Trier et distinguer

L’Évangile de Matthieu

Trier et distinguer – Matthieu 7:1-2

Le chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu se trouve dans la continuité directe du chapitre 6, c’est la suite du discours de Jésus-Christ, la continuité de son enseignement, où Jésus-Christ explicite différentes notions spirituelles importantes, comme le discernement, le jugement, les choses saintes, la prière, la porte étroite qui mène au Père, les faux prophètes, la mise en pratique de la Parole de Dieu.

Dans cette première étude du chapitre 7 de l’Évangile de Matthieu, on va se pencher sur les versets 1 et 2, des versets trop souvent détournés de leur sens pour servir une doctrine qui ne vient pas de Dieu et qui impose une insupportable et dangereuse loi du silence.

Rappelons que Matthieu adresse son évangile à des croyants qui connaissent les coutumes juives, et que son but est de montrer que Jésus est le Christ, le Messie annoncé par les prophéties. Il est certainement l’évangéliste qui fait le mieux comprendre que le Nouveau Testament est éclairé par l’Ancien Testament, lequel ne se comprend qu’à la lumière du Nouveau Testament.

 

¹Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. ²Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.

Matthieu 7:1-2, Traduction Louis Segond

Ce passage biblique est souvent cité pour imposer une loi du silence chez les chrétiens, une loi qui plonge le chrétien dans la souffrance, car cette loi est contraire à la Parole de Dieu et donc, elle va générer un conflit entre notre esprit guidé par l’Esprit de Dieu, et ce que l’on entend, l’enseignement que l’on reçoit du « chef » spirituel qui impose cette loi du silence.

Ceux qui prêchent pour une loi du silence et utilisent ces versets pour asseoir leur doctrine disent qu’il faut être neutre au nom de l’amour, sous prétexte que le jugement divise alors que l’amour unit. Et ce sont les mêmes qui deviennent virulents lorsque l’on s’oppose à eux en leur montrant la Vérité, en les confrontant à la Parole de Dieu. Et c’est justement ce que l’on va faire dans cette étude, on va redonner le sens véritable de ces deux versets, le sens véritable de l’enseignement de Jésus-Christ.

Car en réalité, cette loi du silence n’est pas un enseignement de la Parole. Jésus-Christ n’a jamais enseigné une loi du silence au nom de la loi d’amour, ce n’est absolument pas son propos dans ces deux versets. Au contraire, celui qui aime son prochain ne doit pas se taire lorsqu’il voit son prochain prendre un mauvais chemin. Il doit lui parler, lui montrer le véritable chemin, l’aider à revenir sur le bon chemin en s’appuyant sur la Parole de Dieu. C’est la véritable bienveillance et donc, le véritable amour de son prochain. Aujourd’hui, on nous parle de bienveillance et l’on nous dit qu’il faut tout accepter, même le mensonge, de peur de se heurter aux autres ou de heurter l’autre. Or, la bienveillance ce n’est pas de dire amen à tout, ni accepter tout et encore moins laisser l’autre se perdre dans le mensonge sans rien dire. La véritable bienveillance consiste à dire la vérité à celui qui se perd dans le mensonge, afin qu’il entende la Vérité, celle de Dieu, et qu’il puisse se rectifier. Or, dans notre monde actuel, on nous impose une loi du silence devant des idéologies qui sont contraires aux lois naturelles, aux lois biologiques, aux lois posées par Dieu dès le commencement.

D’ailleurs, et c’est important de le souligner, si l’on suit ceux qui imposent une loi du silence et qui disent qu’il ne faut juger de rien au nom de l’amour, alors, par déduction, ils imposent de rejeter celui qui prêche la Sainte doctrine, comme l’apôtre Paul l’a fait, puisque la véritable « doctrine » de Dieu juge des choses et fait le tri entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Ainsi, suivre la véritable doctrine de Dieu, et donc être un disciple de Jésus-Christ, c’est faire le tri entre ce qui est bon et ce qui est mauvais, pour garder le bon, les choses saintes qui viennent de Dieu et rejeter ce qui ne vient pas de Dieu. Et donc, si l’on ne doit pas juger au sens qu’il ne faille absolument rien dire lorsqu’on entend de choses fausses, alors on ne s’oppose plus au mensonge. Au contraire, qui ne dit mot consent.

Et l’on va voir que finalement, Jésus-Christ nous demande de passer au crible de la Parole de Dieu tout ce que l’on entend, afin de faire le tri entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Il nous demande de juger ce que l’on entend, non pas la personne qui diffuse le mensonge.

Voyons tout cela en détail.

 

Le sens de ce verbe κρίνω – krino est trier, distinguer, choisir, et par extension, après avoir choisi et trié, alors on peut trancher, décider, apprécier de la justesse d’une parole donnée.

Cela signifie que Jésus-Christ appelle chacun de nous à se questionner, à éprouver ce que l’on entend, à examiner les enseignements des docteurs et prophètes afin de pouvoir juger ces enseignements conformes ou non à la Parole de Dieu. Concrètement, Jésus-Christ nous demande de passer au crible de la Parole de Dieu les enseignements et les nouvelles doctrines des prophètes et des docteurs de la loi, c’est-à-dire, aujourd’hui, des pasteurs, des prêtres, de ceux qui se disent guides spirituels ou prophètes, afin de garder uniquement ce qui est conforme à la Parole de Dieu et de rejeter ce qui ne l’est pas.

On remarquera que Jésus-Christ ne dit pas de rejeter ceux qui parlent et enseignent de fausses doctrines, non conformes à la Parole de Dieu. Il nous demande de rejeter ce qu’ils disent, leurs enseignements, et non les personnes. On doit juger, c’est-à-dire trier, discerner ce qui est dit afin de trancher entre ce qui est bon (conforme à la Parole de Dieu) et ce qui est mauvais (non conforme à la Parole de Dieu).

Et c’est là où ça change tout ! On ne doit pas juger les personnes, mais on doit juger leurs paroles, c’est-à-dire trier ce qui est dit pour garder ce qui est bon et rejeter ce qui est mauvais. Si l’on fait cela, on se conforme à la Parole de Dieu, car Dieu nous invite, à plusieurs reprises, dans Sa Parole, à réaliser ce travail de tri et à rester ferme quant aux choses qui viennent de Dieu, et à celles qui ne viennent pas de Dieu. Finalement, Dieu nous invite à rejeter le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, en gardant uniquement la connaissance du bien et en rejetant la connaissance du mal.

Cependant, si l’on suit la doctrine qu’il ne faut juger de rien au nom de l’amour, qu’il faut tout accepter, même les théories les plus folles et les doctrines contraires à la Parole de Dieu, comment peut-on rester ferme face à la vérité ? C’est totalement contradictoire ! Imposer de tout accepter est contraire à la Parole de Dieu, donc il faut rejeter cette idéologie.

Et l’on doit faire cela, c’est-à-dire passer tout ce que l’on entend au crible de la Parole de Dieu, afin de ne pas être jugé. Et c’est le même verbe, κρίνω – krino. C’est-à-dire que si l’on ne fait pas ce tri, alors on va adhérer à de fausses croyances, doctrines, on va mélanger en nous le bon et le mauvais, et au jugement, quand on sera face à la Vérité, on sera face à toutes nos erreurs de jugement.

 

« Car on vous jugera » : ici le verbe κρίνω – krino est conjugué à la seconde personne du pluriel du futur et à la voix passive.

« Vous jugez » : ici le verbe κρίνω – krino est conjugué à la seconde personne du pluriel du présent et à la voix active.

Littéralement, il faudrait lire : « Car vous serez trié et apprécié selon le jugement dont vous triez, distinguez et tranchez. »

Ce qui signifie que de la manière dont on trie les enseignements que l’on reçoit et ce que l’on entend au crible de la Parole de Dieu, on sera trié en fonction de ce que l’on a dit et des enseignements que l’on a donnés. Ainsi, il faut faire très attention à ce que l’on dit, car tout ce que l’on dit doit être conforme à la Parole de Dieu. Si l’on n’effectue pas ce tri entre le bon et le mauvais d’un discours que l’on entend en le confrontant à la Parole de Dieu, on peut garder le mauvais, et donc, se retrouver, à son tour, à dire ce qui est mauvais. Et dire ce qui est mauvais est de notre responsabilité, car c’est notre choix de faire ou ne pas faire ce travail de tri. Ainsi, suivre aveuglément une doctrine, un dogme, un prophète, un guide spirituel… c’est prendre le risque d’adhérer à ce qui est contraire à la Parole de Dieu, et donc, de diffuser à son tour le mensonge. Il ne faut pas oublier que notre esprit est nourri par la Parole de Dieu et guidé par l’Esprit de Dieu. Si l’on n’aligne pas nos pensées sur la Parole, alors nos paroles ne seront pas alignées sur la Parole de Dieu, ainsi que nos actes. Et l’on sera jugé sur nos paroles, sur tout ce que l’on dit qui est contraire à la Parole de Dieu, sur toutes les fois où l’on a prêché un faux évangile, une fausse croyance, une fausse doctrine.  

Le Juge, c’est Dieu. Et donc, il y aura un jugement et tout homme sera confronté à ce jugement, et durant ce jugement, on sera jugé sur nos paroles.

Ainsi, on sera estimé de la même manière dont on estime les discours que l’on entend. Là encore, on a cette notion de jugement, et encore une fois il est question de juger les paroles qu’on entend, et non les personnes.

Quel est notre instrument de mesure ? Est-ce les valeurs du monde ? Est-ce les doctrines et les fausses croyances ? Quel est notre instrument de mesure ? Il doit toujours être la Parole de Dieu, afin de mesurer correctement, de trier, ce qui vient de Dieu de ce qui vient du monde, de mesurer correctement ce qui est bon et de rejeter ce qui est mauvais.

Lisons Romains 14:1-14 : « Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli. Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit : Je suis vivant, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi, et toute langue donnera gloire à Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. »

Dans ce texte, Paul dit clairement que l’on ne doit pas juger son prochain, ni sur ses opinions, ni sur ses convictions, si sur ses croyances. Il y a un seul Juge, et c’est Dieu. Ainsi, on ne doit pas juger la personne, cela regarde Dieu si elle est ou pas sur le mauvais chemin. On doit juger, c’est-à-dire discerner ses paroles si elles sont conformes à la Parole de Dieu, afin de soi-même rester conforme à la Parole de Dieu et de ne pas se laisser troubler ou emporter par un discours mensonger. Et chacun doit regarder à lui-même et non à l’autre, chacun doit travailler lui-même et non juger l’autre. De plus, si l’on juge l’autre, et si l’on devient alors pour lui une occasion de chute, alors on devra en rendre compte devant Dieu.

Ainsi, on ne doit jamais dire : celui-ci est mauvais ou fou ou un diable. On doit penser : « je rejette ce qu’il dit, car ses paroles sont contraires à la Parole de Dieu. » Sans discuter de ses opinions, sans entrer dans des débats stériles, car c’est toujours Dieu qui convainc, et à ce jeu là, on risquerait de se faire humilier, insulter ou pire encore, convaincre par des paroles mensongères. Ainsi, on peut dire « je ne suis pas d’accord, car Dieu a dit… » et laissez Dieu faire le travail de convaincre la personne. Ce n’est pas à nous de sauver les gens, car on ne sauve personne, seul Dieu sauve. De la même manière, ce n’est pas à nous de convaincre, car seul Dieu convainc. La seule chose que Dieu nous demande de faire, c’est dire la Vérité, afin qu’elle soit entendue, et c’est tout.

Si quelqu’un ne croit pas en la résurrection de Jésus-Christ, Dieu est son juge. Si quelqu’un ne croit pas que Jésus-Christ est la Fils de Dieu, Dieu peut l’en convaincre, et Dieu est son seul juge. A nous de dire la Vérité afin de planter des graines dans les cœurs, et Dieu fera pousser ces graines. C’est cela annoncer l’Évangile.

On retrouve la même parole de Jésus-Christ en Luc 6 : 37-38 : « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. »

Dans ce texte, « ne jugez point » devrait plutôt se traduire par « Ne portez de jugement sur personne ». On y retrouve l’idée que l’on ne doit pas juger une personne, mais ce qu’elle dit et rejeter les mensonges qu’elle prononce. Car le jugement de la personne appartient à Dieu. Et alors, on comprend mieux pourquoi il ne faut condamner personne, car si l’on condamne, on juge la personne. Trop souvent, lorsque quelqu’un nous fait du mal, on a tendance à juger la personne, à dire d’elle qu’elle est mauvaise. Et donc, on la condamne, c’est-à-dire qu’on la juge comme étant une mauvaise personne, alors que le jugement appartient à Dieu. On usurpe donc une fonction de Dieu. Qui est-on pour juger une personne ? Seul Dieu connaît véritablement son cœur. On peut juger ses actes, du mal qu’elle nous a fait et rejeter ce mal, ou ses paroles, ce qu’elle dit est mensonger, et donc demander à Dieu de détruire ce mal ou ne pas être impacté par les mensonges, mais non de juger la personne, de la condamner à la damnation ou à l’enfer, car finalement, on n’est pas à l’abri, nous aussi, de faire le mal ou de dire des mensonges. Occupons-nous déjà d’essayer de toutes nos forces de suivre la volonté de Dieu, occupons-nous à faire le bien autour de nous et à toujours dire des choses conformes à la Parole de Dieu. C’est déjà un grand travail à accomplir, n’essayons pas de convertir, de convaincre les autres et ne les jugeons pas parce qu’ils ne pensent pas comme nous. Penser ce que l’on veut est une liberté de Dieu, qui est-on pour enlever aux autres cette liberté ?

Que Dieu vous garde et vous bénisse.

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