Psaume 6 – Partie III – Acceptation de la faute
Étude des versets 7 et 8
Nous avions vu que le psaume 6 est un chant de délivrance, le chant de délivrance de celui qui se sait coupable devant Dieu et qui se repend dans la douleur. Les versets 7 et 8 du psaume 6 expriment la douleur d’un homme qui a accepté sa faute, qui a accepté de se voir en vérité. Il n’y a plus de peur, simplement le soulagement de l’acceptation de la vérité.
Relisons les versets 7 et 8 :
⁷Je m’épuise à force de gémir ; chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes, mon lit est arrosé de mes pleurs.
⁸J’ai le visage usé par le chagrin ; tous ceux qui me persécutent le font vieillir.
Psaume 6 :7-8, Traduction Louis Segond
David s’épuise, David pleure chaque nuit, il exprime sa souffrance. Il a pris conscience de sa faute, il se sait pécheur, et maintenant, il se lamente, car il a accepté la vérité de sa faute.
David est fatigué, et cela, ceux qui l’entourent le voient. Et ses persécuteurs, qui remarquent sa fatigue, en profitent pour le persécuter encore plus. Ils profitent de son état de faiblesse pour l’affaiblir davantage.
Et c’est souvent dans ces moments de grande détresse que les méchants arrivent pour nous plonger encore plus la tête sous l’eau. Et c’est justement ce qui arrive à David : ceux qui l’entourent et qui sont censés l’aider, le soutenir, vont au contraire, profiter de son état de faiblesse pour le rendre encore plus faible.
Voyons tout cela en détail.

En hébreu, le parfait est un temps verbal qui exprime une action accomplie dans le passé. Ce temps est souvent utilisé pour décrire des actions qui se sont produites dans un passé lointain de manière instantanée ou unique ou des actions qui sont considérées comme terminées par rapport au temps présent. En réalité, David ne s’épuise pas, il s’était épuisé ou il s’est épuisé, et cette action est finie, elle a eu lieu auparavant. Maintenant, il n’est plus épuisé.
Au radical qal, le verbe יָגַע – yaga peut se comprendre selon deux sens différents. Le premier sens est le fait de travailler dur, de faire un dur labeur. Le second sens, c’est être las.
Ainsi, David a travaillé dur, il a fait un dur labeur spirituel qui l’a rendu las. Être las, dans son sens littéral, signifie éprouver ou manifester une grande fatigue physique. Donc, David a travaillé dur, il a fait un dur labeur qui l’a épuisé.
Quel est ce grand labeur ? Tout simplement, le fait de reconnaître son état de pécheur et se repentir devant Dieu. Cela lui a demandé énormément de travail et d’énergie, d’où son état d’épuisement. Mais ça y est, c’est fait.
Remarquons dans l’écriture de ce verbe conjugué dans le texte un petit caractère spécial :

On remarque un pessik dans l’écriture du mot, un caractère spécial qui montre que ce qui va suivre est totalement dissocié de ce verbe. Ainsi, David s’est épuisé et l’on peut y mettre un point. Ce qui va suivre n’a rien à voir dans son épuisement, comme le fait sous-entendre la traduction.
Littéralement on devrait lire : « Je me suis épuisé dans mon travail. À force de gémir, chaque jour ma couche est baignée de mes larmes… » Et ici, dans cette phrase, le point-virgule n’existe pas, et il serait plus judicieux de le remplacer par une virgule.
Le fait d’être épuisé et le fait de pleurer sont deux actions totalement dissociées. Ce n’est pas parce que David est épuisé qu’il pleure. David était épuisé, il ne l’est plus. Et David a tant pleuré qu’il a trempé son lit de ses larmes. Il y a ici une séparation dans les actions. Maintenant, il nous reste à définir si cette action de pleurer est passée ou présente.
Regardons la suite du verset, mais en remettant les mots tels qu’ils apparaissent dans le texte en hébreu :
« Dans mon gémissement, je trempe toute la nuit mon lit avec mes larmes mon grabat j’inonde ».
Ce n’est certes pas une phrase correcte en français, mais elle nous permet de mieux agencer les mots, et cela nous permet de comprendre que les larmes trempent son lit et inondent son grabat. Y a-t-il une différence entre le lit et le grabat ?
Reprenons notre fin de verset avec les mots dans le bon ordre :

Le mot אֲנָחָה – anachah signifie soupir, gémissement. On est bien dans l’expression d’un chagrin intense ou d’une détresse physique. Et comme c’est le chagrin ou la détresse de David et que c’est lui qui s’exprime, on pourrait traduire par « dans mon gémissement », dans « mes soupirs de détresse ».

Mais, ça ne fonctionne pas, car ce verbe est conjugué à la première personne du singulier. Donc, c’est David qui se baigne. C’est David qui se baigne dans ses larmes toute la nuit. Il faut comprendre que David pleure toute la nuit, et ses larmes trempent son lit, certes, mais que spirituellement, il se baigne dans ses larmes, c’est-à-dire qu’il essaie de laver son péché dans l’eau de ses larmes.
Comme le verbe est à l’imparfait, cela nous montre que cette action s’est étalée dans le temps, qu’elle a été faite par David plusieurs fois, durant plusieurs nuits.

La nuit, c’est le moment où il fait noir, c’est le moment où l’on dort (habituellement), et c’est le moment où Dieu nous répare, nous guérit et grave sa Parole dans notre cœur. Donc, la nuit, qui est considérée par nous comme les ténèbres, est le moment où l’ombre de Dieu veille sur nous.
Ainsi, toutes les nuits, David gémissait et se baignait dans ses larmes, et Dieu le consolait, veillait sur lui, lui parlait.

Le mot מִטָּה – mittah désigne effectivement le lit, la couche, et aussi la civière. Donc, ce mot peut désigner le lit d’un malade.
Ce mot découle de la racine primaire נָטָה – natah qui désigne un lit, et ce qui est en bas, et qui peut désigner une branche ou un bâton. C’est de cette même racine que découle le verbe נָטָה – natah dont le sens est étendre, étirer, lancer, tourner, détourner, pervertir, incliner, plier, courber.
Donc, c’est dans un lit que David s’est perverti, et c’est dans un lit qu’il s’est courbé, recroquevillé, qu’il s’est trempé dans ses larmes pour implorer Dieu, pour chercher le bâton pour se relever, car David était en train de sombrer. Et c’est dans sa souffrance qu’il a trouvé une force pour revenir à Dieu.

Notons que les deux mots, מִטָּה – mittah et עֶרֶשׂ – ‘eres, désignent tout deux un lit. Cependant, dans le mot מִטָּה – mittah on a une petite connotation de civière sur laquelle on couche les malades, qui n’apparaît pas dans le mot עֶרֶשׂ – ‘eres.

Ce verbe a quatre occurrences dans la Parole de Dieu :
⇒ La première occurrence, dans notre texte, où il a été traduit par tremper ou inonder.
⇒ La seconde occurrence en Josué 14:8 : « Mes frères qui étaient montés avec moi faisaient fondre le cœur du peuple ; mais moi, je suivis pleinement l’Éternel, mon Dieu. »
Ici, on voit que ce verbe a été traduit par fondre le cœur. On a comme une image d’un cœur qui se liquéfie.
⇒ La troisième occurrence se trouve au Psaume 39:12 : « Quand tu châties un homme, en le corrigeant à cause de l’iniquité, tu ronges comme la mite sa beauté ; certainement, tout homme n’est que vanité. »
Ici, ce verbe a été traduit par le verbe ronger, avec l’idée d’une mite qui ronge petit à petit un vêtement.
⇒ La quatrième occurrence se trouve au Psaume 147:18 : « Il envoie sa parole et les fait fondre ; il fait souffler son vent : les eaux coulent. »
En vérité, que faut-il comprendre ? Tout simplement que David dit qu’il est en train de fondre dans son lit, qu’il se décompose, qu’il se liquéfie, qu’il se ronge de l’intérieur.

En effet, le mot עַיִן – ‘ayin désigne l’organe l’œil, le sens de la vue, ainsi que les facultés mentales et spirituelles.
Lisons Matthieu 6:22-23 : « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !
Jésus-Christ nous dit que l’œil est la lampe de notre corps. Et s’il n’est pas en bon état, alors tout notre corps sera dans les ténèbres. C’est-à-dire que si l’œil ne regarde pas la bonne lumière, qui est Jésus-Christ, mais la fausse lumière du monde, le clinquant du monde, alors tout notre corps sera déséquilibré.
Pour approfondir ce thème, je vous invite à lire ou visionner l’étude 44 de l’Évangile de Matthieu – L’œil, la lampe du corps.
Et là, on comprend que c’est le sens de la vue qui a fait chuter David. Il a regardé, puis convoité, et c’est de la convoitise que naît le péché. Cependant, David ajoute que son œil est usé par le chagrin, c’est-à-dire qu’il fonctionne mal à cause de son chagrin.

Le verbe עָשֵׁשׁ – ‘ashesh signifie dépérir, manquer.
Que dit David ? Que sa vision dépérissait à cause du chagrin, de la colère, de la contrariété.
David était dans un état de faiblesse spirituelle, sa vision n’était plus claire, la lampe de son corps fonctionnait mal et tout son corps dépérissait. Il était aussi dans un état de faiblesse physique engendré par sa faiblesse spirituelle. Et ses ennemis ont profité de son état de faiblesse, de ces moments où David n’avait pas les idées claires, où il pouvait être influencé par de mauvais conseils, de mauvaises doctrines, pour le faire tomber davantage. Il dit que sa vision vieillit à cause de tous ceux qui le persécutent.

Ainsi, tous ses oppresseurs, ses adversaires, en le traitant avec inimitié, en le vexant, en le harassant, font vieillir sa vision, c’est-à-dire qu’ils font dépérir encore plus sa vision.
David était dans un état de faiblesse, il n’avait pas les idées claires. Et il dit clairement que certains ont profité de son état de faiblesse pour l’attaquer et le mettre à mort.
Et on verra, à la prochaine étude que David, malgré son tourment, malgré son trouble, n’a pas perdu sa foi, et que Dieu, avant même que David crie vers lui, avait déjà agi, avait déjà entendu son cri de détresse.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.
Pour écouter cette étude sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist
