Psaume 7 – Partie II

Psaume 7 – Partie II – Étude du verset 3

L’espérance et la délivrance

Nous avions vu, en introduction, que le psaume 7 devrait s’intituler « La prière du juste rongé par les regrets ». Nous avions expliqué, toujours en introduction, que David est angoissé, car il ne comprend plus le Plan de Dieu, il ne comprend pas pourquoi le roi Saül en veut à sa vie.

Dans la première partie, nous nous sommes penchés sur le verset 2 de ce psaume, verset qui montre que David place sa confiance en Dieu et qu’il se place sous la protection de Dieu, et il peut dire « j’ai entendu ».

Dans cette seconde partie, nous allons voir qu’après avoir entendu le Plan de Dieu, David peut alors exprimer sa délivrance, car s’étant réfugié dans l’Éternel, il s’en remet totalement à Dieu.  

 

 

Relisons le verset 3 :

De peur qu’il ne déchire mon âme comme un lion qui met en pièces, et il n’y a personne qui délivre.

Psaume 7:3, Traduction Darby

Ce verset arrive dans la continuité directe du verset précédent, le verset 2 : « Éternel, mon Dieu ! en toi j’ai mis ma confiance : sauve-moi de tous ceux qui me poursuivent, et délivre-moi ; » selon la traduction Darby. Si l’on réalise une traduction de sens de ce verset, on peut alors lire : « Eternel-Dieu, en toi j’ai cherché refuge et en toi, j’ai placé ma confiance : je te laisse me sauver de tous ceux qui me poursuivent, et de m’arracher du danger, de me délivrer ; ».

On voit que le verset 2 se termine par un point-virgule. Ce signe de ponctuation est utilisé principalement pour séparer des propositions indépendantes, mais étroitement liées. Ce qui signifie que la proposition du verset 2 est indépendante, mais liée à la proposition du verset 3. Donc, le fait que David cherche refuge et place sa confiance en l’Eternel-Dieu, cette action a engendré le fait qu’il laisse Dieu le sauver de tous ceux qui le poursuivent et il laisse Dieu l’arracher du danger. Et le fait qu’il ait fait tout ce travail spirituel, alors arrive la proposition du verset 3 que l’on va développer dans cette étude. C’est comme si David franchit des étapes, il doit d’abord chercher refuge en Dieu, ce qui lui permet de placer sa confiance en Lui, et alors il peut laisser Dieu le sauver, et alors arrive l’action du verset 3.

Remarquons que cette phrase : « de peur qu’il ne déchire mon âme… ». Il est le pronom sujet de cette phrase. Qui est il ?

Dans la traduction de Louis Segond, nous lisons : « Afin qu’ils ne me déchirent pas, comme un lion qui dévore sans que personne vienne au secours. » Là, le pronom sujet est ils, donc un pluriel, et on peut penser qu’il fait référence aux persécuteurs de David, à ceux qui le poursuivre. Ce n’est pas le cas dans la traduction de Darby, puisque le sujet de la phrase est singulier. Il y a comme un problème. Voyons cela en détail.

 

Dans son écriture, par ses deux lettres hébraïques, ce mot évoque la face d’une chose. D’ailleurs, il découle du verbe פָּנָה – panah qui signifie tourner, se retourner. Ce verbe est une racine primaire constituée de ses lettres, et cette racine primaire signifie tourner vers, se tourner pour aller ou pour regarder, tourner la face, enlever, évacuer, passer, arriver à sa fin.

Ce qui fait peur, ce qui est représenté par de la peur, c’est le fait de se tourner vers quelque chose, de se tourner pour regarder quelque chose, de tourner la face. David s’est réfugié dans l’Éternel Dieu, ce qui lui a permis de laisser Dieu le sauver et le délivrer. Maintenant, sa peur c’est de se tourner vers l’arrière, de regarder ceux qui le persécutent, et finalement, de ne plus fixer son regard sur Dieu. Ici, David exprime le fait que sa plus grande peur est d’arrêter de fixer Dieu, et donc de perdre son refuge et de ne plus laisser Dieu le sauver et le délivrer. Sa plus grande peur, c’est de ne plus laisser Dieu agir, mais de reprendre la main sur tout, et donc, et cela il faut le comprendre, sa plus grande peur est de se laisser dominer par son ego, cette bouffée orgueilleuse qui agit dans ses pensées et qui lui fait croire qu’il peut agir seul.

Donc, le sujet du verbe est bien singulier, et ce verbe, au radical qal, prend le sens de déchirer, fendre.

On va remarquer la présence d’un chofar holèkh dans l’écriture de ce mot placé sous la lettre ר – rèsh. Il s’agit d’un accent formé de deux traits à angle droit dont le sommet représente la pointe de l’aiguille d’une boussole dirigée vers l’est. Ce chofar holèkh symbolise le cor (instrument à vent) qui marche dans la direction de l’est. D’ailleurs le chofar est un instrument de musique à vent taillé dans une corne de bélier qui était sonné lors des rituels israélites.

Ce chofar indique l’est.

Lisons Genèse 2:8 : « Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. »

L’orient c’est l’est. Donc, le jardin d’Eden était à l’est, l’Eden représentant la terre. Donc ce chofar indique l’est, la direction du jardin, la direction du paradis, qui est un état, l’état de celui qui est en paix et dans la paix de Dieu.

Concrètement, David marche vers l’est, vers cet état de plénitude totale, et il veut garder le cap, il ne veut pas dévier. Se retourner, rebrousser chemin est sa plus grande peur.

Concrètement, David a peur pour son corps, uniquement pour son corps, il a peur que ses ennemis atteignent son corps et provoquent la mort de son corps, non pas de son esprit. Et l’on comprend que même pour ce qui concerne son corps, il se met à l’abri dans le Seigneur.

On remarque aussi, dans l’écriture de ce mot, la présence d’un caractère spécial placé sous la lettre שׁ – shin, un accent en forme de « V », appelé yérah, qui symbolise l’aiguille d’une boussole pointée vers le sud. Son nom se traduit par « lune ».

Ici c’est très subtil. En réalité, David a peur pour son corps, non pour son esprit, il a peur d’avoir mal physiquement, et il a peur que cette peur l’amène à aller vers le sud, à une autre direction que la sérénité. Il est vrai que souvent, notre plus grande peur, c’est de ressentir la douleur physique. Quand quelqu’un veut nous frapper, on a peur d’avoir mal, on a peur que l’agresseur nous brise un os. Et c’est cette peur qui nous mène à un chemin spirituel différent que celui que Dieu a tracé pour nous.

Lisons Luc 12:4-5 : « Je vous dis, à vous qui êtes mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus… »

Lisons Matthieu 10:28 : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. »

Dans le texte de Matthieu, il s’agit bien de l’âme, donc du souffle qui anime le corps. Et dans les deux textes, c’est Jésus-Christ qui parle. Que dit-il ? Que l’on ne pas craindre ceux qui tuent le corps. Finalement, la mort, dans le sens décès, est un passage obligé. Par contre, faire périr le corps et l’âme, c’est différent, car l’âme est le souffle qui anime le corps, le lieu des émotions. On doit craindre celui qui a les moyens de faire taire toutes nos émotions, celui qui a les moyens de faire que l’on ne ressente plus aucune émotion, et alors, il n’y aura plus le souffle qui anime en nous. On ne ressentira plus rien. Celui qui ne ressent plus rien est appelé un sociopathe. Contrairement au psychopathe, il est né avec la faculté de ressentir des émotions et de l’empathie, et petit à petit, il a perdu ces capacités. Il est mort à l’intérieur. Comment cela arrive-t-il ? En se laissant dominer par son ego. En effet, l’ego est dans l’âme, il se sert des émotions et des sens (qui sont dans le corps) pour agir dans le mental. Et toute bouffée orgueilleuse détourne de Dieu et coupe la liaison avec Dieu. Et en général, ces personnes-là qui sont dominées par l’ego ont toujours l’esprit, mais il est étouffé par l’ego. Et c’est toute la communication esprit-âme-corps qui est rompue.

En fait, David exprime toutes les délivrances que Dieu a déjà opérées pour lui, et toutes celles à venir. Il sait que Dieu va le délivrer, il sait qu’il ne doit pas craindre pour son corps, et il veut fixer son regard sur Dieu. David a déjà connu des peurs similaires, et il s’en souvient. Il sait, et il se remémore ce qu’il doit faire : faire de Dieu son refuge et garder les yeux fixés sur Lui et ne pas se laisser submerger par la peur d’être tué par Saül.

Et c’est dans cet état d’esprit que David, dans les prochains versets, va se souvenir de toutes les délivrances que Dieu a opérées pour lui, de toutes les fois où il a fait de Dieu son refuge. On verra cela lors de la prochaine étude.

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

 

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