Psaume 6 – Partie IV – La délivrance
Étude des versets 9 à 11
Nous avions vu que le psaume 6 est un chant de délivrance, le chant de délivrance de celui qui se sait coupable devant Dieu et qui se repend dans la douleur. Les versets 9 à 11 du psaume 6 clôturent cette prière de David d’une manière tout à fait parfaite comme Dieu est parfait.
Relisons les versets 9 à 11
⁹Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ! Car l’Éternel entend la voix de mes larmes ; ¹⁰l’Éternel exauce mes supplications, l’Éternel accueille ma prière. ¹¹Tous mes ennemis sont confondus, saisis d’épouvante ; ils reculent, soudain couverts de honte.
Psaume 6:9-11, Traduction Louis Segond
La fin du psaume 6 est sublime, car elle montre l’Amour de Dieu, ce Dieu qui est Père, qui a compassion de ses enfants, et qui entend les supplications de ses enfants avant même que ces derniers ne les expriment. Car Dieu, tel un Père, regarde et protège ses enfants, et Il sait quand l’un de ses enfants est dans la tourmente, et Il intervient avant même son appel à l’aide. Avant même que David exprime toute son angoisse, toute sa souffrance, Dieu l’avait déjà entendu et était déjà intervenu. Et David prend conscience de cet Amour de Dieu, et c’est pour cela qu’il se relève en disant que tous ceux qui avaient profité de son état de faiblesse repartiront dans la honte, car ils verront se relever un David plus fort encore, plus fort dans sa foi, plus fort dans son esprit, un David qui a été fortifié dans l’épreuve.
Quelle merveilleuse conclusion !
Comment peut-on dire que Dieu est intervenu avant même que David L’interpelle et crie vers Lui ? Tout simplement en analysant ce texte dans son écriture en hébreu, car, il est vrai, qu’une simple lecture de ces versets dans leur traduction française ne permet pas de saisir toute la profondeur spirituelle du texte, surtout si cette lecture est littérale et non portée par l’Esprit Saint.
Voyons tout cela en détail.

On a donc, dans ce verbe, un double sens, celui de s’en aller, de s’en retourner et celui d’arriver à un but.
Comment doit-on comprendre cela ? On peut le comprendre par le fait que d’un côté, ceux qui font le mal ont atteint leur but, ils ont fait tout le mal qu’ils ont pu faire, ils ont fait douter David et ont comploté contre lui pour le faire tomber, et que de l’autre côté qu’ils s’en vont maintenant, car l’Eternel a entendu la voix de David.

Il faut comprendre que ces gens là font le mal tout le temps, le mal est leur principe de base. C’est pourquoi, dans certaines traductions, on trouvera cette formule « ceux qui pratiquent le mal » ou encore cette formule « les artisans du mal ».

Il est intéressant de noter que ceux qui font le mal ne sont pas dans l’être, c’est-à-dire qu’ils font ce qui est contraire à leur esprit, qui lui est notre véritable « moi ». Ils ne sont plus guidés par l’esprit, mais par leur ego, leur individualité, l’orgueil. Et c’est pour cela qu’ils aiment provoquer le malheur, qu’ils répandent le mensonge, qu’ils aiment la douleur, la fausseté. Ils sont aussi idolâtres, bien sûr, car, au lieu d’adorer Dieu, ils adorent les choses du monde, le pouvoir, les biens matériels, eux-mêmes…
Ceux sont tous ces gens qui ont profité de la faiblesse de David pour l’attaquer, certains peut être parce qu’ils briguaient le pouvoir, d’autres par jalousie, d’autres parce qu’ils aiment provoquer la souffrance, d’autres encore parce qu’ils aiment mettre à terre les plus faibles.
Remarquons dans l’écriture de ce mot un petit signe de cantillation :

Ce petit signe nous montre que ceux qui font le mal sont en pause, ce mal qu’ils veulent faire n’atteint plus David.


Il a été traduit par le verbe exaucer en français afin de lui donner le sens d’accueillir favorablement une demande. Et c’est justement ce que dit David, que l’Eternel accueille favorablement ses supplications, qu’Il les comprend, qu’Il les écoute, qu’Il y prête attention. Et comme le verbe est au mode parfait, cela signifie qu’avant même que David avait exposé ses supplications, Dieu l’avait déjà entendu et y avait déjà répondu.

Cela signifie que Dieu écoute toujours nos prières, qu’Il les reçoit toujours, et qu’Il y répond toujours. Ce qui est très rassurant et montre l’importance de la prière. Avant même qu’on la formule, Dieu l’entend, mais il faut la formuler, comme si le fait d’envoyer nos doléances à Dieu, de Lui parler de nos souffrances, permet déjà de s’en séparer. Car si on les dit, on les apporte à Dieu, et Dieu s’en saisit pour les éloigner de nous.

Donc, cet ennemi est autant celui qui complote contre David et celui qui complote contre la nation, c’est-à-dire qui veut faire chuter la nation.
Ce mot est le participe du verbe אָיַב – ’ayab qui signifie être hostile à, être un ennemi de, traiter comme un ennemi.
Ce verbe est un hapax dans la Parole de Dieu. Il est utilisé uniquement en Exode 23:22 : « Mais si tu écoutes attentivement sa voix et si tu fais tout ce que je dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires. »
On comprend alors que l’ennemi est celui qui s’oppose au juste, qui s’oppose à celui qui est avec Dieu, à celui qui marche avec Dieu. Alors Dieu sera son ennemi, c’est-à-dire qu’Il sera hostile à lui.

Ainsi, chaque fois que ceux qui sont hostiles complotent contre le juste pour le faire tomber, ils vont être rendus honteux, c’est-à-dire que l’on va s’apercevoir qu’ils mentent, qu’ils sont de faux-amis, et ils vont être déconcertés, ridiculisés, car toutes leurs manigances vont être visibles.

Ainsi, ces ennemis se sentent honteux, déconcertés, sont rendus honteux et ils sont saisis d’épouvante.
Le verbe בָּהַל – bahal signifie déranger, alarmer, terrifier, se presser, être inquiet, avoir peur, être nerveux. Dans le texte, le verbe est au radical hifil qui est une forme verbale causative. C’est-à-dire qu’en hébreu, le hifil exprime l’action de faire quelque chose ou de provoquer un changement. Cela signifie que c’est le sujet qui provoque ou fait faire l’action à un autre sujet. Dans notre texte, le sujet ce sont les ennemis. Donc, ce sont eux qui vont provoquer le fait d’être saisis d’épouvante, ils sont responsables de leur état. C’est à cause de leurs actions, qui seront dévoilées, qu’ils vont ressentir la peur, l’inquiétude, la nervosité.
Enfin, dans notre texte, le verbe est à l’imparfait du subjonctif, qui, en hébreu, est utilisé pour exprimer des actions futures ou des conditions.
On y retrouve donc, avec insistance, cette notion de responsabilité : c’est parce qu’ils ont fait le mal qu’ils vont ressentir la peur, l’inquiétude, la nervosité. Ils ne seront plus tranquilles. Ce n’est pas Dieu qui les a punis, comme trop souvent certains l’enseignent, ce sont eux qui, par leurs actions mauvaises, ont provoqué cet état d’esprit.

Il y a donc, dans ce verbe, un double sens. Les ennemis se détournent de David, s’éloignent de David, et ils ont le choix entre s’éloigner de Dieu ou revenir à Dieu. De plus, l’imparfait montre que l’action est répétée dans le temps.
Ainsi, on comprend qu’à chaque fois que quelqu’un nous fait du mal, Dieu éloigne cette personne de nous, Il la tient à distance de nous afin que ce mal ne nous atteigne pas. La personne qui fait le mal sera confondue, c’est-à-dire que tout le monde verra ce qu’elle a fait et elle ressentira de la peur, de l’inquiétude. Et elle peut, du moins Dieu laisse toujours une porte ouverte, crier vers Dieu pour apaiser sa peur, et alors revenir à Dieu par la repentance.
Et effectivement, ils sont couverts de honte, car ils seront conscients du mal qu’ils ont engendré. Et le texte, dans sa formulation française, fait penser que d’un coup ils seront saisis par la honte. Or, ce n’est absolument pas le cas.

Ce qui signifie que tôt ou tard, à un moment donné, ils ressentiront cette honte et cette peur. Cela ne va pas arriver soudainement, mais rapidement après leurs mauvaises actions, d’un instant à l’autre après leurs mauvaises actions, et le fait qu’ils soient dans la honte durera un moment.
Ainsi, David énonce une vérité : tout mal qui est fait aura des conséquences pour l’auteur du mal qui sera alors responsable de son propre mal. David ne dit pas à Dieu de punir ses ennemis, il énonce simplement cette vérité, comme pour prévenir tous ceux qui font le mal qu’à un moment donné, ce mal leur retombera dessus, à moins qu’ils ne se repentent devant Dieu.
Maintenant que nous avons compris tout le sens du psaume 6, nous pourrons, dans la conclusion, en donner une lecture sémantique.
Que Dieu vous garde et vous bénisse.
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