L’Évangile de Matthieu
La guérison de la belle-mère de Pierre – Matthieu 8:14-15
Le chapitre 8 de l’Évangile de Matthieu est une mise en application du discours de Jésus-Christ sur la montagne, avec une succession de récits de miracles comme la guérison d’un lépreux, la guérison du serviteur d’un centenier, la guérison de la belle-mère de Pierre, la guérison et la délivrance de plusieurs démoniaques et de plusieurs malades, le miracle de la tempête apaisée, la délivrance de deux démoniaques dans le pays des Gadaréniens. Tous ces miracles sont des exemples de mises en application de la Parole. Et entre ces différents miracles qui donnent des clefs de compréhension de la Parole de Dieu, Jésus-Christ nous livre d’autres enseignements spirituels très profonds. Ce chapitre huit de l’Évangile de Matthieu est donc très riche en préceptes divins.
Par ces deux versets, nous apprenons que Pierre était marié et qu’il habitait à Capernaüm. La guérison de la mère de sa femme qui souffrait, d’après la traduction, d’une fièvre, est rapide. On pourrait croire qu’il n’y a aucun enseignement à en tirer. Et pourtant… On va voir que cette guérison a, au contraire, beaucoup à nous apprendre.
Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.
Commençons par lire les versets qui intéressent notre étude
¹⁴Jésus se rendit ensuite à la maison de Pierre, dont il vit la belle-mère couchée et ayant la fièvre.
¹⁵Il toucha sa main, et la fièvre la quitta; puis elle se leva, et le servit.
Matthieu 8:14-15, Traduction Louis Segond
Ce texte nous apporte beaucoup d’informations, la première étant que Pierre était marié. D’ailleurs, et ceci pour le confirmer, nous lisons en 1 Corinthiens 9:5 : « N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? »
Ce qui signifie que non seulement Pierre était marié et qu’en plus, sa femme l’accompagnait dans ses voyages. D’ailleurs, au sein des apôtres, d’autres aussi étaient mariés. Remarquons que Paul opère une distinction entre les apôtres et les frères de Jésus-Christ, ce qui signifie que Jésus avait des frères, fils de Marie et Joseph, et que ces derniers le suivaient. Et ajoutons que Jésus-Christ était accompagné d’hommes et de femmes. Fermons la parenthèse et revenons au texte qui nous intéresse.
Une autre information qui nous est donnée est celle que Pierre résidait à Capernaüm. En effet, comme nous l’avons vu lors de l’étude précédente, Jésus est entré dans la ville de Capernaüm où Il a répondu à une demande de foi d’un centenier. Puis, il est allé dans la maison de Pierre. Nous avons vu que Capernaüm représente la ville de la repentance, de la réconciliation et de la compassion. Or, l’on sait que Simon/Pierre était originaire de Bethsaïda, comme on peut le lire en Jean 1:44 : « Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. » Il paraît donc que Pierre et André étaient venus habiter à Capernaüm où Pierre avait fondé une famille.
Maintenant, il faut nous pencher sur cette guérison miraculeuse. Et pour cela, nous allons nous remémorer le dossier numéro 5 qui réalise une étude focalisée sur cet évènement en comparant les textes de Marc, Luc et Matthieu, textes qui relatent cette même guérison selon différents points de vue. Dans ce dossier, nous avons montré que l’Esprit Saint, à travers les trois évangélistes, a donné un grand enseignement. Je vous invite à lire ce dossier numéro 5 ou à le visionner sur la chaîne @VeriteetDelivranceChrist afin de mieux comprendre le texte de Matthieu, car si on prend ce texte seul, sans la vision des textes de Marc et Luc, on ne peut en comprendre tout le sens. En effet, souvent, et notamment lorsqu’un même évènement est rapporté par plusieurs évangélistes, les textes bibliques sont complémentaires et s’imbriquent entre eux afin de nous apporter une vision globale de l’évènement en question.
C’est pourquoi, nous allons, dans un premier temps, faire un bref résumé de ce que nous avions expliqué lors du dossier 5, pour ensuite revenir au texte de Matthieu, d’en poser le contexte et d’en donner le sens.
Résumé du dossier numéro 5
Dans ce dossier, nous avons lu les textes de Matthieu, Luc et Marc qui rapportent l’évènement de la guérison de la belle-mère de Pierre ensemble et nous les avions comparés. Ce travail nous a permis de comprendre que les trois évangélistes parlent bien du même évènement, c’est-à-dire de la guérison de la belle-mère de Pierre, mais pas du même moment de cette guérison et nous avions montré qu’il y a eu deux temps dans cette guérison.
En effet, Luc rapporte l’évènement avant l’appel des apôtres Simon, André, Jacques et Jean. Et chez Luc, Jésus est en train d’enseigner dans une synagogue. Il y a des gens qui prient pour la belle-mère de Pierre, et on vient voir Jésus pour qu’il la guérisse. Jésus quitte l’assemblée et la guérit et on peut penser que Simon, ainsi qu’André, ont assisté à cette guérison miraculeuse puisqu’il est dit qu’elle s’est levée pour les servir, sous-entendu, que des personnes entouraient cette femme, elle n’était pas seule.
Et c’est à ce moment-là que Marc prend le relais. Après avoir guéri la belle-mère de Pierre, Jésus appelle Simon à le suivre, ainsi qu’André, son frère, et Jacques et Jean, avec la promesse de faire d’eux des pécheurs d’hommes, puis retourne à la synagogue pour enseigner. Et là, on vient le voir pour lui dire que la belle-mère de Simon est à nouveau au lit. Nous avions montré que des proches s’inquiètent pour son état, car elle s’était levée, mais elle est retournée au lit. Donc, les proches craignent une rechute. Inquiets, ils viennent voir Jésus pour leur parler de cette inquiétude.
Chez Luc, des proches viennent voir Jésus, le prient et le supplient de guérir la belle-mère de Pierre qui est prise d’une très forte fièvre et très malade. Chez Marc, ces mêmes proches viennent voir Jésus pour lui dire que la belle-mère est retournée au lit, et lorsque Jésus arrive, elle est effectivement en train de dormir. Elle récupère.
En réalité, Jésus s’est rendu une première fois au chevet de la belle-mère de Simon pour la guérir d’une maladie grave qui, d’après Luc, ressemble fortement à un paludisme. En tout cas, elle était atteinte d’une maladie chronique très grave, et la fièvre faisait partie de la maladie. Jésus, dans un premier temps, la guérit et elle se lève et sert les personnes qui sont présentes. Puis, plus tard, comme cette femme était fatiguée, comme cela arrive après une grave maladie, on a souvent besoin de repos, elle s’est remise au lit. Et là, les gens qui l’entourent sont inquiets et viennent voir Jésus qui est retourné à la synagogue avec ses disciples pour enseigner. Et là, il revient chez cette femme et la réveille et l’aide à se relever. Et elle les sert, c’est-à-dire qu’elle entre dans l’action pour servir toutes les personnes qui sont dans la maison.
Donc, cette guérison s’est passée en deux temps. Le premier temps est raconté par Luc. Jésus est appelé d’urgence, car la femme était sur le point de succomber à la maladie. Il la guérit. Et on peut penser que Pierre a assisté à cette guérison miraculeuse, où s’il n’y a pas assisté, sa femme a dû lui rapporter les faits. Puis Jésus s’en va, et il reviendra plus tard au chevet de la belle de Pierre, car cette dernière a une baisse d’énergie, ce qui est souvent le cas lorsque le système immunitaire a été affaibli par une longue maladie. Deux temps, d’abord la véritable guérison, ensuite, la délivrance.
Pour lire ce dossier numéro 5 sur Vérité et Délivrance
Et pour le texte de Matthieu ? Ce dernier pointe davantage l’action de l’Esprit de Dieu qui a permis la conversion totale de la belle-mère de Pierre. Matthieu montre que cette dernière est devenue disciple de Christ après sa guérison et grâce à sa délivrance. Pour le comprendre, on va revenir sur le contexte du texte.
Le contexte
Lorsqu’on lit le chapitre 8 de l’Évangile de Matthieu, on a l’impression que ce texte qui relate la guérison de la belle-mère de Pierre est inséré là, au milieu d’autres évènements importants, comme si Matthieu ne savait pas trop où le placer.
Que s’est-il passé avant la guérison de la belle-mère de Pierre ? Jésus a terminé son discours sur la montagne, il descend de la montagne où un lépreux l’attend et pour lui demander si son heure de guérison est arrivée. Lors de l’étude de la guérison du lépreux, à l’étude 56, nous avions expliqué que ce lépreux avait cette foi qu’il allait être guéri. On est face à quelqu’un qui a foi en Dieu, qui a demandé sa guérison dans ses prières et qui est dans l’attente qu’elle se produise tellement il a confiance en Dieu et qu’il est sûr qu’Il répondra à sa demande. Dans cet évènement, on nous montre que la foi s’accompagne de la confiance en Dieu, de la persévérance, de cette confiance et de patience, autant de fruits de l’Esprit Saint.
Puis, Jésus est interpellé par le centenier, un homme de foi et Jésus guérit son serviteur. Cet évènement a été étudié précédemment (voir les études 57 et 58) et nous avions dit que le centenier était quelqu’un qui a montré les trois axes de la foi, l’écoute, le dialogue et l’action. On voit, encore une fois, dans cet évènement, qu’il n’est pas question de religion, mais de foi. D’ailleurs, l’intervention du centenier a permis à Jésus de montrer aux israélites religieux, eux-mêmes qui se disaient hommes de Dieu, qu’ils ne sont pas dans le royaume des Cieux, car ils n’ont pas foi en Dieu. Ils sont des croyants, ils croient à des tas de choses, ils suivent le prêtre, leur ego, mais ils ne s’établissent pas dans une véritable relation avec Dieu pour se laisser guider et enseigner par l’Esprit Saint.
Donc, Matthieu, inspiré par l’Esprit Saint, insiste sur la véritable foi en Dieu, celle qui s’appuie sur les trois axes, la prière, l’écoute et l’action. Le message est clair : il n’est pas question de religion ou de croyance, mais de foi, et ce ne sont pas ceux qui seront dans la religion, qui diront faussement être des hommes de Dieu, qui seront guéris ou délivrés des tribulations.
Et c’est après ces deux guérisons miraculeuses, celle du lépreux et celle du serviteur du centenier, deux guérisons qui sont des « conséquences » de la foi, que Jésus va dans la maison de Simon/Pierre pour guérir sa belle-mère.
Que s’est-il passé après la guérison de la belle-mère de Simon/Pierre ?
Lisons Matthieu 8:16-17 : « Et le soir étant venu, on lui apporta beaucoup de démoniaques ; et il chassa les esprits par une parole, et guérit tous ceux qui se portaient mal ; en sorte que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant : « Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies ».
Ce qu’il s’est passé après la guérison de la belle-mère, c’est l’accomplissement de la prophétie d’Esaïe, cette promesse du Messie prenant sur lui nos langueurs et portant nos maladies. On étudiera en profondeur ces deux versets lors de l’étude suivante, mais déjà, remarquons qu’encore une fois, il est question de foi, la foi de l’accomplissement de cette promesse, cette même foi qui a animé le lépreux, celle d’être dans l’attente de sa guérison, car on fait confiance à Dieu et l’on sait que Dieu va nous guérir spirituellement (c’est la délivrance) et parfois physiquement (c’est la guérison) si cela est dans notre plan, c’est-à-dire si cela entre dans le plan que Dieu a prévu pour nous.
Et c’est précisément entre ces évènements que Matthieu place la guérison de la belle-mère de Simon/Pierre, et lorsqu’on lit le texte, on n’y voit pas trop le rapport avec la foi. Et pourtant…
Versets 14 et 15
Jésus se rendit ensuite à la maison de Pierre, dont il vit la belle-mère couchée et ayant la fièvre.
Il toucha sa main, et la fièvre la quitta ; puis elle se leva, et le servit.
La première remarque que nous devons soulever est l’utilisation du nom Pierre par Matthieu. Nous savons que Simon a été appelé par Jésus au chapitre 4 de l’Évangile de Matthieu, en même temps que son frère André, ainsi que les fils de Zébédée, Jacques le Majeur et Jean. Donc, à ce moment où Jésus entre dans la maison de Pierre, ce dernier connaît Jésus et a déjà pris la décision de le suivre. Mais, à ce moment-là, Jésus ne l’avait pas encore renommé, donc Pierre portait toujours son prénom Simon. Il sera renommé Pierre par Jésus bien plus tard, au chapitre 16, lorsqu’il reconnaîtra pleinement le Fils de Dieu. Pourquoi Matthieu l’appelle-t-il Pierre et non pas Simon, alors qu’au moment de cette guérison il n’est pas renommé par Jésus ?
Lisons le même évènement dans l’évangile de Marc 1:30-31 : « Or la belle-mère de Simon était là couchée, ayant la fièvre ; et aussitôt ils lui parlent d’elle. Et s’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; et aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit. »
Au moment de la guérison de la belle-mère de Simon, ce dernier a déjà été appelé, et Marc l’appelle non pas Pierre, mais Simon, car effectivement, il n’avait pas été encore renommé par Jésus.
Lisons le même évènement dans l’évangile de Luc 4:38-39 : « Et s’étant levé, il sortit de la synagogue et entra dans la maison de Simon. Et la belle-mère de Simon était prise d’une grosse fièvre, et on le pria pour elle. Et s’étant penché sur elle, il tança la fièvre, et la fièvre la quitta ; et à l’instant s’étant levée, elle les servit. »
De la manière dont l’évènement est rapporté par Luc, on a un sentiment d’urgence. Il y a des personnes qui prient pour la belle-mère de Pierre, et on a l’impression que Jésus vient précipitamment à son chevet pour la guérir. De plus, chez Luc, l’appel de Simon se fait après la guérison de sa belle-mère et Luc utilise le nom de Simon et non de Pierre. On pourrait penser qu’il y a une erreur. En réalité, il n’y a aucune erreur.
Et c’est là qu’arrive le texte de Matthieu qui lui, décrit la seconde visite de Jésus, le second temps de la guérison, tout comme Marc, mais avec une nuance qui a son importance. On voit dans le texte de Matthieu que la belle-mère de Pierre le sert, et non plus les sert. Ce qui signifie que cette femme, à présent, va servir Dieu. Dans le texte de Marc, Jésus l’aide à se relever, dans le texte de Matthieu, Jésus la réveille en lui touchant la main. C’est dans ce second temps de la guérison que Dieu nous réveille spirituellement et nous aide à nous relever, pour servir les autres et servir Dieu. C’est la délivrance.
La belle-mère de Pierre a été guérie de sa maladie chronique, puis elle a été restaurée de sa santé fragilisée, puis délivrée dans son esprit. Elle est revenue à la vie par la foi.
Souvent, on pense qu’une guérison miraculeuse est instantanée. Et on veut de l’instantané. Or, Dieu nous dit qu’il y a toujours deux temps. Si l’on s’arrête au premier temps, c’est-à-dire à la guérison du corps, c’est incomplet, et l’on va s’épuiser. Beaucoup sont guéris miraculeusement, puis continuent leur chemin, sans rien changer à leur vie. Or, Jésus nous enseigne qu’il y a la guérison du corps, et que cette guérison doit être suivie par la confiance en Dieu, la foi en Dieu, pour amener la guérison de l’esprit et être totalement restauré. C’est cette foi en Dieu qui amène à la délivrance.
C’est un peu comme la repentance et la sanctification. Beaucoup s’arrêtent à la repentance. Ils font la paix avec Dieu en se repentant de leur état de pécheur. Mais ils s’arrêtent là, ils ne suivent pas l’appel de Dieu qui veut que nous continuions à avancer sur son chemin. C’est la sanctification. Et l’on y retrouve la différence entre le Royaume de Dieu et le Royaume des Cieux.
Ajoutons que cette femme n’est pas restée là à ne rien faire. Elle est de suite entrée dans l’action. Elle s’est levée et a servi ceux qui étaient présents et Dieu.
Revenons à notre question à savoir pourquoi dans ce texte Matthieu appelle Simon de son nom renommé, c’est-à-dire Pierre, alors qu’il ne sera renommé que bien plus tard et qu’il ne l’est pas encore au moment de cette guérison. Tout simplement parce que c’est lors du second temps que Simon a commencé à devenir Pierre. C’est au moment précis où sa belle-mère se met à servir Dieu que Simon commence à changer son état d’esprit, et ce grand changement intérieur est le début de son cheminement de Simon à Pierre.
Ainsi, nous avons deux textes qui s’imbriquent temporellement, celui de Luc et celui de Marc, et le texte de Matthieu qui fait le lien entre les deux autres textes et dévoile des enseignements très importants, comme une sorte de conclusion à ce qu’il vient de se passer. On verra que les textes de Matthieu font souvent le lien avec les textes de Luc et de Marc. Ce sera effectivement le cas pour les deux démoniaques au pays des Gadaréniens.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.

