Genèse 2 – Versets 21 à 25

Genèse 2 versets 21 à 25

L’homme et la femme

Le chapitre 2 du Livre de la Genèse est la suite directe du chapitre 1, et notamment les premiers versets qui relatent le 7e jour de la Création, ainsi que le séjour de l’homme au jardin d’Éden et la formation de sa compagne. Ce chapitre 2 du Livre de la Genèse relate l’état originel du monde avant la chute de l’homme et de la femme.

Ces derniers versets du chapitre 2 de la Genèse racontent la formation de la femme à partir d’une côte de l’homme. Quel est le véritable sens selon la Parole de Dieu de ce passage ? Lors des études précédentes, nous avions montré que l’être humain, enseigné par Dieu, avait compris la nécessité d’avoir une aide semblable à lui. Et alors, Dieu va former cette aide, et l’on va voir toute l’importance de ce passage afin de comprendre la véritable relation entre l’homme et la femme, qui, ensemble, ne forment qu’une seule chair.

Rappelons que le but de ces études est de donner le sens le plus proche possible du texte du Livre de la Genèse, donc de la Parole de Dieu. Dans ces études, nous nous attarderons essentiellement sur les mots hébreux dont le sens n’a pas été correctement restitué ou parfois même inversé par les traductions françaises qui sont à notre disposition, afin de pouvoir donner le sens véritable du texte, sans le prisme d’une doctrine ou d’une idéologie religieuse. 

Il est fortement recommandé de lire ou d’écouter les études précédentes, car de nombreuses notions déjà expliquées vont être reprises dans cette étude.

Rappelons que Dieu s’adresse à tous, par des termes simples, et que chacun peut comprendre ce que Dieu dit. Rappelons aussi que pour comprendre où l’on va, il faut connaître d’où l’on vient.

 

²¹Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. ²²L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. ²³Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. ²⁴C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

²⁵L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

Genèse 2:21-25, Traduction Louis Segond

Ce texte soulève plusieurs questions : pourquoi Dieu fait-il tomber un sommeil profond sur l’homme ? Est-ce une anesthésie ? Est-ce une opération chirurgicale qu’Il opère sur l’homme ?

On peut aussi se poser la question du pourquoi Dieu amène à l’homme la femme qu’Il vient de former ? L’homme reconnaît la femme comme une partie de lui-même : mes os de mes os, ma chair de ma chair. Quel est le sens de cette phrase ?

Notons que l’adam mâle, reconnaît la femme que Dieu a formée comme étant comme lui, il la reconnaît comme son aide semblable à lui. Pourtant, physiquement, la femme et l’homme sont différents. Ainsi, le critère de ressemblance n’est pas inhérent au physique, mais bien au spirituel, à l’esprit. Adam voit en la femme le même esprit que lui.

Notons aussi que l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et que cette injonction n’est pas pour la femme, seulement pour l’homme. Cette injonction ne concerne pas la femme, seulement l’homme. Pourquoi ?

Enfin, le texte précise que l’homme et la femme étaient nus et qu’ils n’en avaient point honte. Quel est le sens spirituel de ce dernier verset du chapitre 2 du Livre de la Genèse ?

Voyons tout cela en détail.

 

Le verbe נָפַל – naphal est au radical hifil dans notre texte, et au mode imparfait. Mais ce mode imparfait est un imparfait consécutif, car accompagné du ו (vav) qui va renforcer le sens du verbe montrant le caractère durable de l’action. Ce qu’il va se passer ici sera fixé et irréversible. Et le radical hifil est un causatif actif, ce qui montre bien que c’est parce que Adam a admis qu’il était le seul de son espèce, et donc, qu’il a consenti à avoir une aide semblable à lui, que Dieu fait tomber un profond sommeil sur lui. On commence déjà à comprendre que Dieu n’a pas agi sans le consentement d’Adam. Il a d’abord fait comprendre à Adam qu’il avait besoin d’une aide, et alors Adam était prêt à accueillir cette aide semblable à lui.

Le verbe נָפַל – naphal signifie, au radical hifil, faire tomber, jeter à terre, faire prosterner, renverser.

On trouve, dans l’Ancien Testament, sept occurrences de ce mot, la première étant celle de notre texte.

En Genèse 15:12 nous lisons : « Comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur, une grande obscurité, tomba sur lui. ».

Quand on lit la suite du texte, on comprend que l’Éternel, durant ce sommeil profond, lui dévoile l’avenir.

En Job 4:13-14 nous lisons : « Au moment où les visions de la nuit agitent la pensée, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, je fus saisi de frayeur et d’épouvante, et tous mes os tremblèrent. »

C’est Eliphaz qui parle à Job. On comprend que c’est pendant la nuit, lors du sommeil profond, que Dieu nous parle et nous donne des visions. C’est pour cela qu’on parle de transe et de catalepsie.

En Job 33:14-18 nous lisons : « Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions, afin de détourner l’homme du mal et de le préserver de l’orgueil, afin de garantir son âme de la fosse et sa vie des coups du glaive. »

C’est durant le sommeil profond que Dieu parle à l’homme, en vision, en songe. Le sommeil profond est le moment où l’activité électrique du cerveau est la plus lente, le moment où le sommeil est lent et profond. C’est précisément à ce moment-là que l’hormone de croissance est sécrétée, permettant de réparer ce qui a été cassé durant la journée, au niveau des muscles et des articulations, et aussi de consolider ce que l’on apprit la journée. C’est aussi durant cette phase de sommeil que le système immunitaire se renforce permettant de rester en bonne santé. Et c’est surtout le moment où Dieu nous parle pour nous détourner du mal, donc de la maladie, des malheurs, des mensonges…

Si l’on revient à notre texte, on a donc une idée de communication. Tout se fait dans la communication. Puisque c’est durant le sommeil profond que Dieu parle, il y a donc eu un échange entre Adam et Dieu. Adam savait ce que Dieu allait faire, et Dieu a plongé Adam dans un état de sommeil profond pour former la femme.

Ce mot découle de la racine צָּלַע – tsala’ qui est un verbe dont le sens est boiter, être boiteux.

On comprend, sans qu’il ne puisse y avoir d’ambiguïté, que Dieu a utilisé une côte de l’adam mâle pour former la femme. Il y a eu ici une véritable opération chirurgicale. Pourquoi utiliser une côte de l’adam ? Dieu a utilisé des tissus existants, il n’est pas parti de zéro, afin de montrer que l’homme et la femme sont de la même substance, et que tous deux sont porteurs de l’image et de la ressemblance de Dieu. Notons que pour ce faire, Dieu a utilisé une côte, et l’on sait que les côtes possèdent un pouvoir de régénération étonnant, ce qui signifie que la perte d’une côte pour l’adam n’a été que temporaire.

Il est aussi intéressant de noter que génétiquement, il fallait partir d’un homme pour former une femme. En effet, l’homme a pour chromosomes sexuels XY, alors que la femme est XX. La femme ne possède pas de chromosome Y, alors que l’homme possède un X dans son génome. Il a donc suffi à Dieu de doubler ce chromosome X pour former la femme, et l’on comprend que toutes les différences, physiques, comportementales, physiologiques, sexuelles… entre l’homme et la femme proviennent essentiellement d’un seul chromosome !

Rappelons aussi que la femme, formée à partir d’une côte d’Adam, a été formée pour être une aide à l’homme, pour être à côté de l’homme, pas devant, pas derrière, mais à côté de l’homme, pour marcher main dans la main avec l’homme dans la même direction.

Et donc, cette femme, ishah, Dieu va l’amener à l’homme pour qu’il la découvre, et pour que la femme découvre l’homme. Et on va voir ce que dit l’adam lorsqu’il voit la femme.

 

Adam est devenu אִישׁ – ‘yish. C’est dans l’acceptation de la condition féminine que l’homme Adam est devenu l’homme ‘yish, c’est-à-dire l’homme qui accepte sa condition masculine. C’est en voyant la femme que Adam comprend qu’il est un homme. C’est dans la relation à l’autre, la relation mixte, que l’on se reconnaît en tant qu’homme ou en tant que femme.

Une seule lettre est différente entre ces deux mots אִישׁ – ‘yish et אִשָּׁה – ishah, comme un seul chromosome est différent entre l’homme et la femme.

Mettons ces deux mots face à face :

L’homme et la femme, qui se font face, qui forment un couple, une seule chair, un couple qui s’associe à Dieu Créateur et Amour pour fonder la vie dont la base est l’amour. Seul un acte d’amour devient créateur de la vie, car Dieu est au milieu du couple. Lorsque le couple s’associe, alors à deux ils englobent Dieu le Créateur, l’Esprit de Dieu, le Messie qui est la Vie. Ils englobent Dieu dans sa Trinité, et le but tend vers la vie. C’est le fondement même de la famille qui se construit dans le couple.

 

Notons que, dans ce verset, l’homme c’est אִישׁ – ‘yish et la femme c’est אִשָּׁה – ishah, et que cet ordre, ce commandement de quitter son père et sa mère est donné uniquement à l’homme en couple, associé à la femme, et non à la femme.

Le verbe עָזַב – ‘azab, lorsqu’il est au radical qal, signifie quitter au sens de partir de, laisser derrière, se détacher, se rendre libre.

Donc, l’homme doit laisser derrière lui ses liens familiaux pour se joindre à sa femme, et devenir alors une seule chair avec elle.

Pourquoi ? Parce que c’est sur l’homme que repose la responsabilité de construire une nouvelle famille. Et pour cela, il doit quitter son ancienne famille pour être capable d’en construire une nouvelle. Et cela, bien sûr, avec l’aide de la femme.

Lorsqu’il était enfant, le chef de famille était son père. Maintenant devenu adulte, c’est à lui de prendre ce rôle et de devenir, dans sa nouvelle famille, le chef de famille, et c’est à lui que revient la responsabilité de soutenir, protéger et subvenir à sa famille.

Attention, cela ne veut pas dire qu’il doit oublier son père ou sa mère, ne plus les voir, les rejeter complètement. Non, bien sûr que non ! Cela signifie que c’est à lui maintenant de construire ses propres règles familiales, sa famille, avec sa femme. Les décisions concernant la famille doivent alors se prendre à l’intérieur du couple, dans le dialogue, afin que le couple puisse marcher dans la même direction. Et cela permet aussi à la femme de prendre sa position d’aide, de compagne, d’épouse, qui va construire, avec l’homme, le cocon familial. Le fait que tous deux deviennent une seule chair signifie que tous deux ne forment plus qu’un, et que tous deux doivent se soutenir et s’entraider, et œuvrer à construire leur propre famille. Et alors, ils peuvent, à eux deux, accueillir la vie, un être nouveau, l’enfant.

 

Si on analyse les racines qui composent cet adjectif, on remarque alors quelque chose de très curieux :

En vérité, l’homme et la femme émettaient de la lumière dont la source était l’esprit en eux. Ils étaient, littéralement, des êtres de lumière.

Ainsi, l’homme et la femme n’étaient pas honteux de leur nudité, ne se sentaient pas honteux. Le mode imparfait montre que l’action est un processus continu. Et le radical hitpael indique qu’il s’agit d’un causatif réfléchi intensif. Ainsi, l’homme et la femme étaient nus, ils émettaient de la lumière et chaque jour qui passait, ils n’avaient pas honte de leur nudité, et leur nudité ne les faisait pas agir honteusement.

L’homme et la femme dans le jardin d’Éden rayonnaient, car ils étaient remplis de l’Esprit.

Lisons Exode 34:34-35 : « Et quand Moïse entrait devant l’Éternel pour parler avec lui, il ôtait le voile jusqu’à ce qu’il sortît. Puis il sortait et disait aux fils d’Israël ce qui avait été ordonné. Et les fils d’Israël voyaient le visage de Moïse dont la peau rayonnait, et Moïse remettait le voile sur son visage jusqu’à ce qu’il entrât pour parler avec l’Éternel. »

Moïse aussi avait le visage qui rayonnait, car il était rempli de l’Esprit de Dieu. Celui, le juste, qui est rempli de l’Esprit de Dieu, émet de la lumière, il est comme une lumière qui éclaire le monde des ténèbres.

Lisons Matthieu 17:1-2 : « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. »

Tout le corps de Jésus a rayonné, a émis de la lumière.

À nous d’être lumineux, car nous sommes amenés à redevenir des êtres de lumière. Faisons briller notre lumière.

Que Dieu vous garde et vous protège.

 

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