Psaume 6 – Partie II – L’appel à l’aide
Étude des versets 5 et 6
Nous avions vu que le psaume 6 est un chant de délivrance, le chant de délivrance de celui qui se sait coupable devant Dieu et qui se repend dans la douleur. Les premiers versets du psaume 6 décrivent l’expression de cette souffrance. Ils résonnent comme le cri de détresse d’un homme qui réalise son état de pécheur, qui ne sait pas comment réparer sa faute, et qui a peur.
Relisons les versets 5 et 6 du psaume 6
⁵Reviens, Éternel ! Délivre mon âme ; sauve-moi, à cause de ta miséricorde.
⁶Car celui qui meurt n’a plus ton souvenir ; qui te louera dans le séjour des morts ?
Ces deux versets expriment un gémissement. David ne crie plus, il gémit, car il a pris conscience de sa faute, et il a peur de mourir. C’est pourquoi, dans un dernier souffle, il demande à Dieu de l’aider, de le délivrer.
David est envahi par la peur de la mort. Ce qui montre deux choses :
⇒ David sait que le péché mène à la mort.
⇒ Et parce qu’il connaît Dieu, il sait que seul Dieu peut lui venir en aide.
Nous avons dans ces quelques versets l’expression de la foi totale de David : David a peur, mais il sait que même dans ces moments-là, et surtout dans ces moments-là, Dieu peut être trouvé, Dieu peut se faire trouver. Et c’est pour cela qu’il l’appelle, car il sait que seul Dieu peut l’aider.
En première partie, nous étions face à un homme qui est mis devant sa faute. En seconde partie, nous sommes face à un homme qui se sait coupable, qui a reconnu sa faute, et qui s’en repend.
David parle de la mort, et du séjour des morts. Parle-t-il de la mort du corps et de la mort spirituelle ? Qu’est-ce que le séjour des morts ? Surtout, pourquoi David demande-t-il à Dieu de revenir ? Était-Il parti ?
Voyons tout cela en détail.

Nous l’avons vu lors de la précédente étude, David a peur de perdre sa relation avec Dieu, il a peur de s’éloigner de Dieu. Et il demande à Dieu de le faire revenir à Lui.
Dans l’écriture de ce mot, il y a un signe de cantillation sous la lettre ב – beit qui doit retenir notre attention :

Le chofar holèkh est un signe de cantillation formé de deux traits à angle droit dont le sommet est la pointe d’une aiguille d’une boussole dirigée vers l’est. Littéralement, le chofar holèkh se traduit par « cor marchant » vers l’est.
Ainsi, on a un changement d’intonation par cette marche vers l’est. David n’est plus recourbé sur lui-même, il s’est levé, et regarde vers l’est, c’est-à-dire vers Dieu. On n’est plus dans la même attitude, dans cette attitude prostrée du début. David a reconnu sa faute, et maintenant il se lève pour en demander le pardon à Dieu. C’est la première impulsion pour se mettre en route ou se remettre en route sur le chemin de Dieu.

Le verbe חָלַץ – chalats découle d’une racine primaire dont le sens est tirer, enlever, tirer hors, dénuder, être fort, puissant, tranquille.
Ainsi, cette délivrance est lorsque Dieu nous tire hors du péché par la repentance. Alors nous sommes rendus tranquilles, car nous faisons la paix avec Dieu, et Dieu nous rend forts par sa paix.
Le radical piel est un intensif actif du radical qal qui exprime une action répétée ou étendue. Le verbe חָלַץ – chalats signifie, nous l’avons vu par sa racine, tirer, être rendu fort. Il peut aussi prendre le sens d’être équipé, d’être sauvé, de fortifier, de vivifier.
Il faut comprendre que la délivrance est le moment où Dieu nous tire du mensonge, du péché, par la repentance, le moment où Il nous rend libres en extirpant le péché en nous, le moment aussi où Il nous sauve et nous équipe des armes spirituelles pour repousser toutes les mauvaises pensées, et donc, le moment où Il nous vivifie et nous rend forts.

Pourquoi David demande-t-il à Dieu de délivrer son corps ? Car le péché naît souvent des sens, donc du corps. Le péché naît lorsque nos sens prennent le dessus sur notre esprit. Par exemple, imaginons David qui voit Bethschéba. Le sens incriminé est le sens de la vue : David la regarde, la contemple… et de là naît le désir. C’est d’abord une pensée qui va se concrétiser dans l’acte, et là c’est le péché.
C’est par le sens de la vue que naissent de nombreuses convoitises. C’est par ce sens que Eve a considéré que le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal était bon à manger, car il était beau à regarder.
Et l’on retrouve le sens d’extirper le mal de l’intérieur de soi, car le mal se trouve dans nos sens.
Lisons Romains 6:5-7 : « En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché. »
Lisons Romains 7:14-25 : « Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. »
L’apôtre Paul explique qu’il y a deux lois, celle des membres, donc des sens, la loi de la chair qui travaille dans nos membres, et celle de Dieu, que Paul appelle la loi de mon entendement. Nous sommes tous soumis à la loi de la chair qui nous rend esclaves, qui nous pousse à faire ce qu’on ne veut pas faire. Et la loi de mon entendement, qui découle de la Parole de Dieu, de l’écoute de Dieu, elle s’établit par ma volonté, celle de vouloir suivre Dieu. Alors s’engage un combat, un conflit intérieur, entre la loi de la chair et la loi de mon entendement, une lutte intérieure que l’on appelle le combat spirituel.
Dans le psaume 6, David a été tenu captif par la loi de la chair, il n’a su résister à cette loi qui l’a poussé au péché, et il sait que le péché conduit à la mort. Et il demande à Dieu de le délivrer de cette loi de la chair qui le rend captif, cette loi qui l’entraîne à faire le mal qu’il ne veut pas faire, cette loi contraire à sa volonté. C’est pour cela qu’il parle du corps, car cette loi est dans le corps, dans nos membres, dans nos sens, elle est charnelle, et elle va irriguer l’âme, donc les émotions. Or, il faut renverser la vapeur. Il faut se soumettre, par la volonté, à la loi de notre entendement, c’est-à-dire la Parole de Dieu, qui va nourrir notre esprit, qui lui va irriguer l’âme et donc réguler les émotions, et apaiser nos sens. C’est le combat spirituel, qui ne peut se faire qu’avec notre volonté de suivre, et donc de vouloir se mettre à l’écoute, la Parole de Dieu, qui est Jésus-Christ.

Concrètement, David demande à Dieu de le sauver, de le libérer des tous ses troubles, tant moraux que spirituels, et de lui donner la victoire. David demande à Dieu de lui donner la victoire sur son péché, de l’aider à terrasser son péché, de l’aider à combattre ses sens qui l’attirent dans le péché. Il s’agit ici de la définition du combat spirituel, combat qui se joue à l’intérieur de nos pensées, un combat qui se mène dans notre esprit contre l’ego et les mensonges du monde qui nous attirent dans le mal. L’ego, c’est la bouffée orgueilleuse qui se trouve à l’intérieur de nous, et qui se nourrit de nos sens pour s’agripper à l’âme.
Notons aussi ces deux signes de cantillation que l’on trouve dans l’écriture de ce mot dans le texte :

La lettre ה – hé désigne le souffle. Le guérèche signifie littéralement « vas et repousse ». C’est le souffle de Dieu qui repousse nos mauvaises pensées et qui nous fait nous lever.
Notons aussi la présence du revi’i que nous avons déjà vu lors de l’introduction au psaume 6. Ce signe montre que le ton descend d’une octave. On est bien dans une lamentation. David se lamente.

Ainsi, la miséricorde de Dieu ne peut s’obtenir que dans ce sentiment de honte que l’on ressent lorsque l’on se repend de sa faute, ce sentiment de se savoir pécheur. Imaginons que l’on fait du mal à quelqu’un qu’on aime, et que l’on sait que par notre action, cette personne en souffre. Alors, on est saisi par un sentiment de honte, car on sait qu’on est à l’origine de cette souffrance. Alors on en demande le pardon à cette personne. C’est exactement cela que fait David, il sait qu’il a fait le mal, il demande à Dieu de le délivrer de la loi de la chair et il demande à Dieu le pardon pour le mal qu’il a fait.
Verset 6
Car celui qui meurt n’a plus ton souvenir ; qui te louera dans le séjour des morts ?
Pour ce verset 6, on va remettre les mots dans l’ordre tels qu’ils apparaissent dans le texte en hébreu :

On remarque une petite nuance de sens entre le fait de dire que celui qui se meurt n’a plus ton souvenir et aucun mort n’a souvenir de toi. Celui qui se meurt, c’est celui qui est en train de mourir, alors que le mort, lui, il est déjà mort, c’est la fin. Donc, c’est vraiment celui qui est mort qui ne se souvient pas de Dieu, et non celui qui est en train de mourir. Ce qui signifie que celui qui est en train de mourir a toujours la possibilité de se souvenir de Dieu.

On sait que le péché conduit à la mort. Le péché arrive lorsque l’on se soumet à la loi de la chair, lorsqu’on n’écoute plus Dieu, la loi de l’entendement. Alors, on devient esclave de la loi de la chair, sans possibilité de combattre cette loi qui travaille dans nos membres. Si l’on n’écoute plus Dieu, alors l’esprit n’est plus nourri par la Parole de Dieu. Il va se rabougrir, se dessécher, et il va être tenu prisonnier à l’intérieur de nous, sans possibilité d’irriguer l’âme et de conduire les sens. Ainsi, on sera totalement soumis à nos sens qui vont contrôler l’âme. Donc, on deviendra pires que des bêtes, incapables de gérer nos émotions, soumis à l’instinct, incapables de réfréner nos pulsions ni nos envies. Dans la Parole de Dieu, le mort est celui qui est dominé par la loi du péché, et donc l’esprit est tenu prisonnier. C’est celui qui a fermé ses oreilles à la loi de l’entendement, à la Parole de Dieu.
Et David a peur de cette mort, et donc, il a peur de plus pouvoir entendre Dieu et d’être dominé par ses sens.

Ainsi, le mort, celui qui est entièrement dominé par ses sens, et donc par son ego, n’est plus en mesure de se souvenir de Dieu.
On sait que la mémoire est un attribut de l’âme. Si l’on n’est plus en mesure de se souvenir de Dieu, c’est que la mémoire est touchée, donc l’âme. Concrètement, cela signifie que les sens, qui contrôlent l’âme, empêchent la mémoire de fonctionner correctement. Et l’âme est empêchée de ramener à l’esprit des souvenirs, notamment celui de Dieu. Celui-là erre alors sans but sur Terre. Il mange, il travaille, il parle, il rit… mais il est complètement dominé par ses sens, son esprit est éteint, il est incapable de réflexion, incapable de se contrôler.

Beaucoup ont assimilé le schéol à l’enfer, ce lieu où seront jetés les méchants pour l’éternité. Or, le schéol n’est pas à proprement parler un lieu physique, mais il est un état spirituel, l’état de celui dont l’esprit est réduit au silence, l’état de celui qui est dominé par ses sens, rendu esclave de ses sens. Et l’enfer c’est justement le schéol. L’enfer est un état. Celui qui est en enfer, c’est celui qui est esclave de ses sens, dominé par son ego, qui a perdu l’esprit, qui n’entend plus Dieu. C’est un lieu spirituel de non-retour, un lieu spirituel où l’on ne peut plus louer Dieu, appeler Dieu, puisqu’on n’a plus souvenir de Dieu. C’est l’état spirituel de celui qui est sans Dieu.
On plonge dans ce séjour des morts, ce schéol ou l’enfer, lorsqu’on laisse la loi de la chair nous dominer complètement, lorsqu’on ne lutte pas contre cette loi de la chair.
David a peur de cet état-là, il ne veut pas sombrer dans le schéol, il ne veut pas être sans Dieu. Alors, il implore Dieu de revenir à lui, et de le délivrer de cette loi du péché qui combat dans ses membres.
Et on verra, lors de la prochaine étude, que cette délivrance ne peut se faire que par la repentance, donc par l’acception de son état de pécheur.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.
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