Psaume 7 – Partie I – Étude du verset 2
J’ai entendu
Nous avions vu, en introduction, que le psaume 7 devrait s’intituler « La prière du juste rongé par les regrets ». Nous avions expliqué, toujours en introduction, que David est angoissé, car il ne comprend plus le Plan de Dieu, il ne comprend pas pourquoi le roi Saül en veut à sa vie.
Dans cette première partie, nous allons nous pencher sur le verset 2 de ce psaume, verset qui montre que David place sa confiance en Dieu et qu’il se place sous la protection de Dieu, et il peut dire « j’ai entendu ».
Relisons le verset 2 :
Éternel, mon Dieu ! en toi j’ai mis ma confiance : sauve-moi de tous ceux qui me poursuivent, et délivre-moi ;
Psaume 7:2, Darby
Habituellement, les commentateurs placent les versets 2 et 3 sur le même plan, et enseignent que ces deux versets retentissent comme un cri de détresse, d’où le titre habituel qui est donné à ce psaume qui est « La prière du juste persécuté. »
Penser ainsi, c’est donner implicitement à David une bouffée orgueilleuse qu’il n’a pas, puisque l’on fait croire que David se dit lui-même juste, et donc qu’il demande à Dieu de le délivrer de ses ennemis parce qu’il est juste, donc il a le droit à cette délivrance, c’est son dû, et là précisément, il demande que Dieu le délivre de la main du roi Saül qui a décrété sa mort. Or, David est dans un tout autre état d’esprit, il est dans l’esprit de s’en remettre à Dieu. Il ne se décrète pas juste, il dit qu’il s’en remet à Dieu. Et l’on va voir que ce qu’il dit est encore plus profond que cela.
Voici la traduction de Louis Segond pour ce verset 2 : « Éternel, mon Dieu ! Je cherche en toi mon refuge ; Sauve-moi de tous mes persécuteurs, et délivre-moi, »
Dans cette traduction, David cherche refuge en Dieu. Dans la Darby, David place sa confiance en Dieu. C’est très différent ! Et c’est justement quand on note une telle différence dans les traductions qu’il faut s’arrêter et réfléchir.


L’Éternel c’est יְהוֹוָה – YHVH, littéralement celui qui est, qui était et qui sera, celui qui fait être. Ce tétragramme n’est jamais prononcé par les religieux juifs, sauf une fois dans l’année par le grand sacrificateur. L’Éternel c’est Dieu dans sa relation avec l’homme, et plus précisément, dans la Trinité, il s’agit du Fils, qui garde ceux que le Père a attirés vers Lui pour les ramener au Père. C’est pour cela que le Fils est le Chemin qui mène au Père.
Elohiym c’est Dieu dans son immanence, Dieu dans sa Puissance, le Dieu de la Nature et de l’Histoire, Celui qui déroule le Plan, celui qui attire vers le Fils qui sauve, et dans la Trinité, il s’agit du Père.
Ici, David s’adresse à l’Éternel Dieu, au Fils et au Père, car il a besoin d’être en relation avec Dieu, comme il a besoin de la puissance de Dieu.

Ce verbe, au radical qal signifie chercher refuge, s’enfuir pour sa protection, et au figuré, il désigne le fait de mettre sa confiance en et d’espérer en. Ici, David s’adresse à l’Eternel-Dieu, donc il met sa confiance en Dieu, il espère en Dieu. Finalement, on aurait pu traduire par chercher refuge et par mettre sa confiance, les deux sont justes. David cherche refuge en Dieu et met sa confiance en Dieu. D’ailleurs, quand on cherche refuge auprès de quelqu’un, c’est qu’on place sa confiance en cette personne pour nous protéger.
Remarquons que c’est David qui fait l’action, c’est lui qui cherche refuge en Dieu et qui met sa confiance en Dieu.
Ce verbe est au parfait, temps qui exprime une action accomplie, terminée et unique. L’action a été réalisée dans le passé, et elle ne nécessite pas de répétition. Ce qui signifie que David a déjà placé sa confiance en Dieu, il a déjà cherché refuge en Dieu, l’action s’est effectuée dans le passé, et elle est terminée. David est donc sous la protection de Dieu, il fait confiance en Dieu.
On pourrait traduire ce début de verset de la manière suivante : « Eternel-Dieu, en toi j’ai cherché refuge et en toi j’ai placé ma confiance… »

Le radical hifil exprime le fait de faire faire, David se fait faire sauver ou délivrer ou libérer. Ce n’est pas très français, mais c’est pour bien comprendre que David exprime le fait qu’il se fait sauver par Dieu de tous ceux qui le poursuivent. Ce n’est pas David qui se sauve d’eux, c’est Dieu qui agit. Là, on peut noter que David n’exprime aucune bouffée orgueilleuse, il est conscient que seul Dieu sauve, et qu’en aucun cas, il ne doit se reposer sur sa seule force.

Le premier mot מִכָּל – mikkâl est une préposition dont le sens est tout, l’entier, le tout, n’importe lequel, chaque, chacun, toute chose, la totalité.
Ce qui signifie que Dieu sauve et libère de tous nos oppresseurs, de n’importe lequel de nos oppresseurs, de chacun de nos oppresseurs si l’on se laisse sauver. Et pour se laisser sauver, il faut se réfugier en Lui et mettre sa confiance en Lui.
Cette proposition est attachée au verbe poursuivre, en hébreu רָדַף – radaph qui est au radical qal dans notre texte, et à ce radical, ce verbe prend le sens de poursuivre, mettre en fuite, courir derrière.
Ainsi, David exprime le fait qu’il laisse Dieu le sauver de tous ceux qui le poursuivent.
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Il s’agit du verbe נָצַל – natsal précédé de la lettre ו – vav qui est la conjonction de coordination et.
Le verbe נָצַל – natsal est conjugué à l’impératif et il est au radical hifil dans notre texte. À ce radical, il prend le sens de faire délivrer, arracher du danger, arracher des crocs d’un prédateur, tirer hors, extraire, sauver.
Ainsi, on comprend que David se fait sauver par Dieu de tous ses persécuteurs, et qu’il demande à Dieu de le délivrer de sa culpabilité et de ses ennemis.
David exprime le fait qu’il se fait sauver et délivrer parce qu’il se réfugie en l’Éternel.
Habituellement, quand on lit « sauve-moi », on pense que c’est très passif. On est là, et on attend que l’autre nous sauve. Or, là, David n’est pas passif, puisqu’il dit « Je me fais sauver par l’Éternel parce que je me réfugie en Lui ». David a d’abord fait le travail de se réfugier en l’Éternel. Il n’est pas passif, il a fait le premier pas, il est entré dans l’action.
C’est un peu comme Pierre, qui est sorti de la barque pour marcher sur l’eau avec Jésus. On reproche souvent le manque de foi de Pierre, mais lui, il a osé sortir de la barque pour rejoindre Jésus. Il n’est pas resté passif, alors que les autres sont restés dans la barque. Lui, il a osé, et alors Jésus l’a sauvé. Il a osé prendre des risques, il s’est mis en mouvement, alors oui, il a chancelé, mais c’est là que Dieu l’a rattrapé. Et l’on comprend alors que celui qui avait plus la foi, c’est Pierre.
C’est sûr que si on ne sort jamais de sa barque, de son confort, on ne pourra pas nous reprocher de manquer de foi. Par contre, on n’avance pas, on reste immobile, on fait tout pour ne pas couler, donc on se réfugie dans l’immobilisme. Celui qui fait cela a peur de couler, et cette peur dénote un manque de confiance en Dieu. Mais si on sort de sa barque, si on prend la décision d’avancer en ayant son regard fixé sur Dieu, alors Dieu nous soutiendra.
On se souvient : David s’en voulait parce qu’il se sentait responsable de la haine de Saül, et surtout, il ne comprenait pas le plan de Dieu. Là, il proclame qu’il a entendu Dieu, il a compris, et non pas que Dieu a entendu sa prière. David a entendu le plan de Dieu, et il comprend que sa peur n’était que le produit de son manque de foi, alors il décide d’agir en se réfugiant en l’Éternel. Comme Habakuk, il peut dire maintenant « j’ai entendu » et avancer avec confiance.
Et on verra, dans la suite de nos études, que David va se souvenir de toutes les délivrances que Dieu a déjà opérées.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.
