de son cœur, servir le roi que Dieu avait choisi pour guider le peuple, le voilà obligé de se cacher de ce roi qu’il estime tant. Il ne comprend pas pourquoi Saül lui en veut, pourquoi il veut le faire périr. Et c’est pour cela qu’il l’appelle Cush, celui qui a été brûlé, noirci par sa jalousie. Et David culpabilise, il croit être responsable de la haine que lui voue Saül, il pense qu’il a fait quelque chose de mal qui a provoqué cette haine.

D’ailleurs, David sera très triste en apprenant la mort du roi Saül, non seulement parce qu’il le respectait, mais aussi parce qu’il portera la culpabilité de cette mort dans sa chair, comme une écharde. À l’image de Paul qui garde constamment la mémoire de tous les pauvres gens qu’il a persécutés avant sa conversion, David se sentira coupable de la mort de Saül, une douleur qui reviendra surtout dans les moments de fatigue, qui va le tirailler dès qu’il sera dans un moment de faiblesse.

Comment épancher cette douleur ? C’est tout le sens de ce psaume 7. David va épancher sa tristesse, va confier cette douleur à Dieu, va se confier à Dieu. Et finalement, ce psaume devrait s’intituler la prière du juste égaré par les remords, ou la prière du juste rongé par les regrets.

Quel est ainsi le sens de ce verset 1 ? Donnons sa traduction sémantique : « ¹Complainte de David, qu’il chanta à l’Éternel lorsqu’il était dans l’égarement à cause d’une parole prononcée par Cush le Benjaminite (le roi Saül) à son encontre. »

 

La structure du psaume 7

 

Maintenant que l’on a vu le contexte de ce psaume 7, il nous faut en poser la structure, c’est-à-dire ses différentes parties, afin de pouvoir les dérouler au fur et à mesure de nos études.

Reprenons le mot שִׁגָּי֗וֹן – shiggaïon qui a été traduit par complainte. Ce mot en hébreu se trouve deux fois dans l’Ancien Testament, la première fois dans le Livre de Habakuk et plus précisément au verset 1 du chapitre 3 de ce livre, et la seconde fois dans le psaume qui nous intéresse. Il y a donc un lien entre le psaume 7 et le chapitre 3 du Livre de Habakuk. Dans le premier chapitre de son livre, le prophète Habakuk ne comprend pas le Plan de Dieu, il est perdu et tout au long du livre, Dieu lui montre qu’Il a entendu son angoisse, et qu’Il entend toujours les plaintes des justes. Et Il va lui expliquer, avec une douceur et une patience paternelle, la justice et les jugements qui sont tombés sur son peuple, ainsi que sur les ennemis de son peuple. Et Dieu lui montre, plutôt lui enseigne, que le juste n’est pas sans ressource pour traverser le jugement, car Dieu l’accompagne et le soutient dans toutes les épreuves. Et au chapitre 2, Dieu enseigne que le juste vivra par la foi et Il explique à son prophète qu’Il sera glorifié dans un temps à venir, que tous les peuples de la terre vont s’agenouiller et tous seront remplis de la connaissance de Dieu et de sa gloire. Et là, le prophète peut dire qu’il a entendu ce que Dieu fait, qu’il a compris le Plan de Dieu.

Ici, on a la même chose : David ne comprend pas le Plan de Dieu, il est perdu. Petit à petit, dans le psaume, David va comprendre et va pouvoir dire, comme Habakuk, j’ai entendu et compris le Plan de Dieu.

Nous allons étudier ce psaume selon 5 grandes parties :

⇒ Partie I a Le verset 2, verset dans lequel David, après avoir été perdu et n’avoir plus compris le plan de Dieu, peut dire « J’ai entendu ».

⇒ Partie II a Le verset 3, où David exprime sa délivrance, car il se réfugie dans l’Éternel.

⇒ Partie III a Les versets 4 à 6, versets où David résume un peu tout ce qu’il s’est passé.

C’est après cette partie qu’arrive le mot Pause – Sélah, qui montre un changement de tonalité. À partir de là, David se sent léger, son cœur est léger, il n’a plus de problème, car il a tout confié à Dieu.

⇒ Partie IV a Les versets 7 à 17, une très grande partie dans laquelle David décrit le Plan de Dieu. Cette partie est tellement dense qu’on va la partager en quatre sous parties : les versets 7 à 8, les versets 9 à 10, les versets 11 à 14, les versets 15 à 17.

⇒ Partie V a Le verset 18 ou l’expression magnifique de la foi de David qui a compris, tout comme Habakuk, que le juste vivra par la foi.

Dans la prochaine étude, nous allons donc nous pencher sur le verset 2 de ce psaume afin de comprendre ce que signifie spirituellement « entendre Dieu ».

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

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